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femmes battues

Discussion dans 'Le café de l'hypnose' créé par moune, 12 Janvier 2018.

  1. moune

    moune

    Inscrit:
    24 Juillet 2015
    Bonjour
    Avez vous une expérience dans le domaine?
    Comment les prenez vous en hypnose?
    Surtout lorsque la personne reste dans le rôle de victime
    Comment les aider au mieux?
    J'ai beaucoup de clientes dans ce cas et je n'ose pas me jeter à l'eau
    Merci de votre aide
     
  2. hibou13

    hibou13

    Inscrit:
    7 Octobre 2012
    Oulala un sujet bien complexe..... J'ai eu quelques cas et un très proche.
    C'est vraiment pas évident tant il existe un paradoxe important dans le fait d'être battue et les sentiments (qui fait croire que ça a s’arranger...)
    Un autre obstacle est souvent l'aspect matériel (quitter c'est perdre la maison, les amies, les habitudes etc....)
    Et évidement tout un tas d'autres obstacles tel que le regard des autres, la honte, la culpabilité, les enfants, l'échecs et j'en passe....
    Le tout conduisant à un sentiment d'impasse.

    Moi je part du principe que la seule chose que nous pouvons faire c'est un travail pouvant aider à prendre une décision (quitter, porter plainte...) et ôter si besoin tout sentiment de culpabilité.
    Les personnes sont souvent noyés dans des considérations multiples qui les empêches de ce poser les questions clés (donc, les repérer et les relativiser..)
    Le plus évident c'est l'estime de soit évidement, mais je constate que si je ne travail que la dessus, cela reste très insuffisant (je m'estime, mais il à peut être raison...ou tout autre MAIS perturbant la réflexion.)
    Une fois l'histoire de vie raconté, le discours tourne en boucle : battue, malheur, le "MAIS", impasse....battue, malheur, etc.

    Je n'hésite pas hors hypnose à informer sur les droits et possibilités d'aides. Mais je ne formule pas de conseil du type "partez", pour ne pas induire si la personne ne le fait pas, un sentiment d'échecs supplémentaire.
    Par contre je ne laisse que peut d'illusion sur une amélioration (en gros s'il frappe il refrappera...) en tout cas si il n'a pas accepté une thérapie pour lui (et encore).
     
  3. moune

    moune

    Inscrit:
    24 Juillet 2015
    Merci de tant de sincérité

    "Les personnes sont souvent noyées dans des considérations multiples qui les empêchent de ce poser les questions clés (donc, les repérer et les relativiser..)"

    Peux tu développer,svp Qu'elles sont les questions clés?

    Les écouter,oui je le fais,éviter de prendre part,ça m'est difficile,j'ai tellement un caractère à tout envoyer balader que je ne conçois pas que les autres ne réagissent pas comme moi....
    Comment peut on rester avec son bourreau,sous prétexte qu'il a les cordons de la bourses ou autres...?
     
  4. hibou13

    hibou13

    Inscrit:
    7 Octobre 2012
    C'est pourtant très courant, hélas.... Pour avoir fréquenté une assistante spécialisé dans la protection des femmes battues, elles arrivent souvent quand la situation est extrême à cause de ce genre de considérations.

    Par exemple quand les enfants sont le blocage : Pour eux, il vaux mieux faire perdurer la situation, entretenir une vision de leur mère humilié, les laisser vivre un malaise permanent, une peur qui laissera des traces ? (évidement amené d'une façon plus subtile que ce que je formule ici)
    Tout comme, les "MAIS" dont je parle plus haut : n'est ce pas une façon de ce cacher la vérité?

    Par exemple la soeur de mon meilleur ami vivait cet enfer avec un alcoolique et 2 enfants 8 et 14 ans. Quand elle à pris conscience que ses peurs (trouver un travail, priver les enfants de leur père, ce retrouver seule, trouver un logement) enfin tout ces MAIS l’empêchaient de vraiment formuler : JE PART au lieu de "je voudrais partir" ou le "j'en peux plus".
    Le "je part", n'est pas un départ le lendemain matin, mais le début d'un processus pour effectivement partir. (un logement de secours à l'adresse secrète, des allocations, un soutiens à la recherche de travail....grace à une plainte et une prise en charge par une assistante sociale)

    Suis je heureuse? ais je un espoir? est ce que je veux vivre tout ma vie dans cette boucle (violence, peur, excuses, espoir d'un meilleur, nouvelle violence etc......)?
     
