1. Visiteur, Vous avez une question sur l'Hypnose, Posez là sur le Forum

Rejeter la notice

Accédez librement à l'ensemble du forum de l'Hypnose + 30 000 Membres Vidéos, Mp3, Livres, Média, Liens et + encore...

Perdre et trouver la parole

Discussion dans 'Hypnothérapie' créé par Kamou, 15 Mai 2013.

  1. Kamou

    Kamou Membre

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Messages:
    616
    J'aime reçus:
    0
    Points:
    1460

    En tant qu'invité, vous n'avez pas accès à la totalité de cette conversation --> Enregistrez-Vous Maintenant

    bonjour,

    Avez-vous déjà soigné des personnes ayant la sensation d'avoir perdu la capacité de s'exprimer ? Ou du moins qu'elle s'est nettement détériorée ?

    Si oui, êtes-vous parvenu à les mettre à nouveau en lien avec la "source" ?

    Comment avez-vous fait ?

    Comment en sont-ils arrivés là, d'après eux ? Et d'après vous, qu'est-ce qui a ou peut provoquer le tarissement du "dire" ?

    Merci
     
  2. undy

    undy Membre

    Inscrit:
    26 Mai 2011
    Messages:
    326
    J'aime reçus:
    9
    Points:
    1730
    Localité:
    Villeurbanne (France)
    C'est une allusion à ceux qui perdent la capacité de s'exprimer après que leur topic soit pris d'assaut et noyé dans autre chose ici? :lol:
     
  3. Kamou

    Kamou Membre

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Messages:
    616
    J'aime reçus:
    0
    Points:
    1460
    Ce n'était pas l'intention, mais j'ai cliqué sur "envoyer" alors le sens de ce message ne m'appartient plus tout à fait :)
     
  4. surderien

    surderien Moderateur Membre de l'équipe

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Messages:
    6104
    J'aime reçus:
    455
    Points:
    6680
    Localité:
    Suscinio 56
    Belle question Kamou !

    la capacité du "dire" quelque chose fait intervenir le parler et le contenu du parler ( comme le mot danger a la syntaxe de dire le mot "danger" et parallèlement le cerveau d'interpréter ensuite la sémantique émotionnelle du contenu danger ! à transmettre s'il a déjà été appris, intégré, "cortiqué"...)

    Une atteinte aux différents niveaux de la construction et de l'expression du mot danger peut perturber les choses, et si la personne pense qu'il y a du danger pour elle de parler et/ou qu'elle n'a pas envie de parler du "danger" il y a un niveau de blocage de plus

    une technique c'est d'expliquer et de décrire le comment se passe la construction neurologique du "parler" en direct scientifique neuro-fonctionnel, ou en métaphorique hypnotique ou en associant/alternant les deux...comme j'essaie de le faire dans ma phraséologie ici...

    après si la personne n'a toujours pas envie de parler c'est peut-être qu'elle n'a finalement pas envie de parler parce qu'elle n'en voit pas l'intérêt...
    de parler de pourquoi elle ne veut/peut pas parler et en dire plus...
    ou parce qu'elle ne comprend rien à l'hypnose neuro-fonctionnelle !
    (encore appelée par certains PNL.)

    ou bien parce qu'elle reste "muette" ou "ralentie" de par une organicité :
    oligophrénie, hypothyroidie, vasculopathie, neuropathie, myasthénie, myopathie...de son système neuro-phraséologique et mnésique.

    Pour évaluer les capacités réelles de la personne, ses détériorations et le capital de communication restant, on peut aussi s'aider de grilles d'évaluation comme le font les neurologues et les orthophonistes...

    8)
     
  5. Kamou

    Kamou Membre

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Messages:
    616
    J'aime reçus:
    0
    Points:
    1460
    Le blocage au second niveau m'intéresse plus personnellement : en admettant qu'il n'y a pas de cause physiologique, de quoi peut-il s'agir ? Et quel lien peut-il y avoir avec les émotions ? Par exemple, réprimer violemment nos émotions (par hypersensibilité par exemple, ou pour éviter la propagation d'un évènement traumatisant) et les "enfouir" pour qu'elles ne nous affectent plus (ce n'est pas évidemment conscient mais c'est bien ce dont il s'agit, non ?), cela ne va-t-il pas provoquer une stase du "dire" ? Quel rôle jouent les émotions dans l'expression ? Comment libérer tout cela, comment défaire le noeud si émotions et parole sont dans une logique de "ravalement" ? Sans une intervention extérieure, ça semble impossible, puisque l'un n'alimente plus l'autre et vice versa ?

    Oui, c'est souvent mon cas, d'autant plus que j'ai parfois le sentiment que la personne s'efforce de parler par effroi du silence et ça m'énerve : soit tu as un problème avec ma présence, soit tu as un problème avec ta présence, mais par pitié arrêtes de jacasser ! il faut aussi reconnaître que les discussions "banales" sont importantes pour dire à l'autre qu'on l'aime et qu'il compte, pour maintenir du lien etc. vu l'anonymat en toile de fond dans les esprits, il faut sans cesse être rassuré sur sa valeur, et qu'on nous accorde une oreille et qu'on partage un quelque chose est déjà en soi réconfortant. Bref, aucun intérêt à forcer quelqu'un à parler s'il n'en a pas envie, nous sommes sur la même longueur d'onde.

