Perdre et trouver la parole

Discussion dans 'Hypnothérapie' créé par Kamou, 15 Mai 2013.

  1. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    bonjour,

    Avez-vous déjà soigné des personnes ayant la sensation d'avoir perdu la capacité de s'exprimer ? Ou du moins qu'elle s'est nettement détériorée ?

    Si oui, êtes-vous parvenu à les mettre à nouveau en lien avec la "source" ?

    Comment avez-vous fait ?

    Comment en sont-ils arrivés là, d'après eux ? Et d'après vous, qu'est-ce qui a ou peut provoquer le tarissement du "dire" ?

    Merci
     
  2. undy

    undy

    Inscrit:
    26 Mai 2011
    C'est une allusion à ceux qui perdent la capacité de s'exprimer après que leur topic soit pris d'assaut et noyé dans autre chose ici? :lol:
     
  3. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Ce n'était pas l'intention, mais j'ai cliqué sur "envoyer" alors le sens de ce message ne m'appartient plus tout à fait :)
     
  4. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Belle question Kamou !

    la capacité du "dire" quelque chose fait intervenir le parler et le contenu du parler ( comme le mot danger a la syntaxe de dire le mot "danger" et parallèlement le cerveau d'interpréter ensuite la sémantique émotionnelle du contenu danger ! à transmettre s'il a déjà été appris, intégré, "cortiqué"...)

    Une atteinte aux différents niveaux de la construction et de l'expression du mot danger peut perturber les choses, et si la personne pense qu'il y a du danger pour elle de parler et/ou qu'elle n'a pas envie de parler du "danger" il y a un niveau de blocage de plus

    une technique c'est d'expliquer et de décrire le comment se passe la construction neurologique du "parler" en direct scientifique neuro-fonctionnel, ou en métaphorique hypnotique ou en associant/alternant les deux...comme j'essaie de le faire dans ma phraséologie ici...

    après si la personne n'a toujours pas envie de parler c'est peut-être qu'elle n'a finalement pas envie de parler parce qu'elle n'en voit pas l'intérêt...
    de parler de pourquoi elle ne veut/peut pas parler et en dire plus...
    ou parce qu'elle ne comprend rien à l'hypnose neuro-fonctionnelle !
    (encore appelée par certains PNL.)

    ou bien parce qu'elle reste "muette" ou "ralentie" de par une organicité :
    oligophrénie, hypothyroidie, vasculopathie, neuropathie, myasthénie, myopathie...de son système neuro-phraséologique et mnésique.

    Pour évaluer les capacités réelles de la personne, ses détériorations et le capital de communication restant, on peut aussi s'aider de grilles d'évaluation comme le font les neurologues et les orthophonistes...

    8)
     
  5. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Le blocage au second niveau m'intéresse plus personnellement : en admettant qu'il n'y a pas de cause physiologique, de quoi peut-il s'agir ? Et quel lien peut-il y avoir avec les émotions ? Par exemple, réprimer violemment nos émotions (par hypersensibilité par exemple, ou pour éviter la propagation d'un évènement traumatisant) et les "enfouir" pour qu'elles ne nous affectent plus (ce n'est pas évidemment conscient mais c'est bien ce dont il s'agit, non ?), cela ne va-t-il pas provoquer une stase du "dire" ? Quel rôle jouent les émotions dans l'expression ? Comment libérer tout cela, comment défaire le noeud si émotions et parole sont dans une logique de "ravalement" ? Sans une intervention extérieure, ça semble impossible, puisque l'un n'alimente plus l'autre et vice versa ?

    Oui, c'est souvent mon cas, d'autant plus que j'ai parfois le sentiment que la personne s'efforce de parler par effroi du silence et ça m'énerve : soit tu as un problème avec ma présence, soit tu as un problème avec ta présence, mais par pitié arrêtes de jacasser ! il faut aussi reconnaître que les discussions "banales" sont importantes pour dire à l'autre qu'on l'aime et qu'il compte, pour maintenir du lien etc. vu l'anonymat en toile de fond dans les esprits, il faut sans cesse être rassuré sur sa valeur, et qu'on nous accorde une oreille et qu'on partage un quelque chose est déjà en soi réconfortant. Bref, aucun intérêt à forcer quelqu'un à parler s'il n'en a pas envie, nous sommes sur la même longueur d'onde.