    Dernière édition par un modérateur: 12 Janvier 2018
  5. hibou13

    hibou13

    Inscrit:
    7 Octobre 2012
    Mon avis perso maintenant.
    Un type qui bat sa femme, recommencera. Il s'excusera ou culpabilisera sa femme mais recommencera.
    Très peut accepte leur "maladie" et veulent se soigner (seul ou en couple).
    Les hommes ne partent que très rarement. (c'est éventuellement une fois que leur femme est partie qu'ils admettent leur problème).
    Dans 90% des cas, il faut fuir.
     
  6. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Je dirai même 99.99%
     
  7. hibou13

    hibou13

    Inscrit:
    7 Octobre 2012
    On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir qu’ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre.
    Excuse mais je vois pas?
     
  8. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    C'est là que se situe en général la causalité

    La bourse sexuelle de dépendance, comme la prostituée avec son mac

    Elle est devenue la chose de son mec, dont il dispose comme il veut.
    Il la bastonne et elle reste de peur de se retrouver sur le trottoir...

    Le fric il est dans la bourse du mec, elle elle a peu de ressource, sinon elle n'en serait pas où elle en est, le plus souvent, et en tire paradoxalement bénéfice pour continuer à survivre

    Les cordons, ils peuvent servir de corde au cou, et le mec le sait bien qu'il est le flingueur, le mec, le mac, le Puissant Nuisant qui hante ses nuits et lui prend toute son énergie de pouvoir fuir.

    Elle est sa chose.

    Dépersonnalisée, vidée de toute solution

    Pour les mecs battus, c'est encore plus vidant. Le mec castré, déconsidéré, épuisé, physiquement et psychologiquement. À tous les coups.

    Des histoires de dominance, mais pas que, parce que la nature humaine est complexe.

    Mes quelques idées sur un sujet critique

    Si çà peut aider
    à aider.

    :oops:
     
  9. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Souvent c'est la dépersonnalisation qui saute aux yeux.
    C'est quelqu'un de devenu quelconque et qui n'a plus envie de s'en sortir.
    Qui n'a plus de raison d'être ni de moyen d'en sortir car elle se sent détruite.

    Mais si elle est venue consulter, c'est qu'elle peut sortir...
    et qu'elle peut s'en sortir.

    C'est là qu'on peut agir +++

    En réseau social "extérieur"
     
  10. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Je disais juste que dans 99.99% des cas il faut fuir.

    L'autre phrase est ma signature lol

    Non je ne pense pas, il y a une envie réel de s'en sortir, le problème c'est qu'elles essayent de trouver un moyen qui pourra arranger tout le monde, en fait elle se sent responsable de ce qui lui arrive, elle pense que c'est sa faute, alors que non ce sale type la culpabilise a fond et hélas cela fonctionne.

    Oui bien d'accord elle n'a pas les moyens ni le support nécessaire.
     
  11. moune

    moune

    Inscrit:
    24 Juillet 2015
    D'habitude j'utilise la métaphore du colosse aux pieds d'argiles,pour désacraliser leur bourreau,leur donner la force de pouvoir l'affronter,ou simplement comprendre que tout le monde a ses failles ,même le plus puissant des puissants.
    Je ne voulais pas aller plus loin,de prendre la casquette du psychologue que je ne suis pas,mais je pense qu'avec vos explications,je peux aller au delà:

    Leur redonner confiance en elles,pour pouvoir affronter leur bourreau,ou tout simplement comprendre que tout le monde a ses failles,même le plus puissant des puissants
    leur faire comprendre qu'elles ont une valeur et ne sont pas des poupées dépersonnalisées,
    qu'elles sont fortes ,bien plus que celles qui vivent dans une cage dorée
    qu'elles ne sont pas des paillassons sur lesquels on s'essuie les pieds
    Qu'il existe un numéro vert qui permet de les aider,des assistantes sociales pour les aider
    Que le plus petit changement va entrainer la méga avalanche qui va leur permettre de fuir ce monde hostile
    (tout ça en plusieurs fois bien sûr pour les faire cheminer,gagner leur confiance)

    :eek:
    PS:vous me devez maintenant 60 euros!(car payer engage à la guérison!)
     
