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Hypnose médicale : entrez dans la transe
Libération par Stéphanie Harounyan — 14 juin 2018

https://www.liberation.fr/france/2018/06/14/hypnose-medicale-entrez-dans-la-transe_1659192

La docteure Anne Champenois et l’infirmier Franck Serre pratiquent tous les deux l’hypnose, à Marseille.
Alors qu’un congrès international se tient actuellement à Saint-Malo sur cette pratique, «Libération» a suivi une équipe du Samu de Marseille qui s’en sert pour calmer les patients.


Hypnose médicale : entrez dans la transe

Joséphine, 83 ans, s’est fracturé la jambe en tombant. Quand l’équipe du Samu 13 débarque dans son appartement du 11e arrondissement marseillais, en pleine nuit, la vieille dame est allongée sur son lit, les yeux affolés. Les pompiers s’affairent, sortent l’attelle qui va bientôt enserrer sa jambe et attendent. Anne Champenois, médecin urgentiste, jette un œil au dossier de la patiente. Elle lui caresse le bras, lui explique doucement qu’on va s’occuper d’elle, puis donne le feu vert à Franck Serre, l’infirmier qui l’accompagne. Il s’approche du visage de Joséphine et pose un masque relié à un gaz décontractant. «Vous allez écouter ma voix et prendre une grande inspiration… Vous allez sentir une détente qui va s’installer en vous… C’est bien…» murmure-t-il à son oreille. Joséphine garde les yeux ouverts. Son visage, jusqu’alors blême, se colore à nouveau, sa respiration se calme. Franck Serre lui sourit. La transe hypnotique a commencé, les pompiers vont pouvoir poser l’attelle.

Gérer la douleur par l’hypnose, c’est justement le thème du Congrès international d’hypnose médicale, qui se tient ce jeudi à Saint-Malo, en Bretagne. Durant trois jours, un millier de participants - médecins, infirmiers, sages-femmes… - du monde entier partagent leurs expériences en la matière. En France, ils sont près de 15 000 soignants formés à cette pratique, qui reste pourtant confidentielle. La faute à une méfiance persistante du corps médical, dont la majorité demande encore à être convaincue des vertus de l’exercice.

Cette méfiance, Anne Champenois l’avait aussi. Médecin depuis 1989, l’urgentiste pragmatique a totalement changé d’avis après avoir passé, il y a deux ans, un diplôme universitaire d’hypnose médicale. «Au Samu, on travaillait déjà sur la prise en charge de la douleur, raconte-t-elle. On avait déjà essayé plusieurs choses, notamment au niveau médicamenteux. Charlotte Debeaume, elle aussi médecin dans le service, avait envie d’essayer l’hypnose. J’y suis allée comme ça, pour voir.» Lors du premier cours, leur formatrice, Flavie Derynck, demande à chaque participant de se présenter. Juste à côté d’Anne Champenois, une jeune fille se lance… et tombe soudain dans un état inconscient. «Là, ça a commencé à m’impressionner, reconnaît Anne Champenois. J’ai dit à Flavie que je ne voulais pas qu’elle me fasse son truc avant d’avoir compris !»
La formation lui fournit les clés pour comprendre la technique, qui peut être associée à toutes les spécialités médicales. Pour l’urgentiste, qui doit gérer la douleur et le stress des patients en intervention, les potentialités sont prometteuses :

«L’une des composantes de la douleur, ce sont les souvenirs que l’on en a, explique le docteur Champenois.

En fait, quand il a mal, le patient est déjà en transe négative.

Le principe de l’hypnose, c’est de court-circuiter ces souvenirs de douleur et de transformer la transe négative en transe positive.»

Transporté par l’hypnose dans un lieu sécurisant, le patient ne focalise plus sur sa souffrance.