    Là je ne comprends plus :?:
     
  6. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Dans la vie de tous les jours ça arrive de croiser des personnes qui pendant un temps s'embrouillent, ont du mal à s'exprimer, bloquent, buttent sur les mots, les phrases. Généralement, je dis "stop! ... Maintenant respire... Respire un grand coup" ou quelque chose d'approchant. Ça fonctionne bien quand la pensée ou l'émotion sont trop fort ou vont trop vites pour la parole, ça permet à la personne de reprendre son souffle, de se calmer (étirement du diaphragme) et de gagner quelques secondes pour réorganiser ce qui doit sortir. Mais là ce n'était pas du soin, ni un tarissement progressif, chronique, mais plutôt des blocages aigus, précis.

    Sinon il y a aussi les personnes qui ont côtoyé trop de personnes ne sachant pas écouter (les jugeant, les coupant, leur donnant des conseils, sans juste être présent et entendre ce que la personne a à dire) et la personne finit par ne plus essayer puisqu'elle se retrouve toujours face à un mur. Dans ces cas là ça m'est arrivé de rassurer la personne, après tout c'est ça l'intelligence: s'adapter pour ne pas reproduire en permanence des échecs et remettre les choses en contexte: que ce n'est pas parce qu'il/elle n'a pas pu être entendu par les personnes avec qui il/elle a essayé que personne ne peut... et surtout la preuve par l'exemple, juste écouter pour que l'autre puisse parler.

    Et puis il peut y avoir d'autres raisons, pas envie de communiquer, d'aller vers l'autre, dépression... à voir en fonction des cas. Qu'elle est l'origine du problème ou que peut-on faire pour l'arranger? Travailler dessus directement (sur la parole) ou indirectement (créativité, désir de produire quelque chose)...?
     
  7. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Merci c'est très bien répondu

    Pour le cas en question :


    Les origines sont claires et ne peuvent être défaites. La question devient : du reste de notre vie, qu'est-ce qui peut être l'origine d'autre chose ?

    plutôt travailler directement sur la parole donc. La prise de parole mais pas en public; quand la charge affective est forte, avec les proches ou dans des relations plus directes. Pour la créativité j'ai l'impression que ça va, si ce n'est qu'elle est insuffisante à contrer ce problème relationnel.

    Pour résumer, ce qu'il se passe c'est d'une part une sorte de "brain freeze" avec une grande confusion émotionnelle, et d'autre part le sentiment d'une distance infranchissable entre soi et l'autre. C'est circonscrit à quelques personnes à l'origine mais ça tend à s'étendre comme si la relation à soi avait été abîmée et que l'ensemble des relations aux autres se détériorait.
     
  8. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Si c'est une contamination, ça peut éventuellement être intéressant de trouver l'origine pour bien réaffirmer que c'était une situation et pas quelque chose à généraliser, sinon reprendre cette idée que si une relation a été abîmée les autres n'ont pas à en pâtir. Quand les personnes généralisent comme ça (j'ai parlé à plusieurs hommes qui avaient peur, détestaient ou évitaient l'intimité avec les femmes à cause d'une première expérience amoureuse qui s'était mal finie) je fais parfois le parallèle avec des situations qui ne sont pas acceptées "et si tu avais été agressé par un noir, tu deviendrais raciste et tu penserais qu'ils sont tous méchants?" ou absurdes "Et si un nain unijambiste t'avait fait une queue de poisson tu penserais que tous les nains unijambistes sont des conducteurs fous?". Il y a aussi tout ce qui est pensée réaliste ou non (pas réaliste si: dépend des autres (les changer), toujours/jamais...) et ça peut être intéressant de travailler là dessus.
    Ça m'évoque un mécanisme de phobie (avec l'évitement, la contamination et extension du phénomène), ça résonne ou pas?
     
  9. katia (zoulouk)

    katia (zoulouk)

    Inscrit:
    22 Avril 2009
    Un exemple me vient en tête d'une personne qui est bloquée dans son expression (débit très lent, recherche de mots, pas envie de s'exprimer)

    Ce que la personne affirme "ce que je dis n'interesse personne alors pas la peine de parler "

    Il y a ainsi une boucle qui se crée d'autoréalisation prédictrice, et ceci étant dû à son entourage immédiat qui n'écoute pas ce que cette personne dit (expérience mille fois répétée et toujours la même)

    Il y a un problème de confiance en soi surtout, d'estime de soi, d'avoir l'idée de ne pouvoir intéresser personne

    Que faire ?