  12. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Tu peux peut-être rajouter qu'elles peuvent allez suivre des cours d'auto défense cela donnera sans doute des forces supplémentaires.
     
  13. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Rester est parfois plus simple, que de se retrouver sans rien, de devoir chercher un travail, se loger etc. Ne plus avoir la force de faire tout ça, ne pas savoir s'y prendre, s'en sentir incapable. Passer d'une belle maison au RSA etc... Avoir plus peur d'affronter tout ce monde extérieur que de subir ce qui est connu.

    Combien de femmes restent par dépit ?

    Le premier pas peut être de commencer par se respecter. De retrouver de l'énergie et des forces pour pouvoir envisager de partir, et de mettre en place les actions pour.
     
  14. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Une femme battue pour la première fois, si elle a les ressorts psychologiques pour le faire, va partir. Celle qui ne le fait pas, n'a pas ces ressorts psychologiques pour faire cette démarche dumoins toute seule.
    Si elle consulte, c'est vraisemblablement qu'elle pourra être en mesure de la faire, sinon elle ne consultera même pas.

    Il y a des "bourreaux" et des "victimes" aussi. Les deux s'attirent. Il va falloir apprendre à ces femmes de sortir de cette logique de victime : tout un travail !
     
  15. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    hummm oui et non ce n'est pas toujours le triangle de karpman.

    Puisque là on a souvent a faire avec un véritable manipulateur, qui ne montre son visage qu'après quelques temps.
    Dans ce cas là c'est réellement une victime au sens propre.
     
  16. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    La personne, une fois qu'elle aura constaté le fait d'être avec un manipulateur, elle va s'en aller. Celle qui est a toujours eu ce rôle de victime, ne s'en ira pas. La différence est là.

    On peut tous et toutes se faire avoir. Juste qu'on y reste pas.
     
  17. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Tu oublies le syndrome de stockholm.
     
  18. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    A mon sens, il ne se crée pas en un jour. Il s'applique par exemple en cas de captivité forcée, pas par exemple dans un milieu plus ouvert où on peut quitter la situation assez simplement.
     
  19. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Bien sur qu'il ne se crée pas en un jour, on pense que le milieu est plus ouvert (vu de l'extérieur je suis bien d'accord) sauf que quand on est a l'intérieur, le milieu est assez restreint.
    C'est pour cela que c'est assez complexe.
     
  20. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Vécu de l'intérieur, oui, ça peut-être une véritable prison.
     
  21. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Scier les barreaux et s'évader pour trouver sa vrai liberté.
     
  22. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Le problème c'est que certains, sitôt libérés de prison, font alors tout pour se faire ré-incarcérer rapidement lorsqu'ils se rendent compte qu'ils ne trouvent pas de raison de vivre hors de "leur" prison.

    Mais c'est vrai qu'en prison, çà manque d'assistants sociaux, de psychologues, et de psychologie tout court, pour apprendre à se ré-insérer socialement!

    (j'ai pas fait de taule, mais j'ai fait des stages de visiteur de prison...
    Et j'ai compris ces choses indicibles. :oops:

    De réussir à mettre en confiance "ces gens là" c'est comme vouloir apprivoiser des fauves.

    Faut du temps, de la patience et beaucoup d'hypnose.

    Ce sont des colosses, des lobosses, mais ils ont plein de points faibles +++

    :rolleyes:
     
  23. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    Tout à fait c'est pour cela qu'il faut une thérapie et un bon suivi psychologique.
     
  24. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    On peut aussi travailler avec elle sur :
    le paradoxe de la femme battue.

    Voir son système de résonnement par rapport à son système de valeur.

    Quelle valeur perso lui reste-t-il au fond d'elle pour rebondir sur elle.
     