La théorie en poche, il faudra encore une première intervention marquante pour qu’Anne Champenois soit définitivement conquise. «C’était sur un accident horrible, se souvient-elle. Il y avait quatre morts, et la seule survivante devait être extraite de la voiture en passant par-dessus les cadavres. On avait un peu de temps, je me suis donc approchée pour lui parler. Je lui ai suggéré d’aller à la plage. Comme je n’étais pas très sûre de moi, j’ai quand même demandé à l’infirmier de lui injecter des drogues. Arrivé aux urgences, Franck est venu me voir : la perfusion avait été mal mise, c’était donc l’hypnose qui l’avait apaisée. J’ai couru aux urgences : il fallait la réveiller de sa transe !»

Dès lors, le docteur Champenois va totalement bouleverser sa pratique. «Au début, on essaye, ça ne marche pas, explique-t-elle. Parfois, on n’arrive pas à capter l’attention du patient, alors on arrête et on met la perfusion. Et puis on s’adapte, on change nos scénarios. Il faut oser, surtout quand on est au milieu d’une équipe…»
Les premiers temps, certains confrères se montrent sceptiques. «Les infirmiers se moquaient un peu, disaient qu’on allait faire une intervention avec Messmer ! [célébrité de l’hypnose, ndlr] plaisante le médecin. Mais, en nous voyant pratiquer, ils ont vu les effets.» C’est ce qui a poussé Franck Serre, l’infirmier, à se former lui aussi. «Ça a tout changé dans ma pratique, assure-t-il. Avec le temps, on devient de bons techniciens, mais on se déshumanise. Le système nous pousse à ça. Avec l’hypnose, on revient à l’humain.»

Gaz hilarant

Aujourd’hui, ils sont déjà trois à avoir suivi le cursus au sein du Samu. Si certains collègues blaguent encore, Alexandre Dehaye, un autre infirmier, s’est laissé convaincre. «J’ai toujours été très réticent, confesse le jeune homme. Je voyais le côté "télé" de l’hypnose. Mais j’ai vu Anne et Charlotte travailler… et puis, je l’ai vécu. L’an dernier, j’ai eu un accident de moto, j’avais une grosse fracture et c’est Charlotte qui est intervenue. Elle m’a parlé de mer, de plage. Aujourd’hui encore, j’ai toujours cette image. Certes, j’ai aussi reçu des antalgiques, mais elle a réaxé mon tibia et à aucun moment, je n’ai eu mal. Et quand j’ai retrouvé mes esprits, j’étais aux urgences.»
Ce samedi après-midi, l’infirmier était au côté de Charlotte Debeaume lors d’une intervention sur un stade de foot. Brahim, 11 ans, est tombé sur son bras en jouant. Sur place, le docteur Debeaume a d’abord vérifié l’état de santé du garçon : l’avant-bras est fracturé, il a mal. «Je lui ai demandé ce qu’il aimait faire et c’est parti de là», raconte-t-elle. Un détour sur une plage, un bateau qui navigue, un déplacement sur un transat avec une serviette de l’OM et sans s’en apercevoir, Brahim s’est retrouvé sur le brancard, sa fracture réduite. «Il n’a pas été perfusé, juste un peu de gaz hilarant. L’os de son avant-bras faisait un V, il n’a même pas cligné de l’œil ! Et on lui a évité des drogues inutiles», note Alexandre Dehaye qui, en attendant de suivre les cours, a déjà changé son attitude sur le terrain. «Je fais plus attention au ressenti des patients, souligne-t-il. De par notre formation, on ne jure que par la morphine. On se concentre sur le médical. Sauf qu’on se rend compte que ce contact verbal permet de rassurer les patients et ils adhèrent plus au processus de soins.»

Ce «langage thérapeutique», première étape avant l’hypnose à proprement parler, les docteures Champenois et Debeaume en ont fait le thème d’une formation qu’elles délivreront prochainement à l’ensemble du personnel du Samu. Le diplôme universitaire d’hypnose médicale, lui, attire chaque année de plus en plus de soignants. «Petit à petit, on avance», assure Anne Champenois, qui espère désormais un cadre légal plus strict. «L’hypnose et la loi» sera d’ailleurs l’un des thèmes abordés lors du congrès de Saint-Malo.