    Dans un premier temps écouter avec intérêt ce que la personne dit, de façon à ce qu'elle puisse se dire "eh, bien il y a quelqu'un que mes propos interessent, pourquoi pas d'autres alors ?

    Et travailler sur cette idée (" ce que je dis n'interesse personne = je n'interesse personne" pour la jeter progressivement hors d'elle...

    C'est une démarche qui je pense demande du temps pour pouvoir s'approprier cette réalité (et aussi savoir réagir aux propos des autres quand on parle plus, ce qui modifie la situation antérieure bien connue)
     
  10. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Effectivement, comme Katia, je sens aussi un cercle vicieux dans ce dont tu parles. Reste peut être à avoir un peu plus de détails sur la ou les croyances du cercle (ici Katia pensait à l'idée "de ne pouvoir intéresser personne").
     
  11. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Oui je suis d'accord, mais comme je disais les origines "historiques" dans ce cas, sont claires et assez bien circonscrites. Le problème c'est que ça affecte l'estime de soi, et que cette estime de soi engage ensuite l'ensemble des relations qu'on peut entretenir, si rien ne vient contrecarrer cela.

    Puis vos messages à toutes les deux m'ont fait penser que j'ai mal pensé le problème : dans les relations avec les proches, notre parole ne nous appartient pas vraiment. par exemple si X ment à Y, et que Y l'apprend et lui tient rigueur, alors la parole de X est dévaluée et à l'avenir, lorsqu'il parlera à Y cela reviendra à parler à un mur, puisque sa parole n'a plus de valeur. Et il n'y peut rien faire que subir, car les relations nous engagent par dela soi-même, même si dans une certaine mesure il nous appartient de les plier selon nos intentions, mais jamais entièrement par soi-même.

    je ne sais pas si je suis clair. Je reviens plus tard pour des réponses plus détaillées.

    En tous cas merci à tous,

    Qui prétend qu'aucune discussion n'est possible sur ce forum ne peut s'en prendre qu'a soi-même ; ce fil est exemplaire et démontre que l'inverse est parfaitement possible ! (clin d'oeil à undy ;) )
     
  12. undy

    undy

    Inscrit:
    26 Mai 2011
    Je me souviens d'une réplique dans un film: "Si tu dis ce que moi je devrais dire, je ne sais pas s'il me reste quelque chose à dire".

    Il doit y avoir aussi des gens qui, entourés de personnes qui parlent de tout et/ou pour eux, n'arrivent plus à en placer une, et renoncent à essayer.
     
  13. Votre réplique est pertinente...

    Quant aux questionnements de Kamou, il est difficile d'apporter un éclairage suffisant.

    L'estime de soi ne disparaît pas un beau matin donc il serait intéressant pour vous de vous interroger sur cette apparition et quelle croyance négative est associée a ce ressenti (ex : je me sens vulnérable ou je n'arrive pas a plaire a tout le monde, ou ....etc).



    Nean
     
  14. Je ne partage pas votre point de vue sur votre explication entre X et Y, vous surgénéralisez la situation.

    Le fait de dire que notre parole ne nous appartient pas dans les relations proches m'intrigue... là encore ma question serait qu'est ce qui vous en empêche ? Qu'est ce qui se passerait si vous pouviez être libre dans vos relations ?...
     
  15. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Merci pour cette piste, je vais creuser pour voir jusqu'à quel point ça correspond à ce que j'ai en tête.

    Ravi de te lire, Katia :)
     
  16. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Bonjour,

    Oh que si l'estime de soi peut disparaître un beau matin. Elle est évidemment liée à l'estime que les autres nous portent, et des évènements peuvent remettre tout ça en question, bien plus brutalement et profondément qu'on ne le croit quand on se sent bien assis sur son amour propre. Il est même possible que la douleur soit telle qu'elle nous éblouisse et qu'on soit incapable d'évaluer l'ampleur du préjudice avant qu'elle soit retombé et que le tout se décante un peu.

