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  1. xorguina

    xorguina Membre

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    Il était une fois une belle princesse du nom de Zoulkin. Elle habitait dans un palais où vivait sa famille ainsi que ses nombreuses suivantes au milieu d’un grand royaume de collines verdoyantes et de douces vallées.

    Il n’y avait pas de roi dans ce royaume appelé le Royaume des vénérables en l’honneur des magnifiques arbres plus nombreux dans le pays que ses habitants ; des administrateurs s’occupaient néanmoins de la gestion des récoltes et des produits de consommation courante. Il y avait de nombreux vergers, des collines remplies de baies sauvages, des vallées où poussaient en abondance des fruits multicolores, et des prairies réservées aux moutons, chèvres et brebis qui donnaient du lait et des fromages frais.

    Le reste de la population était constitué d’artistes, artisans, peintres, sculpteurs, musiciens et danseurs. La vie se déroulait au rythme des festivals de danse et de musique et les journées de récolte des fruits auxquelles participait toute la population. C’était l’occasion de joyeuses rencontres et de fêtes célébrant l’abondance et la beauté du monde.

    Mais tous reconnaissaient en Zoulkin, celle qui « donnait le ton » du royaume au jour le jour. Elle sortait souvent dans le royaume parfois à pied, parfois à cheval, parfois accompagnée et parfois seule. Elle était avant tout totalement imprévisible pour la plupart des gens. On la reconnaissait à son grand manteau qui flottait sur ses épaules et qui était fait de 260 morceaux de tissus de couleur différente cousus les uns aux autres par des fils d’or et d’argent. Les femmes qui avaient travaillé à ce manteau princier étaient considérées comme les sages du royaume ; de leurs mains habiles elles avaient tissé un magnifique ouvrage qui leur avait enseigné les nombreux rapports qui unissent entre elles les couleurs et leurs mille et une nuances. L’ouvrage accompli, treize d’entre elles étaient restées au palais, les autres étaient reparties pour des destinations inconnues.

    Un jour la princesse pouvait apparaître entourée d’une nuée d’enfants marchant dans la rue principale, riant, chantant des chansons et jouant avec eux. Le jour suivant elle pouvait rester enfermée toute la journée dans sa chambre dans le petit palais au fond de son jardin personnel. Nul ne savait ce qu’elle faisait. On disait que la princesse parlait alors avec ce qu’on pourrait appeler des instructeurs invisibles, mais personne ne le savait vraiment. Puis le jour suivant elle appelait toutes ses suivantes pour organiser une grande fête dans le palais. Comme personne n’avait d’obligation et qu’il n’y avait pas de maître, chacun pouvait s’il le souhaitait tout de suite se rendre à la fête et il en était ainsi tous les jours de cérémonie. Zoulkin avait son propre rythme d’activité et de repos et le peuple la suivait car il sentait inconsciemment que ses actes étaient le reflet d’un ordre supérieur.

    Un jour arriva dans le royaume un étranger qui attira l’attention de plusieurs habitants. Il avait commencé à faire des discours sur une des places publiques entourée d’arbres vénérables ; il annonçait que de grands changements étaient en vue et qu’il fallait s’y préparer. Il portait une longue barbe blanche et tenait dans ses mains un épais et très ancien parchemin. Il invitait les habitants à le rejoindre le soir pour qu’ils puissent leur expliquer ce qui était écrit dessus en lettres et codes mystérieux. Certains décidèrent de l’écouter et rapportèrent aux autres que l’homme à la barbe blanche leur avait exposé des calculs forts savants qui selon lui indiquaient que sans l’ombre d’un doute le monde allait bientôt être bouleversé de multiples façons. Aussitôt certains d’entre eux se mirent à étudier le parchemin et à s’en faire des copies pour y mettre leurs propres annotations.

    Quand la princesse invita ceux qui le voulaient à sa prochaine fête de musique, bon nombre de gens ne vinrent pas parce que, disaient-ils, il leur fallait étudier le parchemin pour comprendre ce qui allait arriver et ils savaient d’ailleurs maintenant beaucoup de choses.

    Quand la princesse en entendit parler, elle sourit et convia ceux qui étaient venus à se mettre en place pour la première danse au son de son instrument favori, la harpe ; elle portait une magnifique robe vert émeraude que recouvrait son fin manteau composé des 260 morceaux de tissus délicatement reliés ensemble par les fils d’or et d’argent. C’est à l’occasion de cette fête qu’elle annonça publiquement qu’elle attendait un enfant et qu’elle en était ravie. Tous ceux qui étaient présents se réjouirent avec elle de cette heureuse nouvelle.

    Chaque jour qui passait apportait une activité différente suivant le comportement de la princesse qui se reflétait dans tout le peuple. Cela avait créé au fil du temps un lien très fort entre la princesse et son peuple, même si personne ne se considérait comme soumis à quoi que ce soit. Les choses se faisaient naturellement comme les liens qui se tissent jour après jour entre la mère et l’enfant qu’elle porte en son sein.

    Cependant ceux qui suivaient maintenant les calculs de l’homme à la barbe blanche ne participaient plus du tout aux fêtes et aux réjouissances. Ils étaient devenus sérieux et passaient leur soirée enfermés à faire de longs calculs pour déterminer quand et comment les bouleversements à venir aller se produire et comment il fallait s’y préparer. Cela avait créé une sorte de scission au sein du peuple.

    Il y avait ceux qui, pouvait-on dire, suivaient la princesse Zoulkin comme c’était la coutume dans le royaume et ceux qui suivaient les cours d’étude du parchemin ancien.

