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Métaphores ou suggestions directes

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Inspiral



Inscrit le: 07 Nov 2008
Messages: 36


Posté le: Vendredi 14 Novembre 2008 à 23:54

« chadoc » a écrit:
Bonjour Jurgen
Une bonne manière de faciliter l'utilisation d'un mot ou d'un symbole par l'inconscient du sujet est d'accompagner notre discours par moulte permissions et présuppositions positives sur les capacités de cet insconscient à utiliser ce que nous proposons. C'est tout l'art de l'hypnose Ericksonienne que de se positionner sans savoir sur le contenu précis ni l'interprétation exacte que va produire notre sujet tout en facilitant le processus d'une manière optimale. Avez-vous lu "L'hypnose orientée vers la solution" de B. O'HANLOON? Vous y trouverez de très bonnes illustrations sur cette position de non-savoir du thérapeute. A mon avis, il n'y a pas à se poser la question: "l'inconscient du sujet va-t-il percevoir l'image de la façon la mieux appropriée à son cas?" car on risque d'induire un doute chez la personne sur les capacités de son inconscient. Il y a simplement à être convaincu soi-même que le sujet a toutes les ressources pour bien utiliser ce que nous disons. C'est cet acte de foi, selon moi, qui est la clé de l'efficacité thérapeutique.

Pour aller dans ce sens, avez vous déjà essayé d'échanger en charabia entre T et C? dans ce cas, on s'affranchit complètement du sens des mots puisque ce que l'on dit n'a pas de sens littéral. C'est donc le ton, le rythme, les sonorités, les silences etc. sont les véhicules du message. C'est une expérience surprenante qui marche très bien quand on sait se relier au C et être curieux, en état de non savoir et écouter.
Altmaier



Inscrit le: 25 Aoû 2008
Messages: 1507
Localisation: Nouvelle Calédonie

Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 00:08

Bienvenue, Inspiral, et à bientôt de vous lire.
Jurgen Wink Laughing
Inspiral



Inscrit le: 07 Nov 2008
Messages: 36


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 00:35

merci, j'aime beaucoup la fleur Surprised
Merc



Inscrit le: 30 Oct 2008
Messages: 14


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 05:00

Je trouve très intéressant ce débat et celà soulève de nombreuses questions concernant tous les types de communications.

Je rejoins Papiter sur son image du semeur et Paul René sur le langage non verbale.

Ce qui est particulièrement intéressant au niveau hypnotique c'est la notion de mimétisme. Utilisé pour conduire le sujet en transe il est comme le sous bassement de cette relation hypnotisé hypnotiseur. S'il est présent (inconsciemment) dans la relation consciente (ce qui introduit déjà d'autres niveaux de communications) il s'emplifie dans la relation hypnotique.

Le nourrisson pour construire les expressions liées aux émotions utilisés communément par les êtres humains mime les expressions de la mère (celà justifie l'exagération spontanée que montre les adultes lorsqu'ils parlent à un bébé). Je crois que c'est dans le livre de Stern : "le monde interpersonnel du nourrisson" qu'il expose une expérience où des mères et leur nourrisson sont filmés. En passant les images au ralenti on se rend compte que le nourrisson contracte les mêmes muscles faciaux que ceux de la mère de manière légérement décalé une manière d'apprendre les expressions (autre notion celle de l'empathie...).

Je me suis souvent demandé si l'hypnose par l'introduction d'un mimétisme ne réactivait pas le même processus cognitif, une forme de régression à cet état primaire qui permet de communiquer d'inconscient à inconscient (sauf qu'entre temps nous avons acquis du matériel).

Avec certains patients celà se fait spontanément, les images, les métaphores semble couler d'elles mêmes c'est comme une évidence tandis que pour d'autres celà demandera "plus de travail".