    Oui je suis d'accord, je surgénéralise... Le but était en fait de montrer la limite qu'il y a à ne prendre en compte qu'un individu lorsque la problématique engage des relations. Par exemple je trouve bien plus simple d'aider quelqu'un à maîtriser la prise de parole en public que la prise de parole en famille.

    La parole ne nous appartient pas dans les relations proches parce que la place de l'autre en soi est irréductible, quelque soit le don qu'on a pour la manipulation (de soi-même ou de l'autre), et d'autant plus qu'on ne tient pas à réduire l'un des membres à un objet. Mais au fond, c'était pour dire que la valeur de notre parole ne nous appartient pas, elle est soumise au jugement de l'autre qui lui même agit en retour sur la valeur que nous accordons à notre parole, etc.
     
  17. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Alors l'estime de soi est à travailler. L'un risque d'agir sur l'autre, il s'agit de casser les cercles vicieux et de mettre en place des cercles vertueux:
    Dans un sens: "J'ai réussis à parler dans telle circonstance, je suis fier de moi et de ma réussite."
    Ou dans l'autre: "Je me sens sûr de moi, en sécurité avec moi même, je peux prendre le risque d’échouer puisque ce n'est pas important et que je m'aimerai toujours autant que je réussisse ou non; je tente, je réussi."
    La recherche de perfection, l’exigence me semble souvent être responsable de bien des malheurs, j'entends beaucoup de personnes ne pas se satisfaire de ce qu'elles ont et se plaindre sans avoir la force ou la possibilité de changer la situation (qu'ils n'y puissent rien, qu'ils n'y arrivent, ou qu'ils n'essayent pas) et il me semble important de faire la part des choses.

    Je ne partage pas ton avis, parce que tu changes de référentiel. Pourquoi la parole de X aurait-elle moins de valeur parce que Y est au courant d'un mensonge de X? Oui, elle peut avoir moins de valeur pour Y, mais pas pour X.
    La relation est le fait d'au moins deux personnes, et nous avons toujours une influence sur celle-ci, nous avons une infinité de choix possibles d'attitudes et il ne faut pas oublier l'ultime choix relationnel si tout ce que l'on a ou veut essayer à échouer à améliorer une situation, on peut toujours la rompre.

    Je remarque une chose, le mot revient: "la parole" qu'elle soit dans le sens de s'exprimer ou dans le sens de la parole donnée. Il y a sûrement quelque chose à creuser dans ce mot et dans ce qu'il recouvre pour "la personne" dont on parle. ^^
     
  18. Pour Kamou,

    Je comprends votre raisonnement, néanmoins ce qui importe c'est le ressenti émotionnel dans ce que vous dites, et s'il prend de l'ampleur c'est qu'il y a croyances erronées ou dysfonctionnement cognitif, ou souvent les deux...

    Je ne sais pas quel âge vous avez, mais a un moment donné nous devons nous détacher de ce que les autres disent, ce qu'ils disent leur appartient et si cela vous blesse, c'est là qu'il faut se poser la question en quoi cela m'a blessé... mais là c'est tout un travail thérapeutique...
     
  19. Je partage totalement le message de Prudence. Très bien développé :D
     
  20. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    Justement si, comme tu dis juste après : la relation est le fait d'au moins deux personnes, par conséquent, si la parole de X est dévaluée par Y, X aura beau croire en ce qu'il dit et être sincère, il verra bien qu'Y n'est plus réceptif du tout, et par conséquent, il ne va pas dévaluer sa propre parole, mais constater sa dévaluation au sein de cette relation.

    Mais bien sur c'était un exemple, rapide en plus (il a pas l'air de bien passer :D ) Je me mouille un peu plus personnellement avec un cas intime : j'ai une fois fait un gros mensonge à un ami, et j'ai mis 2 ans à le lui avouer (il avait compris depuis longtemps, évidemment, vu la taille du truc...). Il se trouve que cet ami est un expert du mensonge lui-même, petits et gros, de toutes les tailles et les couleurs (sa dernière passion c'est d'être honnête jusqu'à être blessant pour qu'on pense qu'il est un modèle de sincérité). Personnellement je me fous de ses mensonges du moment qu'il ne me fait pas de mal, je suis même plutôt du genre à penser que nous sommes des fous furieux de contraindre autant l'imagination, parce que ça a des effets dévastateurs... bref.

