Témoignage : traitement du bégaiement en hypnose

Discussion dans 'Hypnothérapie' créé par jean touati, 17 Décembre 2011.

  1. jean touati

    jean touati Membre

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    Bonjour,
    Je vous propose ce cas clinique sur le traitement en hypnothérapie d'un patient souffrant de bégaiement.

    Comme la plupart des bègues, Arthur a commencé par consulter, étant enfant, une orthophoniste et une psychologue. A vingt ans, il suit un stage pour apprendre une technique développée par un ancien bègue, Yvan Impoco. Il fait ensuite une psychanalyse pour traiter des crises d'angoisse puis il essaie une première fois l'hypnose sans être convaincu. Malgré tout cela, Arthur souffre toujours, à 30 ans, de son trouble.

    Nous voyons à travers l'histoire de ce patient comment il vit et ressent son bégaiement et comment au cours de quatre séances d'hypnothérapie son trouble évoluera très positivement. Je développe en particulier la seconde séance au cours de laquelle je guide Arthur dans un travail de régression dans l'enfance où il revivra une scène pouvant apparaître hautement symbolique : Arthur, 5 ans, est très content de ne pas avoir de petit frère car sa mère, accablée de chagrin, vient de faire une fausse couche...

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    Au plaisir d'échanger,
    Jean Touati
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    Quand je mets un vert,
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    Quand je mets du bleu,
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    Henri Matisse
     
  2. castorix

    castorix Membre

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    Bonjour,

    Voilà une transcription très intéressante d'un travail bien expliqué.

    J'y trouve, et c'est très rare, le fil conducteur bien tendu des thérapies ericksoniennes, ou si on préfère d'une thérapie solutionniste :

    - la vision du sujet sur son problème, avec un peu de confusion du sujet sur les objectifs du travail (objectifs tjrs selon le sujet) au passage

    - l'acceptation par le T. d'un certain mode d'identification par le sujet du problème (vécu dans le présent), à une ou des situations du passé, dans lesquelles il a mémorisé un ressenti comparable

    - le traitement dans le présent, par un subtil rapprochement des ressources (comme savoir ce qui est grave ou non) et des difficultés (comme s'en vouloir, et se tendre de ce fait)

    - et pour bonus de votre part, j'ai le plaisir de souligner que vous n'avez pas postulé que le retour DANS le passé (il n'y a pas de retour dans le passé !) serait une condition de la réussite, puisque les ressources de votre P. sont celles acquises depuis, s'appliquant "à aider le petit garçon qu'il a été" ...

    ... en PNL on aurait choisi une autre formulation, évoquant par exemple un travail sur les parties

    ...en TCC il aurait été possible de souligner les visualisations "automatiques", les pensées avec les croyances, et d'avancer plus à la manière d'un "rouleau compresseur" là où vous avez visé plus focalisé, plus simple.

    (ceci dit la partie du travail du T. qui consiste à poser doucement les constats tels que : ah bon, vous ne bégayez pas lorsque vous êtes seul ?! :wink: etc., est bien du domaine du travail cognitif sur les croyances qui est typiquement promu par la TCC)

    Merci :) pour cet exposé clair et qui, je dois l'avouer, me convient tout particulièrement quant à ses présupposés théoriques, ou bien plutôt aux modèles employés !
     
  3. jean touati

    jean touati Membre

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    Merci Castorix pour vos commentaires.
    Je trouve très intéressant vos remarques sur le déroulement de cette séance et vos parallèles avec l'approche TCC
    et PNL.
    Au plaisir d'échanger,
    Jean Touati
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  4. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    Jean TOUATI,

    Votre site est très complet, mais avant de vous répondre j'ai fait une petite recherche avec votre nom sur ce forum et je me demandais pourquoi vous ne participez jamais sur ce forum, et que vous passiez juste déposer un nouveau lien de vote site, certes fort intéressant ...

    J'ai une autre question, les différents cas que vous développez sur votre site, demandez vous l'autorisation à ces personnes pour le faire ?

    Merci d'avance de votre réponse.
     
  5. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    J'ai lu votre lien, et il y a un truc qui m'a gêné lors de la régression, vous faites parler votre client à la 3ème personne, je trouve ça bizarre, de plus cela le dissocie de ses émotions..., vous auriez pu même vous adresser à ce petit Arthur avec le tutoiement et surtout ne pas employer la 3ème personne en vous adressant à Arthur. :roll:

    J'aimerais bien comprendre le pourquoi de ce choix ?...
     
  6. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    M. Jean TOUATI, j'espérais avoir une réponse à mon dernier message, cela m'aurait intéressé, mais votre passage sur le forum a certainement un autre but ?.... :roll:
     
  7. amrita

    amrita Membre

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    Merci Mr Touati pour ces témoignages très interessants.
     