Aujourd'hui tandis que je faisais une séance avec un patient, je lui parlais. Tout à coup j'ai pris conscience que depuis un petit moment je me frottais le nez car il me chatouillait. J'en ai pris conscience de ce chatouillement quand j'ai vu mon patient se frotter le nez lui aussi, il a fallu qu'il le fasse plusieurs fois pour que que je réalise que je faisais de même depuis un petit moment. La communication des sensations est alors aussi curieuse tout autant que celle des images.

Donc pour répondre à votre question altmaier : Comment donc être sur, lors d'une métaphore, que l'inconscient du sujet va percevoir l'image de la façon la mieux appropriée à son cas?

Je crois que les techniques ont une limite comme la conscience et que c'est ce petit quelque chose qui nous échappe et que nous ne pouvons justement pas contrôler qui fait tout la différence Wink . Nous pouvons le remarquer au moment où nous le vivons mais nous ne pouvons pas le prévoir.
Inspiral



Inscrit le: 07 Nov 2008
Messages: 36


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 11:37

« Merc » a écrit:
En passant les images au ralenti on se rend compte que le nourrisson contracte les mêmes muscles faciaux que ceux de la mère de manière légérement décalé une manière d'apprendre les expressions (autre notion celle de l'empathie...).

Je me suis souvent demandé si l'hypnose par l'introduction d'un mimétisme ne réactivait pas le même processus cognitif, une forme de régression à cet état primaire qui permet de communiquer d'inconscient à inconscient (sauf qu'entre temps nous avons acquis du matériel).



Ce que vous décrivez est en lien avec la fabuleuse découverte de Rizzolatti des neurones mirroirs. C'est une avancée dans les sciences, qui est du m^me ordre pour certains que la découverte de la structure de l'ADN de Watson et Crick. Dans l'exemple de l'apprentissage du langage chez les nourrissons, c'est la vision des mimiques de la mère qui active des neurones qui traitent non seulement les signaux visuels perçus, mais aussi interviennent dans la contraction musculaire. Leur activité est donc double: quand je vois qq faire quelque chose, dans mon cerveau, la zone motrice relative à ce mouvement vu est en même temps activée. c'est comme si en voyant, je suis préparé à faire la même action. ça soutient l'hypothèse de l'apprentissage du langage par le mimétique, et puis aussi les mécanismes d'empathie. Je vois les signes de l'émotion de qq et je la ressent aussi dans mon corps.
Ce qui est fou est que cela fonctionne avec la vision, mais aussi l'audition, l'odorat etc. Chez les oiseaux (travaux actuels), un oiseau qui entend le champ d'un autre oiseau a dans son cerveau des zones activées qui sont les mêmes que si lui m^me chantait.

Alors, dans la relation T/C, j'accompagne mon C dans sa transe et je suis persuadée que ma capacité à entrer en contact avec moi même et me relaxer est un élément fondamental qui entraine la transe du C. Il y a une connection entre les deux qui est, selon Gilligan, essentielle à la transformation.
Milton Erickson ne savait pas à l'avance de quoi il allait parler, il se mettait en rapport avec son C et racontait des histoires aussi bien pour lui même que pour son patient!
chamala



Inscrit le: 06 Déc 2006
Messages: 170


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 12:00

Intuition déjà évoquée... ou disons aussi, s'abandonner totalement à cette intelligence dont il est question dans un autre sujet... langage vague, laissant place à une multitudes d'interprétations... et surtout intention ; l'intention profonde, la connaissance parfaite de l'état ou des transformations que nous voulons mettre en place chez le patient, et "notre" Conscience fera le reste ; c'est elle qui choisit quasiment les mots, le rythme, l'intonation etc. Certains parleront d'inconscient, je préfère parler de conscience, sachant qu'elle fait en quelque sorte partie de cet inconscient tant qu'elle n'est pas connue.