    Toujours est-il que la relation avec cet ami s'est dégradée suite à cela parce qu'il est en permanence ultra concentré sur chacun de mes mots, chacun de mes gestes, je sens presque physiquement le poids de son attention , et dans ces conditions pour moi c'est impossible d'être à l'aise ou moi-même, soit j'assume la pression et je me renfrogne, mais alors ça me fait ch*** et je préfère pas être là, soit j'ai l'impression d'avoir un truc à cacher même quand je lui raconte une anecdote marante, parce qu'il est attentif puissance 1000 à toute trace de mensonge. Je commence une phrase et je vois presque ses oreilles se lever, ses yeux avides, il se fixe completement, alors je m'embrouille et je la ravale, et alors il a son petit sourire en coin du style "ah! t'allais mentir mais tu m'auras pas à ce jeu là !". Je ne peux ni lui dire la vérité, ni lui mentir : il est immédiatement en mode "recherche de mensonge" ; je ne peux rien faire du tout mis à part rabattre son attention, ménager mon espace vital. Je n'ai pas pour autant rompu la relation, je tiens à lui et j'ai bon espoir que le temps arrange les choses (a tort, peut-être).

    Je force les traits mais c'est ça. Je suis peut-être un idiot impuissant, je devrais peut-être l'ignorer et faire le sublime qui se fout de ce que les autres pensent de lui, n'empêche que je constate jusqu'ici que ma parole ne m'appartient pas totalement dans cette relation. Je n'arrive pas ignorer son attitude, je n'arrive pas à ignorer la reception de ce que je dis.


    Je ne comprends pas trop, tu peux développer un peu ?
     
  21. katia (zoulouk)

    katia (zoulouk)

    Inscrit:
    22 Avril 2009
    Je sens l'approche sociologique dans ce que tu as développé Kamou à propos du mensonge de X à Y.

    Au sein d'une famille, nous occupons une place, et que nous le voulions ou non, notre parole a une certaine valeur (par exemple certains font autorité dans tel domaine et il y en a d'autres qu'on n'écoute jamais par exemple)

    Une fois qu'un consensus s'est crée, il peut être difficile de se sortir de ce noeud relationnel (ex si tout le groupe a décidé que vous êtes un maladroit, très difficile d'aller à l'encontre de cela)

    Et si personne ne vous écoute, il faudra aller chercher loin pour se faire écouter, et la personne n'en possède pas forcément les clefs.

    Ou quelqu'un qui traque le mensonge, ou pour moi ce fut une situation où une personne finit par chercher l'erreur et la souligner à chaque fois, ça a eu pour résultat de me bloquer.

    Il n'y a qu'une solution pour moi, avec des "chianteurs" pareilles, du balais !
     
  22. valikor

    valikor

    Inscrit:
    9 Septembre 2008
    un remède : des chiantos !
     
  23. jeangeneve

    jeangeneve

    Inscrit:
    25 Avril 2010
    parler pour dire quoi.
    ça vas changer quoi .

    c'est utile
    *?*

    en a t'on pas fait le tour ?

    encore que là j'en ai trop dit
     
  24. Kamou

    Kamou

    Inscrit:
    8 Novembre 2010
    oui c'est vrai on s'égare un peu... Fini les exemples de problèmes;

    Il faut se concentrer sur la parole.

    Un exercice pourrait être de prendre un moment dans la journée pour décrire les choses autour de soi. Ca vous semble une bonne idée ? S'arrêter un temps pour nommer les choses qu'on voit. Entrer dans les détails, dans les nuances, peser ses mots.

    Et chercher les mots les plus justes pourrait être un jeu à deux ! Un dictionnaire en mains, trouver la plus pure formulation de ce qu'il y a.

    Puis approcher les émotions. ou plutôt les sensations d'abord, si ça va trop vite ?

    quand c'est prêt, allons pour les émotions.

    En le faisant régulièrement, ça aurait des effets ?
     
  25. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Le MOT

    - déclenche une IDEE

    - qui déclenche une AUTRE IDEE

    - qui déclenche une ASSOCIATION D'IDEES

    - ET ON NE PEUT PLUS S'EN SORTIR DE CE BARATINAGE HYPNOTIQUE...


    Mieux vaudrait-il donc rester ignare ?

    et surderien ?