  8. jean touati

    jean touati Membre

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    Bonjour Intemporelle,
    Je vous remercie pour votre question sur la manière de s'adresser au patient lors de la régression en âge. J'ai posté, il y a déjà quelques jours, une réponse détaillée à votre question.
    J'ai préféré rédiger cette réponse sous la forme d'un article en lien dans la réponse que je remets ci-dessous.


     
  9. Intemporelle

    Intemporelle Invité


    Merci pour votre réponse ; j'ai donc été lire votre complément sur votre site, néanmoins cela ne répond pas vraiment à ma question.

    J'ai relevé ce paragraphe sur votre site que j'ai envie de commenter :


    Je fais en général ce travail de régression au cours d’une unique
    séance pour ensuite pouvoir amener le patient à se projeter dans le futur.


    Je ne vous cache pas ma surprise de lire que vous faites qu'une seule séance de régression, car certaines personnes ont vécu beaucoup de traumatismes pendant un certain nombre d'années, et en régression on travaille sur un évènement, et pas tous en même temps, surtout il faut laisser le temps de récupération pour certaines personnes qui ont un Moi fragilisé...

    Contrairement à la plupart des autres thérapies, le travail en hypnothérapie, ne s'éternise pas sur le passé.

    Je ne partage pas trop ce point de vue, tant que le travail sur les émotions du passé ne sont pas réglées, elles ressortiront dans les distorsions cognitives et donc sur les croyances.

    Je considère même qu'une remémoration incessante, au long cours, du passé aurait plutôt un effet pathogène, voire même, comme je le vois parfois chez des patients en analyse, un effet iatrogène (trouble provoquée par le traitement) lorsque l'analyste se réfère à une étiologie déterministe et figée ; relire le passé pour rechercher les prémisses qui confirment ce que l'on veut démontrer en oubliant, en regard, de chercher celles qui l'infirment.

    Je suis d'accord avec vous sur la pratique de la psychanalyse qui reste une thérapie verbale qui ressasse le passé et peut comme vous le soulignez avoir un effet pathogène.
    Mais cela ne veut pas dire qu'en hypnothérapie on ne doit pas revenir sur le passé autant de fois que cela est nécessaire au niveau émotionnel, et de travailler sur les croyances négatives avec diverses techniques notamment les stimulations alternatives afin d'amener le client vers des croyances positives en suivant les protocoles adaptés, en vérifiant que ces croyances positives sont acceptées par l'inconscient... et à revérifier à la séance suivante. Donc on est loin d'une seule séance de régression... :roll:
     
  10. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    Je vois que vous n'avez pas donné suite à mon dernier message, je ne pense pas que votre but sur ce forum soit d'apporter un échange, enfin c'est pas bien grave... mais c'est dommage... :roll:

    D'ailleurs j'étais en train de me dire que certains devraient préférer le silence que de dire des aberrations (là je ne parle pas de vous Jean TOUATI, loin de là ma pensée)...
     
  11. jean touati

    jean touati Membre

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    Intemporelle,
    Je n'ai malheureusement (ou heureusement) pas beaucoup de temps pour répondre rapidement sur le forum ; je reçois en général 6 à 7 personnes par jours, et je fais des séances assez longues d'1h30 voire plus longues.
    J'allais vous répondre, car suite à votre remarque sur la manière de s'adresser au patient, j'ai davantage parlé, lors des séances de régression, directement à l'enfant de l'époque et je trouve que cela est intéressant (j'évite cependant une abréaction trop douloureuse). Aussi je vous remercie pour votre commentaire.

    Concernant votre remarque sur le travail en régression, en effet je ne fais souvent qu'une séance de régression (et ceci surtout pour le troubles névrotiques - dans la nosographie psychanalytique -: troubles anxieux, phobies, toc). Dans toute ma pratique je n'ai, en effet, fait qu'une fois deux séances de régression en âge pour une personne souffrant de tocs très invalidants (je pense le cas le plus difficile que j’ai eu à traiter à ce jour). Dans les autres cas, j’inclus de manière symbolique les autres événements de vie (mini-traumas) que nous n’aurions pas revus lors de la régression.
    Par ailleurs, je me demandais, par rapport à vos commentaires, à quoi vous vous référiez ; avez-vous, vous-même, une pratique d'hypnothérapeute ? suivez-vous une formation ?...
    Personnellement, dans mes écrits, comme vous avez pu le voir, je cite toujours les auteurs avec les références des articles auxquels je me réfère ou je précise qu'il s'agit de ma propre pratique clinique.