Mais la dernière option nécessite tout de même un certain cheminement que l'on peut qualifier de spirituel, dans le sens où elle recquiert une certaine transcendance du mental, de la pensée, pour une très bonne connection avec l'état de pure conscience, de vide, qui n'existe pas puisqu'il n'y a que du plein... hehehe

Consciemment Smile
Belphegor



Inscrit le: 03 Fév 2008
Messages: 236


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 12:19

« chamala » a écrit:


Mais la dernière option nécessite tout de même un certain cheminement que l'on peut qualifier de spirituel, dans le sens où elle recquiert une certaine transcendance du mental, de la pensée, pour une très bonne connection avec l'état de pure conscience, de vide, qui n'existe pas puisqu'il n'y a que du plein... hehehe

Consciemment Smile


Que de contradictions avec :
"Comme on dit d'un sage, dont le corps est "vide", il n'y a plus personne dans le corps d'un tel être, il n'est plus identifié, il n'est que pure conscience, pure présence, pure intelligence. Il n'a plus d'inconscient, il n'y a plus "untel" qui est intelligent ou conscient, il n'y a que pure intelligence. "

Mais je croyais, d'après vous, que :"de vide, qui n'existe pas puisqu'il n'y a que du plein... hehehe"

ah, les croyances !!! hahaha
Inspiral



Inscrit le: 07 Nov 2008
Messages: 36


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 12:47

Bien dit! ça fait plaisir d'entendre cet écho!

Et là, on est plus en train de faire quelque chose "à " quelqu'un par des suggestions directes, on est et fait "avec" quelqu'un. Le T bénéficie aussi de travail.

Comme le souligne Gilligan qui a des milliers d'heures de transe à son compteur, le chemin est long, très long pour le thérapeute et de nature spirituelle, cela va sans dire. Il est dans cet état de non savoir, de vide/plein et de demande auprès du C "apprends moi". On est loin du thérapeute qui sait,ou contrôle en détail jusqu'au choix de ses métaphores. Wink
Inspiral



Inscrit le: 07 Nov 2008
Messages: 36


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 12:48

oups, j'ai oublié de dire que je faisais référence au message de Chamala...
castorix



Inscrit le: 14 Nov 2005
Messages: 1043


Posté le: Samedi 15 Novembre 2008 à 13:08

Bonjour,

« Merc » a écrit:
Je me suis souvent demandé si l'hypnose par l'introduction d'un mimétisme ne réactivait pas le même processus cognitif, une forme de régression à cet état primaire qui permet de communiquer d'inconscient à inconscient.

Je pense que, hypnose ou pas, ce processus est en effet à l'oeuvre en thérapie : la vision du monde du T interpénètre à un moment la vision du monde du P, et ce d'autant plus facilement que le T aura accepté dans un premier temps de se rapprocher de celle de son P (opération qui sous-tend bien sûr l'instauration préalable de la relation empathique).


« Merc » a écrit:
Donc pour répondre à votre question altmaier : Comment donc être sur, lors d'une métaphore, que l'inconscient du sujet va percevoir l'image de la façon la mieux appropriée à son cas ?

(...) c'est ce petit quelque chose qui nous échappe et que nous ne pouvons justement pas contrôler qui fait tout la différence ... Nous pouvons le remarquer (...) mais nous ne pouvons pas le prévoir.


Nous serons sans doute à peu près tous d'accord.
Après, il nous appartient de ne pas faire obstacle aux phénomènes qui aident le P, de savoir les favoriser, et ensuite :
je pense que lorsqu'une situation "thérapeutiquement idéale" se présente (plus ou moins construite par le T, on pourrait en discuter) là il convient de savoir le repérer et savoir positionner ce qui pourra rendre le meilleur service, tenant compte des attentres et objectifs.

Je veux dire qu'on n'en décide en effet pas réellement ; mais lorsque cela se profile, le geste de renforcer et rehausser ce qui est en train de se faire (se faire peut-être) au lieu de continuer à conduire un peu plus loin, est me semble-t-il le "plus" thérapeutique.
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