    :roll:
     
  26. jeangeneve

    jeangeneve

    Inscrit:
    25 Avril 2010
    le principal handicap de la race humaine est la parole .

    tous les êtres vivants, s'en passe .
    et si s'en passer c'est pas (un peu) de sagesse.
     
  27. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Un mot, un son, une image, un toucher, une odeur, une saveur...

    çà nous touche...


    La perception

    déclenche l'émotion :

    l'activation du circuit de la récompense :p

    ou du circuit de la punition :evil:


    là est tout le secret de la construction fonctionnelle du bien et du mal...


    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=% ... 1029,d.ZWU

    8)
    .
     
  28. Je ne pense pas que ce type de jeu du dictionnaire soit intéressant, car vous restez dans un jeu conscient et intellectuel, ce qui est important sur l'estime de soi, c'est le mécanisme de la pensée qui suscite l'aspect émotionnel, tout le reste reste peu constructif pour travailler sur les relations interpersonnelles.
     
  29. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Je partage l'avis d'Hypno-transe sur l'importance du ressenti émotionnel plus que des faits, c'est ce que j'essayais d'exprimer avec le changement de référentiel.
    Au cours d'une formation une formatrice nous disait que c'est chacun d'entre nous qui est responsable de ses émotions, de son ressenti, pas ce que font ou disent les autres et si je pensais qu'elle poussait parfois le bouchon trop loin, l'idée générale ce sera un peu ça.
    L'autre jour je discutais avec un jeune homme à qui on proposait du travail mais qui devait refuser à cause d'une blessure importante, et continuer à travailler avec son père. Il a réussi à se plaindre qu'il ne pouvait pas avoir le travail, que la personne cachait sûrement quelque chose vu qu'elle voulait l'embaucher et qu'il voulait sûrement couler la boîte de son père. Je lui ai dit que j'étais épatée par sa capacité à tout voir en noir, personnellement à sa place je me serai dit que: j'avais beaucoup de chance d'avoir un travail, encore plus d'avoir des personnes qui viennent tenter de me débaucher, que je pourrai être drôlement fière d'être si bonne qu'on veuille m'embaucher sans que j'ai rien demandé, et si j'acceptais l'idée que la personne veuille couler la boîte de mon employeur actuel en m'embauchant cela voudrait dire que j'étais carrément considérée comme indispensable...
    Il y a des faits, il y a les interprétations des autres et celles que l'on fait. On ne peut pas toujours agir sur les faits et sur les émotions de l'autre et il convient souvent de juste accepter les choses comme ça, parfois ça suffit même à résoudre le problème.
    Un autre exemple: L'autre jour une personne que je connais me disait qu'elle était embêtée parce qu'une troisième bloquait et refusait quelque chose qui pouvait paraître bien pour les deux personnes et elle me demandait de l'aide pour la convaincre. J'ai réfléchis un peu et je lui ai dis que moi je ne rentrerai pas dans cette histoire qui ne me concernait pas, mais que si jamais elle voulait tenter de persuader la personne elle devrait déjà commencer par arrêter d'avoir cet objectif en vue et que, à mon humble avis, quelque chose qui pourrait au mieux fonctionner pour atteindre son objectif, au pire contribuer à améliorer la relation sans l'objectif, serait de laisser tomber l'idée finale et de laisser la place à l'autre d'expliquer ses craintes, de ne surtout pas chercher à la rassurer, de juste écouter et essayer de comprendre ses émotions, sans aucun raisonnement rationnel, sans essayer d'annuler ce qui a été dit, juste être là et écouter. La personne m'a rappelée ensuite elle m'a dit qu'elle avait été très étonnée parce qu'elle avait suivit mon conseil, et que l'autre avait une peur qui n'était pas directement liée au problème et qui la bloquait, elle a réussit à la dire, à pleuré et s'est sentie soulagée, elle a ajouté qu'elle n'avait pas pu en parler à une autre personne à qui elle voulait en parler mais que là ça allait. Et au final, après avoir eu cet espace sans pression, elle a changé d'avis et a accepté l'idée.
    C'est juste un exemple qui montre que parfois en acceptant les choses, en arrêtant une solution qui ne fonctionne pas dans une relation, on peut les changer.

