Bonjour "Metaphore",
Vous me demandez quels courants sont représentés à l'ARCHE, tous n'ont pas de noms et surtout il est délicat de véritablement séparer ces courants puisqu'ils sont complémentaires, au delà des différences apparentes. Je pense que l'on retrouve ces courants sur un forum tel que celui-ci. Mon but a été de les réunir à l'ARCHE, partant du principe que la diversité était une garantie d'évolution et donc de qualité.
Prenons un premier exemple :
- Les tenants de l'hypnose "conversationnelle" pure, adeptes en général de la rhétorique, de la suggestion très indirecte et des patterns suggestifs. Ils se centrent sur les approches de type "détermination d'objectif" et sont peu enclins à chercher la transe profonde systématiquement.
- Les tenants de l'hypnose rapide, "Bandlerienne" dirons-nous : tout en rupture de pattern, peu de questionnement, une séance devient alors plusieurs "micros séances" spécifiques. Chaque séance donne lieu a des phénomènes hypnotiques marqués destinés à la fois à convaincre le conscient et à entrainer l'inconscient.
Parfois les théories peuvent se confronter : les premiers laissent souvent plus de place à la créativité inconsciente et la stimulent par des technique d'association d'idée, de confusion et jouent souvent sur des transes partielles avec signaling.
Les seconds sont souvent partisan du fait que la suggestibilité n'est pas garantie par l'état d'hypnose et cherchent donc à la créer en la travaillent, on pourrait dire en la sculptant progressivement. La transe est alors plus profonde, plus identifiée.
Autre exemple :
- Les "stratèges" : qui se focalisent sur l'analyse des métaprogrammes, un travail de précision, ou tout est décodé et la mise en place d'une "scénarisation" de la séance...
- Ceux qui axent leur travail sur la présence : un véritable travail à la "stanislavski" : peu de mots, mais posés avec autant de justesse et de profondeur que possible, beaucoup de "brain lead" et autres technique du même acabit.
Pour les premiers, la calibration est au centre de tout, et le travail se compare à une enquête... Pour les second l'art du conteur est primordial, la charge émotionnelle fait tout et peut même être activée dans le silence si le praticien maîtrise sa communication non verbale.
D'autres courants "opposés" pourraient être cités : entre ceux qui travaillent sur le traumatisme et le passé et ceux qui sont centrés sur l'apprentissage et le présent / futur pour en prendre un 3e exemple que l'on retrouve régulièrement.
Dans les faits, on ne retrouve que peu de personnes qui sont dans une vision "exclusive" : nous parlons là de tendance. Elles donnent lieu à des débats et à des expérimentations intéressantes, et ces débats font beaucoup avancer la pratique.
Je prends un exemple : les ajouts et progrès effectués ces 2 dernières années par exemple doivent beaucoup à ceux qui se sont intéressées aux techniques de séduction (Neil Strauss, Ross Jeffries pour citer les plus connus) et qui ont ramené de ce domaine une véritable expertise en ce qui concerne la mise en place du contexte de la communication et la création d'une autre forme de synchronisation plus aboutie que celle généralement enseignée en PNL "traditionnelle". Les amateurs d'inductions rapides y ont aussi vu un intérêt énorme puisque la préparation de la séance devient bien plus précise et une induction rapide peut alors être effectuée avec plus d'élégance. Pourtant, ces travaux suscitaient à l'origine de la méfiance de la part d'une partie des praticiens.
Citation:
Et pourtant vous le faites un peu en disant ça : "et c'est ca justement être éricksonnien à mon sens" . Je ne pense pas qu'être éricksonnien soit un gage de qualité, et peu d'hypnothérapeutes éricksonniens complètent leur formation en psychopathologie...
Il y a plusieurs éléments dans cette remarque.
Bien entendu, vous avez raison, être éricksonnien n'est pas un gage de qualité, je ne pense pas que mon message contenait cette idée.
C'est un courant de pensée, avec ses présupposés et ses croyances. J'apprécie ces dernières, ce qui ne veux pas dire que je sois exclusif.
Justement, l'une de ces croyances est qu'être flexible et savoir manier un maximum de formes d'hypnose permet de s'adapter à toutes les personnes rencontrées : Au delà des préférences et goûts personnel, des points forts et des points faibles, un "éricksonnien" est à l'aise avec toute (quand je dit "toute", je suis certainement optimiste) la palette hypnotique.
Erickson s'intéressait à tout ce qui se faisait dans son domaine, et aussi dans les autres courants de psychothérapie et de communication, ses correspondances sont très intéressantes à ce sujet. J'ai tendance à apprécier ce trait de caractère : il me semble plus cohérent, humble et rassurant que ces guerre de chapelle auxquelles nous assistons parfois.
Enfin, que peu d'hypnothérapeutes complètent leur formation avec de la psychopathologie, je pense que c'est compréhensible pour une partie : ceux qui font avant tout du coaching, de développement personnel ou de la thérapie "légère", n'en ont pas un besoin régulier. Toutefois, même en étant orienté vers les solutions, il est intéressant d'avoir un maximum d'outils à sa disposition.
Bien à vous,
Kévin FINEL