  25. moune

    moune

    Inscrit:
    24 Juillet 2015
    Peux tu développer l'idée du paradoxe?
    Car pour moi ,je résume leur problème comme je l'ai dit plus haut:
    Elles sont liées et maintenues pour et à cause du problème financier
    Hormis celles qui sont maso et en retirent du plaisir ou de l'excitation
     
  26. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Regarde ces jeunes filles, encore ados, jolies, sympas, qui sont parties faire de "l'aide humanitaire" dans un réseau "idéal" et qui se retrouvent amoureuses d'un djihadiste radical avec qui elles fondent une famille et espèrent vivre heureuse là-bas, tout là-bas...

    Elles "étaient" de bonne famille avec des parents aimants et maman garde le contact par internet et envoie de l'argent pour les petits.

    Le mec est mort dans son dernier combat-attentat.
    Et si elle revient en France, on la jette en taule.

    Elle est était folle amoureuse de son mec

    Amoureuse d'un bourreau

    Mais amoureuse à jamais de lui...

    L'analogie est identique pour la femme islamique classique.
    Se résigner à son triste sort.
    Sinon la mort.

    Comment sortir de ce paradoxe?

    Regarde le terroriste îslamiste qui a poignardé ses matons pour éviter d'être extradé et s'éviter la peine de mort aux USA.

    Fait savoir creuser, en psycho.
    Mais faut bien savoir que c'est pas toujours clean.

    Et qu'on est parfois pris dedans

    Dans le paradoxe du thérapeute

    Dans le paradoxe de l'épuisement compassionnel
    Un haut risque en thérapie.
    Comme d'être médecin du RAID...
     
  27. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Certains/certaines cherchent une solide solidarité
    Mais font l'inverse, font cavalier seul et prennent pas le bon cheval.
    Ni la bonne écurie.
    Et se retrouvent en errance.
     
  28. cabinet briare hypnose

    cabinet briare hypnose

    Inscrit:
    24 Août 2017
    Le lien d'attachement s'ancre dans la douleur d'être battu comme dans le bonheur : le programme est exactement le même. Le jugement est toujours d'ordre moral, même si je partage qu'il y a des salauds sur terre ce n'est pas aidant pour la personne à qui je le dis et qui vit une souffrance ancrée dans un lien affectif. Le lien affectif ainsi créé est identique à l'allégorie de la caverne de Platon. La condition humaine dans son rapport à la connaissance c'est d'abord de savoir si je veux de la connaissance, si je vais la supporter, si finalement je suis pas en danger si j'ai cette connaissance. Le processus de décision est essentiel. J'ai un peu d’expérience et c'est délicat car la personne vient souvent pour faire un break avec l'hypnose et pas pour engager un changement, mais j'accepte car c'est déjà une aide même si mettre mon jugement entre parenthèse est un effort, il est moins un effort que son premier pas, qui peut-être sera décisif. Voilà en données brutes comment je m'y prends pour affronter la bête à distance qui a créé ce lien d'attachement malsain et violent.
    "le chemin sera très escarpé, et au bout du chemin, tu pourras déposer ton sac à dos, et regarder ce qui il y a dedans ? peut être pour la première fois ! et ensuite tu peux jeter du haut de la montagne ou t'a mené ce chemin escarpé toutes les choses dont tu n'as plus besoin, en même temps tu te sens plus libre mais avec des choses qui te manquent, il y a toujours une raison si tu gardes des choses inutiles pour toi et parfois dangereuses ou violentes pour toi, mais tu peux t'en séparer car elles ont du désagréable et que tu as le droit de t'autoriser à avoir de l'agréable, car il y a un avant et un après, et tu peux couper le morceau de film du "pendant" et raccorder "l'avant" et "l’après". Tu peux visualiser "avant", faire une pause sur l'image. Tu peux imaginer "après" et c'est un autre film que tu vas raccorder à l'image sur pause qui t'attend....
     
  29. Emma0657

    Emma0657

    Inscrit:
    7 Octobre 2015
    je rajouterais en plus des propositions de MOune et Nossolar, du syndrome de stockholm, le travail sur la culpabilité. Elles/ils ont du mal à dire non et celui qui frappe joue sur la culpabilité : j'ai besoin de toi, je peux pas vivre sans toi, etc.
     
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