Joséphine, la dame de 83 ans, est enfin arrivée aux urgences. Durant tout le trajet vers l’hôpital, Franck Serre est resté à ses côtés. Joséphine l’a peut-être entendu évoquer son salon et les deux fauteuils douillets où il doit faire bon somnoler après le repas. Lorsque les portes du véhicule du Samu s’ouvrent, la Marseillaise a toujours les mains qui tremblent et les yeux grands ouverts. Mais elle n’a pas poussé un cri depuis sa prise en charge à domicile. Franck Serre s’approche une dernière fois d’elle. «Vous pouvez revenir avec nous, ici et maintenant», lui souffle l’infirmier.

Joséphine regarde autour d’elle, capte le regard d’Anne Champenois qui lui sourit et se met enfin à parler : «Bonjour Madame, qu’est-ce qu’on fait là ?»
 
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pattard 3

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Tout ça est intéressant , mais pour le moment la pratique de l'hypnose à l'hôpital n'est pas très développée , même si certains essaient de développer la pratique.

Mi janvier , Scanner dans un hôpital , dans la salle d'attente , deux affiches , incitant à demander la participation d'un praticien en hypnose.

Je demande à la fille qui vient me chercher pour le scanner si ça s'applique , réponse , non , si vous étiez tendu , mais , la ça n'est pas le cas..... en effet.

En sortant , le résultat du scanner est inexploitable , il faudra une coronarographie ,
Ok , vous avez deux affiches dans la salle d'attente concernant un hypnose; est ce que ça s'applique à une coronarographie?

. Réponse dilatoire.

Prise de rdv par l'hopital , secrétaire charmante, je lui touche un mot sur les affiches de la salle d'attente.
Elle botte en touche.

Hospitalisation préparation à l'examen , de nouveau quelques mots à l'infirmier à propos d'hypnose, il est intéressé , en a entendu parler , mais , n'est pas formé.

Voila , du concrêt

Il parait qu'au Canada ,dans certains hôpitaux ils font des coloscopies sous hypnose , est ce que certains ont des info fiables sur la question?
 
surderien

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pour le moment la pratique de l'hypnose à l'hôpital n'est pas très développée

çà dépend où.
Partout où je suis passé il y avait des personnes qui pratiquaient et d’autres qui ne la pratiquaient pas.

‘c’est pareil pour la religion, tu peux passer une coronaro dans une clinique privée protestante ou dans un hosto du cœur.

L’important c’est que l’hypnose vienne du cœur ♥️

C’est celle là la meilleure…

Mais malheureusement celle là, il n’y a pas de diplôme pour l’évaluer !

🥰
 
surderien

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L’hypnose c’est de savoir emmener la personne dans le second degré, et ce n’est pas donné à tout le monde d’accepter d’y aller…
 
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Celui qui pratique bien son art professionnel est dans l’hypnose de l’art et rien qu’à le voir on voit tout de suite que c’est un pro et que c’est rassurant d’être rassuré.

C’est pareil dans toutes les professions.
🧑‍💻
 
moune

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il y en aura de moins en moins car la profession veut limiter sa pratique aux médecins détenteurs du savoir médical et aux infirmières de bloc et d’anesthésie sous couvert d’un médecin formé à l’hypnose
 
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L’entretien motivationnel est en lui-même hypnotique avec un minimum d’expérience.
Ce sont les commerciaux qui le maîtrisent le mieux
La plupart des soignants solidaires savent l’utiliser au quotidien, sans diplôme.
Juste un peu de savoir faire et d’empathie en miroir…
Et dans une équipe solidaire tout est possible !

Mais chut !
Laissons l’exclusivité de ce commerce aux diplômés.

Et les mille et uns voyages divers, aux imaginateurs…

Libres de leur liberté bienveillante…

⛺️

🏖

🏄‍♂️
 
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il y en aura de moins en moins car la profession veut limiter sa pratique aux médecins détenteurs du savoir médical et aux infirmières de bloc et d’anesthésie sous couvert d’un médecin formé à l’hypnose
Ça fait pas grand monde.