    Au plaisir, en effet, d'échanger,
    Jean Touati
    Hypnothérapeute
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  12. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    Jean TOUATI,

    Je vous remercie pour votre message et je comprends tout à fait que votre temps est bien mieux employé pour vos clients, surtout qu'un forum reste un forum (avec tous ces débordements)...

    Concernant la régression, je reste étonnée de votre mise en pratique quand on sait qu'on ne peut travailler qu'évènement après évènement, donc une personne ayant subi beaucoup de traumatismes différents sur plusieurs années cela me semble quasi impossible.

    Toutefois une régression peut se faire spontanément suivant la charge émotionnelle du patient lors d'un état hypnotique par rapport à un évènement.

    Par ailleurs, pour répondre à votre question, je suis hypnothérapeute(hypnose clinique) sous l'appelation Hypnothérapie Intégrative.
     
  13. surderien

    surderien Moderateur Membre de l'équipe

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    Petite précision

    En France, la pratique de l' "hypnothérapie" ne peut se faire concrétement que sous souvert d'un diplome officiel de profession de santé :

    ceux qui pratiquent dans un cadre "psychologique" spécifique (dont l'hypnose exclusive) doivent disposer de la qualification reconnue de psychothérapeute et être inscrit sur la liste nationale de la profession.

    toute autre pratique hors cadre officiel réglementant les professions de santé expose au risque de pratique illégale de la médecine.

    La loi est claire est ne se fait que s'appliquer de plus en plus rigoureusement au vu des dérives observées actuellement

    8)


    ref : décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

    Je soussigné(e)
    Né(e) le
    lieu de naissance :

    demande à être inscrit(e) sur la liste départementale des psychothérapeutes en application de l’article 7 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

    A cette fin, je joins au présent :

    1° La copie d'une pièce d'identité ;

    2° L'attestation de l'obtention du titre de formation mentionné à l’article L 4131-1 du code de la santé publique ou du diplôme de niveau master mentionné au quatrième alinéa de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 modifiée ;

    3° L'attestation de la formation en psychopathologie clinique mentionnée à l'article 1 er du décret du 20 mai 2010 susmentionné (sauf professionnels bénéficiant d'une dispense totale), précisant les modules d'enseignement suivis et validés ;

    4° L'attestation d'enregistrement pour les professions et titres réglementés par le code de la santé publique et le code de l'action sociale et des familles (le cas échéant).

    Si j'appartiens à l'une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 susmentionnée, je fournis en outre :

    1° Soit l'attestation de l'obtention du titre de formation de spécialiste en psychiatrie ;

    2° Soit l'attestation de l'obtention de l'un des diplômes mentionnés au décret n° 90-255 du 22 mars 1990 permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue ou l'autorisation obtenue en application des alinéas II et III de l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 ;

    3° Soit l'attestation de l'enregistrement régulier dans un annuaire d'association de psychanalystes, établie dans les conditions fixées au dixième alinéa de l’article 8 du décret n°2010-534 du 20 mai 2010, accompagnée d'une copie de l'insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l'association et mentionnant son objet.
     
  14. Intemporelle

    Intemporelle Invité

    J'apporte une grande précision Surderien,

    Le titre de Psychothérapeute est protégé enfin plutôt légiféré, pas celui d'hypnothérapeute ...

    Il existe autant un annuaire de psychothérapeutes que d'hypnothérapeutes, ce n'est pas un titre de psychiatre ou de médecin qui justifie la valeur du praticien dans ce type de thérapie, si ce diplômé n'a pas fait un travail sur lui, il sera beaucoup moins efficace qu'un hypnothérapeute l'ayant effectué avec succès... :D ; et surtout s'il se fait superviser régulièrement.
     
  15. castorix

    castorix Membre

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    :shock: Surderien ne dit rien de semblable !


    Je ne comprends pas bien votre affirmation.

    Vous semblez dire : "un soignant soignera moins bien qu'une personne non formée à soigner, si cette dernière a fait un travail sur elle (etc.)"

    En fait j'ai l'impression de ne pas être d'accord avec cela...

    Je me contenterais d'affirmer :

    "Entre deux soignants, ce lui des deux qui a effectué un travail sur lui et qui de plus garde une supervision active dans la durée, sera sans doute mieux placé que l'autre pour être efficace et agir utilement dans l'intérêt du patient"
     
  16. Sitar

    Sitar Membre

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    Vous le faites quand le travail sur vous ? :D Ca va je plaisante ;)
     
  17. Molaco

    Molaco Membre

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    Surde rien ... où pourrions nous avoir une source de ce que vous appelez les "dérives observées"??
    ,, cela m'interesse bcp..
    Merci !
     
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