    Là je ne comprends plus :?:
     
  6. Prudence

    Prudence Moderateur Membre de l'équipe

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Messages:
    3728
    J'aime reçus:
    452
    Points:
    6780
    Localité:
    Nancy
    Dans la vie de tous les jours ça arrive de croiser des personnes qui pendant un temps s'embrouillent, ont du mal à s'exprimer, bloquent, buttent sur les mots, les phrases. Généralement, je dis "stop! ... Maintenant respire... Respire un grand coup" ou quelque chose d'approchant. Ça fonctionne bien quand la pensée ou l'émotion sont trop fort ou vont trop vites pour la parole, ça permet à la personne de reprendre son souffle, de se calmer (étirement du diaphragme) et de gagner quelques secondes pour réorganiser ce qui doit sortir. Mais là ce n'était pas du soin, ni un tarissement progressif, chronique, mais plutôt des blocages aigus, précis.

    Sinon il y a aussi les personnes qui ont côtoyé trop de personnes ne sachant pas écouter (les jugeant, les coupant, leur donnant des conseils, sans juste être présent et entendre ce que la personne a à dire) et la personne finit par ne plus essayer puisqu'elle se retrouve toujours face à un mur. Dans ces cas là ça m'est arrivé de rassurer la personne, après tout c'est ça l'intelligence: s'adapter pour ne pas reproduire en permanence des échecs et remettre les choses en contexte: que ce n'est pas parce qu'il/elle n'a pas pu être entendu par les personnes avec qui il/elle a essayé que personne ne peut... et surtout la preuve par l'exemple, juste écouter pour que l'autre puisse parler.

    Et puis il peut y avoir d'autres raisons, pas envie de communiquer, d'aller vers l'autre, dépression... à voir en fonction des cas. Qu'elle est l'origine du problème ou que peut-on faire pour l'arranger? Travailler dessus directement (sur la parole) ou indirectement (créativité, désir de produire quelque chose)...?
     
  7. Kamou

    Kamou Membre

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Messages:
    616
    J'aime reçus:
    0
    Points:
    1460
    Merci c'est très bien répondu

    Pour le cas en question :


    Les origines sont claires et ne peuvent être défaites. La question devient : du reste de notre vie, qu'est-ce qui peut être l'origine d'autre chose ?

    plutôt travailler directement sur la parole donc. La prise de parole mais pas en public; quand la charge affective est forte, avec les proches ou dans des relations plus directes. Pour la créativité j'ai l'impression que ça va, si ce n'est qu'elle est insuffisante à contrer ce problème relationnel.

    Pour résumer, ce qu'il se passe c'est d'une part une sorte de "brain freeze" avec une grande confusion émotionnelle, et d'autre part le sentiment d'une distance infranchissable entre soi et l'autre. C'est circonscrit à quelques personnes à l'origine mais ça tend à s'étendre comme si la relation à soi avait été abîmée et que l'ensemble des relations aux autres se détériorait.
     
  8. Prudence

    Prudence Moderateur Membre de l'équipe

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Messages:
    3728
    J'aime reçus:
    452
    Points:
    6780
    Localité:
    Nancy
    Si c'est une contamination, ça peut éventuellement être intéressant de trouver l'origine pour bien réaffirmer que c'était une situation et pas quelque chose à généraliser, sinon reprendre cette idée que si une relation a été abîmée les autres n'ont pas à en pâtir. Quand les personnes généralisent comme ça (j'ai parlé à plusieurs hommes qui avaient peur, détestaient ou évitaient l'intimité avec les femmes à cause d'une première expérience amoureuse qui s'était mal finie) je fais parfois le parallèle avec des situations qui ne sont pas acceptées "et si tu avais été agressé par un noir, tu deviendrais raciste et tu penserais qu'ils sont tous méchants?" ou absurdes "Et si un nain unijambiste t'avait fait une queue de poisson tu penserais que tous les nains unijambistes sont des conducteurs fous?". Il y a aussi tout ce qui est pensée réaliste ou non (pas réaliste si: dépend des autres (les changer), toujours/jamais...) et ça peut être intéressant de travailler là dessus.
    Ça m'évoque un mécanisme de phobie (avec l'évitement, la contamination et extension du phénomène), ça résonne ou pas?
     
  9. katia (zoulouk)

    katia (zoulouk) Membre

    Inscrit:
    22 Avril 2009
    Messages:
    3091
    J'aime reçus:
    2
    Points:
    2320
    Un exemple me vient en tête d'une personne qui est bloquée dans son expression (débit très lent, recherche de mots, pas envie de s'exprimer)

    Ce que la personne affirme "ce que je dis n'interesse personne alors pas la peine de parler "

    Il y a ainsi une boucle qui se crée d'autoréalisation prédictrice, et ceci étant dû à son entourage immédiat qui n'écoute pas ce que cette personne dit (expérience mille fois répétée et toujours la même)

    Il y a un problème de confiance en soi surtout, d'estime de soi, d'avoir l'idée de ne pouvoir intéresser personne

    Que faire ?

    Dans un premier temps écouter avec intérêt ce que la personne dit, de façon à ce qu'elle puisse se dire "eh, bien il y a quelqu'un que mes propos interessent, pourquoi pas d'autres alors ?

    Et travailler sur cette idée (" ce que je dis n'interesse personne = je n'interesse personne" pour la jeter progressivement hors d'elle...

    C'est une démarche qui je pense demande du temps pour pouvoir s'approprier cette réalité (et aussi savoir réagir aux propos des autres quand on parle plus, ce qui modifie la situation antérieure bien connue)
     
  10. Prudence

    Prudence Moderateur Membre de l'équipe

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Messages:
    3728
    J'aime reçus:
    452
    Points:
    6780
    Localité:
    Nancy
    Effectivement, comme Katia, je sens aussi un cercle vicieux dans ce dont tu parles. Reste peut être à avoir un peu plus de détails sur la ou les croyances du cercle (ici Katia pensait à l'idée "de ne pouvoir intéresser personne").
     
Chargement...