Bonjour à tous,
On m'a signalé il y a quelques temps ce sujet et l'invitation à y participer, aussi je me permet d'apporter une réponse à certaines questions ou affirmations que j'ai pu lire sur ces 4 pages d'échanges.
Il est assez délicat de rentrer dans un tel débat, toute intervention étant rapidement jugée comme un "coup de publicité", ce qui rend difficile l'argumentation. Aussi, habituellement, je préfère m'exprimer lors de conférences ou de démonstrations régulières, pensant qu'un rapport direct avec le public est la meilleure façon de confronter une pensée à un jugement, de présenter une vision cohérente et soumise à la critique.
Je pense toutefois qu'il convient de désamorcer certains présupposés qui pourraient amener sur de fausses pistes. J'ai travaillé quelque temps avec Olivier Lockert. Je ne considère pas avoir vraiment appris de lui - sauf à penser que nous apprenons de toute personne avec qui nous partageons ce qui est incontestable - car nous avons avant tout été dans une collaboration. Je considère Olivier comme un ami, avec qui nous avons été assez proche et avec qui j'ai travaillé jusqu'en 2001, - année de la création de l'IFHE -, en mettent en place et en animant des formations qui depuis sont animées par d'autres personnes... mais existent toujours à ma connaissance. Nous avons même failli ouvrir un cabinet commun... avant de prendre des chemins différents. Nos divergences d'opinions existent, certes, et heureusement : c'est ce qui fait que chaque formation a un caractère unique ! Ce ne sont pas elles qui nous ont séparées en tout cas. Quant aux personnes qui m'ont véritablement transmis des enseignements porteurs, elles sont nombreuses, et toujours proches de moi.
Ensuite, chaque formation est différente, et cohérente par rapport à une vision personnelle ou partagée. Je ne peux parler que de l'ARCHE puisqu'il serait absurde de ma part de parler d'une autre école. A l'intérieur de l'ARCHE il existe différents courants, et j'ai toujours favorisé ces courants même si il est parfois difficile de concilier tous ces opinions. L'hypnose est multiple et gagne à l'être.
Je répond ainsi au message de " Paulelie " que je cite :
Citation:
"
la seule chose que je regrette en lisant ce qu'il exposent sur leur sites....
l'un et l'autre....c'est leur obstination a dénigrer , a entretenir
des mythes a propos de l'hypnose traditionnelle, l'hypnose de spectacle et en général tout ce qu'ils n'enseigne pas!
ce qui divise la profession et maintient une mauvaise ambiance....qu'on ne trouve qu'ici en france! "
Que penser alors de tous les partenariats que nous avons mis en place, jusqu'à cette collaboration avec Alain Heril, permettant une formation en psychopathologie et aux méthodes analytiques, pourtant à l'opposé de la méthode Ericksonienne ?
Je ne suis pas en convergence d'opinion avec Alain Héril sur certains sujets de fond, mais c'est un homme que je respecte, et je suis heureux qu'il viennent donner ses enseignements dans les locaux de l'ARCHE. Je pense - et c'est ca justement être Ericksonnien à mon sens - que seule une connaissance complète des méthodes de psychothérapies (au sens large) permet à un praticien de se faire un avis et de se forger un esprit critique adéquat, et j'ai tendance à être méfiant envers ceux qui défendent leur pratique comme étant seule et unique : "fuyez ceux qui trouvent, suivez ceux qui cherchent" me semble être une maxime adaptée à ce domaine.
D'autres exemples ? La venue de Christophe André, de Jacques Salomé, le partenariat avec Paris 8 et la thérapie systémique... ces événements étant le plus souvent possibles gratuits et ouverts à tous les praticiens.
Quant à l'hypnose directe (classique), elle a toujours été enseignée à l'ARCHE, dans le cadre de l'accompagnement. Les sciences sociales ne sont pas en reste, ni la philosophie : une de nos formatrice enseigne à EHESS (Ecole des hautes études sociales) et a créé cette année dans cette école un cycle passionnant sur l'hypnose, avec plusieurs invités de marque comme F. Roustang qui est sans doute le seul Français a avoir apporté une réflexion nouvelle sur l'hypnose depuis Chertok. ( J'ai tendance à ne pas considérer les courants new age ou assimilés, mais cela est un autre débat).