    Comme le disait Transe-Hypnose:
    Il faut apprendre à distinguer ce qui nous appartient et ce qui appartient à l'autre. C'est vraiment primordial pour un thérapeute mais malheureusement c'est quelque chose, je pense, qu'on n'apprend pas assez de manière générale. Cela m'évoque aussi une blague:
    "Qu'est-ce qu'un chandail?
    - C'est quelque chose qu'une mère met à son enfant quand elle a froid"

    Kamou, je ne sais pas quoi te dire. Je sais que personnellement je n'aime pas le mensonge, je trichouille souvent ("Est-ce que tu trouves mon nouveau sac joli? -Ha... Il est original! (pour ne pas dire que je le trouve tellement moche que je n'irai même pas m'en servir comme serpillère), sans strictement mentir, les gens comprennent souvent ce qu'ils veulent) mais ne supporte pas les vrais mensonges. Chacun son seuil de tolérance. Tu tolères quelqu'un qui ment, pas de soucis. Il ne le tolère pas, pas de soucis. Tu ne tolères pas qu'il ne tolère pas, soucis. Si ça ne te va pas qu'il te scrute tu as beaucoup de choix de réponses possibles de l'attaque frontale ("j'en ai ras le bol que tu me scrutes comme ça à chaque fois que..."), le chantage ('si tu n'arrêtes pas de..., je..."), le jouer carte sur table ("j'ai l'impression que depuis que... il se passe... est-ce qu'on peut faire quelque chose pour arranger ça?"), les violences (physiques, verbales, franchement pas une bonne idée à mon humble avis, mais on voit bien que des gens pratiquent ça :(), l'arrêt de la relation, le mime... La solution ce sera la tienne, pas celle de quelqu'un d'autre, même si on peut toujours suggérer des pistes de réflexion.
    L'idée générale c'est: les choses te conviennent c'est cool, elles ne te conviennent pas alors change-les, elles ne te conviennent pas et tu ne peux pas les changer alors accepte-les et ça te conviendra... Le but c'est l'idée stoïcienne, au final, tout bêtement que la vie te convienne.
    Et c'est pas le problème d'un "idiot impuissant" mais l'apprentissage est souvent long, compliqué, en fait c'est comme pour la relaxation: c'est tellement simple que ça parait compliqué, c'est toujours ce qu'il me semble retrouver dès qu'on touche au concept de "lâcher-prise".
    Après ça, tu le dis avec l'expression "sourire en coin", ça semble l'amuser. Lui, il ment, peut être qu'il veut voir en toi un autre joueur. Libre à toi d'accepter ou non son invitation à jouer.

    Il y a la parole qui est de dire des mots, dans des phrases. Et la parole dans le sens de la parole donnée c'est à dire un engagement, comme jurer, promettre etc. avec une notion de valeur qualitative par rapport à des faits extérieurs. On peut et on pourrait utiliser deux mots différents (pour le premier: parler, dire, s'exprimer, communiquer, utiliser des mots etc. et pour le deuxième: digne de foi, digne de confiance, sûr, fiable, qu'on peut croire, confiance etc.) or, là le même mot est utilisé. Ça m'a marqué et je me demandais s'il n'y avait pas un problème qui serait sous-jacent aux deux, enfin, pas forcément un problème, mais un lien plutôt.
     
  30. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Voilà, les jeux, analyse transactionnelle, chacun joue son rôle et pas question d'en sortir comme ça (selon le jeu, pas dans la réalité, ni en thérapie).

    +1

    Je ne partage pas ton avis:
    La parole permet beaucoup de choses elle facilite quand même énormément la communication.
    Les autres êtres vivants n'ont pas LA parole, mais ils communique chacun à leur manière, et les cris ont un sens, la modulation, la tonalité, la fréquence etc.
    Mais sinon de mon côté je clos là le HS, si tu veux développer, je te rejoindrai sur un autre post, enfin, si tu veux en faire un sur ce thème.

    +1 dans le sens où si ça avait quelqu'un qui apprend une langue étrangère ou un enfant qui a toujours eu un problème de communication on peut raisonnablement partir sur un travail cognitif, mais là l'origine semble émotionnelle et je ne pense pas que la réponse se trouve dans un autre registre. Mais après tout pourquoi pas si on part dans une optique de se rassurer en faisant des exercices etc. Pourquoi pas, mais ce n'est pas une approche que j'aurai choisi.
     
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