    En cette nouvelle journée la princesse s’était levée de bon matin et avait emmené toutes ses suivantes à la rivière pour y laver les draps et linges de maison ; et alors que les femmes chantaient en brossant et trempant leur linge dans l’eau de la rivière, des hommes nettoyaient au savon les sols en marbre du palais. Très vite dans la ville tout le monde suivit cet élan de nettoyage, on entendait balais, secouage d’édredons, plumeaux qui virevoltaient, et c’est à qui aurait l’intérieur le plus propre de la ville, sauf dans les maisons de ceux qui étaient penchés sur leur parchemin et qui ne voyaient même pas la poussière s’accumuler dans leurs demeures.

    Deux jours plus-tard on vit tout un cortège de femmes aller vers la Maison du vêtement. Il faut dire qu’en ce royaume il n’existait pas de magasins de vêtements. Il n’y avait que des artisans-tailleurs et cette importante Maison du vêtement. Chaque individu y allait une fois l’an pour se choisir couleur, texture et forme qui allaient constituer ses vêtements de l’année. On y tenait compte de la taille, l’âge, la maturité et le caractère de chacun pour déterminer quelles étaient les couleurs, textures et formes les mieux adaptées. Ainsi chacun était habillé selon son genre, son corps de métier et son caractère intérieur actuel. Ces données étaient entièrement révisées l’année suivante.

    Les jours passaient toujours aussi riches et pleins d’expériences les uns que les autres, le ventre de la princesse s’arrondissait doucement à peine voilé par le manteau aux 260 tissus multicolores. Chaque jour d’activité était suivi par un jour de repos ou plutôt de contemplation intérieure comme le jour suit la nuit. Ainsi chaque jour de repos apportait l’inspiration à créer du jour suivant. Ce rythme de vie rendait chacun heureux et content et renforçait le lien invisible qui existait depuis bien longtemps entre eux et la princesse Zoulkin.

    Mais les partisans du parchemin étaient préoccupés ; qu’adviendrait-il de Zoulkin dans ces temps nouveaux ? Quand elle en entendit parler, l’intéressée sourit à nouveau et retourna à son ouvrage du moment. Les jours et les nuits se suivaient sans jamais vraiment se ressembler ainsi que les semaines et les mois.

    Un matin la princesse partit très tôt pour se réfugier dans la petite résidence qui avait été bâti pour elle sur un îlot au milieu d’un lac entouré d’un magnifique écrin de verdure ; son proche entourage savait déjà qu’on ne la verra plus de la journée. Comme une onde qui se propage dans les airs, tout le peuple s’était lui aussi retiré. Un vent fort se mit à souffler, il balayait par grandes bourrasques les rues désertes, il ne faisait pas bon être dehors et pas une âme n’était visible à l’extérieur. Chacun était entré dans son for intérieur et pourtant nul ne se sentait seul puisqu’ils étaient habitués à pénétrer dans les profondeurs de leur être aux multiples facettes.

    Les partisans du parchemin aussi étaient chez eux penchés sur leur ouvrage s’efforçant de déchiffrer les signes à peine lisibles qui semblaient annoncer de grands changements à venir.

    Mais déjà la nuit était descendue sur le royaume, une fine pluie tombait sur les feuilles des arbres et les rues du royaume, l’atmosphère s’était apaisée après la violence de la tempête. Un nouveau et lumineux matin éclairait le pays et son palais princier. Comme la princesse n’était toujours pas revenue, une de ses suivantes alla à sa recherche dans le petit palais. Elle en revint quelques heures plus-tard avec un magnifique bébé dans les bras.

    « La princesse a accouché d’une petite fille » s’écria-t-elle, « mais la princesse a disparu ! »

    Ce fut l’effervescence au palais, certains entouraient la femme qui tenait dans ses bras le plus adorable des poupons, alors que d’autres suivantes de la princesse se dépêchaient d’aller vers le palais princier. Elles n’y trouvèrent que le manteau aux 260 morceaux de tissu posé sur un lit défait. La princesse avait bel et bien disparu !

    « C’est un signe des temps ! » annoncèrent les étudiants du parchemin, « de grands changements sont en cours ! Nous l’avions annoncé, nous le savions grâce au parchemin ! »

    Une fois l’agitation passée, on se mit à préparer la chambre du nouveau-né. Bientôt l’enfant dormait paisiblement dans un berceau entouré des suivantes les plus proches de la princesse. Rien ne semblait pouvoir troubler son sommeil. Au-dessus du berceau celles et ceux dont les yeux étaient ouverts à d’autres mondes pouvaient voir une forme lumineuse, celle d’une belle femme aux cheveux dorées qui se penchait sur l’enfant en souriant..

    Le royaume changea-t-il à la naissance de cette petite fille et la disparition soudaine de Zoulkin ? Certains le disent, bien que d’autres affirment toujours voir la princesse parcourir les rues de la ville ou traverser de son pas léger les couloirs du palais en riant, les incitant à danser ou alors à rentrer chez eux pour se recueillir. Ils prétendent que son manteau est aussi brillant que jadis et scintille toujours de ses 260 couleurs comme les plumes d’un paon, mais leur texture est devenue plus fine et plus évanescente.

    Les étudiants du parchemin dont le nombre avait beaucoup diminué depuis la disparition de Zoulkin se rassemblaient parfois et disaient entre eux : « Vous voyez, nous le savions, Zoulkin a quitté ce monde, une nouvelle ère a commencé. » Peut-être disent les uns, alors que d’autres continuent de sculpter, chanter, danser ou peindre ; des couleurs toujours plus sophistiquées naissent sous leurs pinceaux bien entretenus; des voix bien entraînées résonnent dans les salles de chant alors que les costumes des danseurs toujours aussi enjoués varient en style et forme au fil des saisons tout comme les mille et une fleurs qui ornent bois et champs de ce vaste royaume.

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