Que dire aussi de nos rapprochements avec les médecins, dentistes, infirmières, cliniciens... pour qui nous organisons des formations spécifiques régulièrement : nous ne sommes pas dans une critique facile du domaine médicale, mais dans l'idée de travailler à faire connaître l'hypnose et à la transmettre de façon efficace.
On parle aussi dans ce forum de 80 personnes par séminaire. Qui oserait en France pratiquer dans ces conditions ? Si cela est acceptable lors de mini séminaires organisés avec des thérapeutes internationaux où l'on trouve régulièrement 200 à 300 personnes (Dilts, Grinder... ) ce serait en effet un manque de considération pour le public dans notre cadre habituel. Nos groupes sont limités en nombre, et notre sélection est draconienne, dès la base. Autant les étudiants peuvent revenir 2, 3 fois gratuitement si ils le veulent aux formations, autant ils ne passent pas au niveau supérieur sans avoir validé le précédent. Je me fais fort de tous les connaître, de tous les voir chaque jour ou presque, et ce serait impossible avec de tels groupes.
Cette affirmation de "80 personnes" est tout simplement fausse, et j'invite qui le souhaite à venir le vérifier.
Je cite un autre message :
Citation:
"La plupart de ces centres se contentent simplement de prendre votre argent et se moqueront totalement du"service après vente".
Je comprend qu'un tel point de vue existe. Mais il me semble qu'il peut au minimum être tempéré. Je ne pense pas connaître un institut qui ait ce fonctionnement, sinon il ne durerait tout simplement pas. A l'ARCHE, tout est gratuit après la formation : supervision, cabinet public, soirées auto-hypnose, rencontres avec d'autres courants de thérapie... Dès septembre même les "jeunes praticiens" auront accès à une forme de compagnonnage individuel leur permettant d'apprendre sur le terrain, dans le cabinet de 2 praticiens différents, si possible spécialisés dans les domaines qui les passionnent ! C'est une mise en place qui me semble importante et même déterminante. Nous travaillons aussi à une supervision en ligne, pour les personnes habitant hors de France et sur un aide à l'installation professionnelle. J'en passe.
Vous pouvez trouver cela commercial, et rétorquer que même si ces initiatives sont gratuites, elles sont faites pour faire de la publicité... On peut toujours avoir ce point de vue. Maintenant il y a des façon de faire ce travail avec intégrité, de vouloir faire avancer une profession. Je pense que nous nous donnons les moyens pour que ce soit le cas.
Je rebondis aussi sur deux messages évoquant une exception française négative : manque d'humilité, de capacités... Je partage le point de vue que le niveau national est pauvre, et qu'un sérieux manque de travail caractérise une part trop importante des praticiens... mais pas tous. Qu'une formation de 30, 40 ou même 50 jours, cela reste court, même si elle est intense et effectuée en groupes raisonnables.
En même temps, je pense que nous sommes tous conscients de ces problèmes, et nous faisons en sorte année après année d'améliorer le niveau. Les mesures que j'évoque plus haut vont dans ce sens et promettent une belle avancée. D'autres sont en cours de validation ou en test comme la mise en place de groupes de recherche sur des applications précises associées à un laboratoire indépendant.
Quand je me suis formé, j'ai du passer par de nombreux stages courts, en France, en Belgique, et dans d'autres pays. C'était compliqué, coûteux et contraignant. Je suis allé frapper à la porte de praticiens qui m'ont fait une petite place pour que je prenne des notes pendant leurs séances et que je puisse apprendre de leurs expérience - et j'y ai vu le meilleur comme le pire... Prenons du recul : ne serait-ce qu'en 10 ans (pour arrondir les dates de création des principales écoles), les choses ont quand même bien évoluées ! La qualité progresse, quoi qu'on en dise. l'ARCHE, comme l'IFHE vont dans ce sens, ce qui est le principal, même si nous n'avons pas toujours la même façon de procéder.
Revenons enfin à la question de base : comment choisir ? Par la rencontre, le partage. Je pense que nous savons tous voir et dépasser les arguments commerciaux d'un discours ou d'un autre, ainsi que le fanatisme de certains stagiaires. Je pense que nous savons tous nous méfier d'une posture de gourou et reconnaître un discours posé et cohérent. Et puis il y en a pour tous les goûts, et nous attirons un public très différent en fin de compte.
En espérant que ce message - un peu long - amène quelques éléments de réponse.
Bien à vous,
Kévin FINEL