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Le lièvre,le chacal,la belette et le singe.

Discussion dans 'Esotérisme - Philosophie - Spiritualité - Arts' créé par xorguina, 25 Octobre 2009.

  1. xorguina

    xorguina Membre

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    Ce conte est un Jataka.Le lièvre sera le bouddha et ses trois amis seront Ananda,Shaliputra et Maugdalayana. De plus, il illustre la generosité la plus grande a donner sa vie

    Dans ce temps là, de tous les animaux de la forêt, le plus gentil était le lièvre.La fée de ces bois aimait à le voir courir dans la rosée.Elle admirait sa silhouette à la fois forte et élégante.Elle l'écoutait dire un mot affectueux à chacun.La fée savait tout ce qui se passait dans la forêt.Elle entendait ce qui se disait même entre l'arbre et l'écorce,même sous les herbes.En fait,elle connaissait les pensées de tous les animaux au moment même ou ils pensaient.Ainsi,elle était au courant du fait que chaque soir le lièvre retrouvait les trois meilleurs amis, la belette, la chacal, le singe. Chacun racontait ce qu'il avait vu ou entendu ou fait pendant la journée. Un soir, comme chaque soir, les quatre amis étaient réunis et le lièvre dit:
    _Demain, nous devrions garder la nourriture que nous trouverons et la donner à plus pauvre que nous.
    Le chacal, la belette et le singe approuvèrent avec joie. Dès le petit matin, chacun partit de son côté chercher des choses bonnes à manger.Son chemin conduisit le chacal devant une hutte. Il regarda à droite,personne,à gauche non plus. Il n'entendit pas un bruit. Il se faufila à l'intérieur.Il vit un plat avec de la viande cuite et un bol avec du lait caillé.Il cria bien fort:
    _A qui est cette viande? A qui est le caillé?
    Il prêta l'oreille. Personne ne les répondait alors il cria encore deux fois:
    _A qui est cette viande? A qui est le caillé?
    Et, puisque personne ne les réclamait, il les emporta chez lui. Il pensait:
    "Je pourrais manger cette viande qui sent délicieusement bon, je pourrais boire ce caillé.Mais non, je m'en prive pour le donner.Quel bon chacal je suis!"
    La belette trottina au long de la rivière.Dans le sable de la berge, elle dénicha des poissons qu'un pêcheur venait d'y cacher. Elle l'aperçut, entré dans l'eau jusqu'au genoux. Elle cria:
    _A qui sont ces poissons.
    Mais l'homme n'entendait que le murmure de la rivière.Elle demanda encore deux fois:
    _A qui sont ces poissons.
    Sans répose, elle prit les poissons enfilés par les ouies sur une branche de saule et rentra dans sa maison.Elle pensait:
    "Dire que je pourrais manger des poissons tout frais pêchés.Au lieu de m'en regaler, je vais les donner.Quelle bonne belette je suis!"
    Le singe bondit d'arbre en arbre jusqu'au confins de la montagne et découvrit un grand manguier couvert de fruits mûrs.Il cueillit autant de mangues qu'il pouvait en porter et revint à son domicile.Il pensait:
    "Je pourrais manger ses fruits axquis, mûrs, à point.Mas non, je m'en prive. Quel bon singe je suis!"
    Cependant, le lièvre n'avait rien trouvé.Rien que des herbes dures et des feuilles sèches. Le soir tomba, l'obscurité s'étendit sur la forêt.Les premières étoiles parurent."Moi, je n'ai rien à donner", pensait le lièvre avec tristesse. La fée de la forêt se transforma en un pauvre homme habillé de haillons, courbé sur un bâton.Quand elle arriva ainsi déguisée devant le logis du chacal, la peline lune se levait.
    _Pauvre homme, dit le chacal, entre chez moi et mange à ta faim.Voici de la viande et du lait caillé.
    _Garde les moi répondit la fée,je vais revenir. Elle parvint devant le domaine de la belette qui l'invita:
    _Entre et régale-toi avec mes beaux poissons.
    _Garde-les moi, je vais revenir, dit la fée. Elle arriva devant la maison du singe qui lui dit:
    _Entre, pauvre homme et accepte ces mangues....
    _Garde -les-moi, répondit la fée, je vais revenir! A présent, la pleine lune s'élevait au-dessus des bois;de sa rondeur parfaite,la clarté s'écoulait comme du lait. Le lièvre apperçut le faux mendiant et se leva: Ami,lui dit-il, je n'ai rien à te donner.Rien que moi-même.Rassemble des brindilles et des branches,dresse-les pour faire un feu.Quand les flammes crépiteront,je m'y jetterai et tu pourras, ce soir, manger la chair d'un lièvre. Quand le feu fut allumé, le lièvre prit son élan et bondit au mileur du brasier.
    _Mais que se passe_t'il. s'écria-t'il.Ce feu ne me brûle pas!Ces étincelles sont comme les gouttes d'eau d'une cascade. La fée abandonna son aspect de vieil homme et parut dans toute sa splendeur._Elles ne te brûleront pas, petit lièvre.Ces flammes sont magiques.Tu m'as donné ce que chacun de nous a le plus cher, de plus précieux, sa propre vie.C'est la plus grande des bontés.Et je veux que sur terre on garde à jamais le souvenir de ta générosité.La fée saisit un brandon(tortillon de paille servant de torche)dans le foyer.Elle se releva, s'étira, le bras tendu.Elle grandit, grandit jusqu'à pouvoir toucher le disque étincelant de la lune, et elle y dessina la silhouette forte et élégante du lièvre. Depuis ce temps, à chaque nuit de pleine lune, on peut voir deux longues oreilles du lièvre, son corps prêt à bondir, et nous rappeler sa bonté. 8)