C'est sans doute en réaction à un grand n'importe quoi actuel. Il n'y a pas très longtemps un gars avait mis un lien sur ce forum , il proposait des liens .
En suivant ces liens , on arrivait à une formation à l'hypnose par vidéo uniquement , formation au bout de laquelle on pouvait s'installer hypnotiseur avec des séances , toujours selon ses dires entre 60 et 120€

Si une telle réglementation se met en place , quelle sera la situation des hypnotiseurs déjà en place?
.il

La plupart des soignants solidaires savent l’utiliser au quotidien, sans diplôme.
Juste un peu de savoir faire et d’empathie en miroir…
Et dans une équipe solidaire tout est possible !
C'est sur que les diplômes ne font pas tout , sans doute surtout dans les relations humaines telles qu'elles se présentent en hypnose.

Maintenant , un peu de savoir faire et d'empathie en miroir, je ne suis pas sur .

Par exemple en regardant cette toute récente vidéo


Le dentiste a l'air très sur de lui , son " empathie" semble un peu bourrin et doit poser de sacrés problèmes aux patients qui détectent la manipulation, la "supercherie"

Il faut que l'empathie soit réelle , ne sonne pas faux , fabriquée.

Et même quand cette empathie est réelle , elle n'est pas forcément souhaitée

Ça me fait penser à un proche atteint d'un cancer , il a de la famille dans le service qui traite son cancer, un médecin,
ce médecin l'oriente vers une oncologue connue pour son" humanité" , son empathie .....

En arrivant , elle entame la consultation en l'interrogeant sur sa carrière , les pays ou il a travaillé....

Plus ça va , plus le patient boue et est on ne peut plus mal à l'aise . Il veut savoir s'il va pouvoir finir le boulot sur un projet important où s'il doit passer le bébé à un autre ,
il veut savoir ce que l'oncologue va lui proposer comme traitement ....
.il n'a aucune envie de parler de sa carrière à une oncologue ou à quiconque excepté des gens travaillant dans le meme domaine et aptes à comprendre ce qu'il peut en dire, aucune envie de parler des différents pays où il a séjourné , où éventuellement , il se rend encore, la , le un peu de savoir faire , d'empathie ne va pas rassurer le patient, au contraire.

C'est un exemple récent , j'en ai plusieurs autres du même niveau , un peu plus anciens.
Imaginez un ingénieur travaillant dans l'industrie nucléaire et que son médecin cherche à "faire parler " pour le détendre , alors qu'il a la culture du secret chevillée au corps.

Imaginez un habilité défense avec qui vous allez chercher à établir une proximité humaine , loin de son problème ...
 
moune

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le patient peut refuser de répondre aux questions qu’il semble intrusives par contre il peut prendre la main et exposer celles qui le tracassent sur le moment ?
est-ce que la chimio ne le fatiguera pas trop car j’ ai un projet professionnel en cours que j’aimera finaliser à tous prix?
Dois -je former dès maintenant une personne pouvant me décharger du plus lourd
Combien estimez-vous mes chances de survie ?
 
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j’ ai eu un jour un patient pour une séance qui s’est présenté avec un œil au beurre noir
Il m’a dit avoir des problèmes avec son ado rebelle surprotégé par sa mère et a refuser de le travailler avec moi disant que je n’etais pas psy
libre à lui de rester dans son cercle vicieux
Le patient doit toujours rester acteur de sa prise en charge pour qu’elle prenne justement
 
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« Il faut que l’empathie soit réelle, sonne pas faux, fabriquée… »

L’hypnose permet de laisser le choix à la personne…

Les « il faut » disparaissent
Tout résonne comme la personne le souhaite.
On peut juste la raisonner un peu.
Le dentiste demandera pourquoi elle souhaite vraiment se faire soigner les dents…
Sinon c’est qu’elle n’a besoin, ni du dentiste, ni de son hypnose qui le forcerait à la forcer…
L’empathie est source de confiance et de rassurance mutuelle.
Sinon, il faut changer de métier…
😌
 
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