TCA - L’orthorexie

Discussion dans 'Hypnothérapie' créé par Nippon, 18 Octobre 2014.

  1. Nippon

    Nippon

    Inscrit:
    19 Avril 2014
    Bonsoir tout le monde,

    Avez vous deja eu ce type de trouble du comportement alimentaire?
    L’orthorexie.

    D'ailleurs si vous avez une personne qui a un objectif de poids mais que vous pensez que ce n'est pas bon pour sa santé, que faites vous ?

    Exemple: par rapport à l’orthorexie, si on veut manger trop sain pour peser 35 kilos pour 1m75.

    J'ai une anamnèse par téléphone, elle n'a pas vu de nutritionniste, ni de diététicien
     
  2. Nippon

    Nippon

    Inscrit:
    19 Avril 2014
    Evidement ce n'est pas le poids de la personne, mais je voulais dire qu'en perte de poids souvent les personnes veulent peser un poids qu'ils n'ont jamais fait.
    Mais si l'objectif de la personne, nous l'estimons dangereux pour sa santé
     
  3. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    J'ai une cliente qui s'est présentée comme anorexique mais qui ne me semble pas encore l'être, plutôt entrain de plonger dans l'orthorexie, je n'ai pas dit le nom parce que dans son cas le problème n'est pas alimentaire et il est vraiment réactionnel à d'autres problèmes. Elle est en début (et d'ailleurs je me dis que ça ne doit pas arriver souvent de consulter au début de la pente glissante des TCA) donc pour l'instant on aborde pas le problème côté TCA mais côté dépression, relations affectives etc.
    C'est parfois difficile de trouver le bon équilibre entre ce qu'il faut dire ou non, je m'aide de certaines pensées, qui peuvent se contredire:
    1. Le client n'est pas stupide, il sait que fumer ou avoir un IMC à 60 ou 16 c'est dangereux.
    2. Je me dois de respecter le client: avec son intelligence, sa représentation des choses, ses priorités.
    3. Attention à la non assistance à personne en danger.
    4. Je suis obèse et heureuse dans ma vie et dans mon corps. Depuis l'enfance j'ai toujours été grosse ou obèse. Quand on me balançait des "vérités" scientifiques, statistiques sur "les gros" je le vivais mal, ça a entamé ma confiance en moi, en les autres et aggravé les mauvaises relations que j'avais avec la nourriture et il m'a fallu beaucoup de travail personnel pour pacifier cette relation avec l'alimentation et mon corps et me sentir bien et en paix aujourd'hui. Ces souvenirs sont personnels mais je sais, par expérience, qu'on peut faire beaucoup plus de mal que de bien en essayant de forcer les choses pour l'autre.
    5. Je respecte que le client avance à son rythme et à sa manière (mais oui, quand la personne maigri encore toutes les semaines ou que le progrès se fait sur la diminution d'héroïne, oui, clairement je tends le dos et je n'accepte de prendre en charge que si je suis secondée par un suivi médical)
    6. Je pense qu'on peut aider la personne à se sentir mieux, à lutter contre ses angoisses etc. Et que si elle se sent mieux avec elle même les chances qu'elle fasse des choix toxiques pour elle seront moins importants. Augmenter le confort et l'amour de soi, chercher ce qui pousse dans la direction dangereuse, recadrer etc.

    Médecin généraliste pour moi ça suffit sauf s'il y a des besoins particuliers ou que la personne le demande.
    En gros quand j'ai une alerte dans ma tête qui me dit "attention danger", je laisse venir ce qui vient, j'écoute (si c'est possible) encore plus la personne etc. Les messages d'alerte, le plus souvent, elle les a déjà entendus (médecins, famille, conjoints, amis), si elle les prend en compte je n'ai rien à ajouter et si elle ne les prend pas en compte pourquoi m'écouterait-elle? Je risque de la braquer et d'en rajouter une couche à sa douleur (sentiment d'être incompris par exemple). Alors j'écoute la souffrance et j'essaye de comprendre le truc, ce petit machin dans un coin qui coince, qui grince, qui crisse et qui bousille le mécanisme. Je pose des questions et je me rappelle que c'est important de laisser l'autre vouloir pour lui même et de le respecter intégralement.
     
  4. Nippon

    Nippon

    Inscrit:
    19 Avril 2014
    Prudence,

    Tout a fait d'accord, surtout avec le 6 et la fin.

    Merci pour tes retours.
     
  5. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Personnellement j'évite les étiquettes irréversibles "orthorexie" "anorexie" schizophrénie" qui figent les personnes dans une pathologie structurée.
    Une pathologie est toujours personnalisable et c'est sur un petit détail intéressant, propre à un patient donné, que ma thérapie ciblée va pouvoir reposer.
     
  6. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Je ressors ce vieux post. Quel genre de détail pourras tu remarquer Surderien ?

    Une personne peut être obnubilée par le manger sain, au point de l'isoler des autres, et de menacer sa santé. Pour elle, c'est le chemin à suivre, même si ce chemin mène à une dégradation de la santé. 1 personnes sur 5 aurait ce genre de comportement, donc il y a de quoi "alimenter" le truc. D'autant plus, que beaucoup de ces personnes ne consultent pas.

    L'opposition ne sert juste à rien, le raisonnement non plus.
    Qu'y a t'il à observer de plus spécifique ? Sur quoi peut reposer une thérapie ciblée ?
     
  7. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    La "grosse" qui se persuade qu'elle est super heureuse comme elle est, se joue le jeu de l'autruche +++
    Mettre une étiquette d'orthorexique peut confirmer à la personne qu'elle est condamnée à l'être et le rester
    Toute la stratégie c'est de lui montrer qu'elle s'est créé, qu'elle s'est construite, une personnalité qui ne correspond pas à sa personne et qu'elle peut évoluer dans le sens, vers la façon qu'elle souhaite vraiment fondamentalement
    C'est là que des métaphores subtilement stratégiques peuvent l'amener à se sortir du faux self qu'elle s'est créé.
     
  8. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Le petit détail c'est le truc original qui ne cadre pas avec le reste de la personnalité qu'elle s'est créée et c'est par ce talon d'Achille qu'on va pouvoir la bouster à se restructurer.
     
  9. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Dans la réponse que je t'ai faite
    Le "talon d'Achille"
    C'est la métaphore que je t'envoie pour te faire prendre conscience de la porte d'entrée qui permet d'accéder par un petit détail à atteindre la structure même de la colossale personnalité très structurée de la personne et qui est la clef de l'imagination thérapeutique du thérapeute.
    Du thérapeute hypnotherapeute hors du commun comme aurait sûrement dit Milton Erickson...
     
  10. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Ça peut être un traumatisme lié à l'enfance ou ça peut être juste un truc qu'elle n'a jamais compris jusqu'à maintenant et qui la bloque et que tu vas débloquer simplement en l'aidant là, spontanément, automatiquement, naturellement, en entrant en hypnose.
     
    Dernière édition: 15 Juin 2016
  11. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    "Lorsqu'un colosse est prisonnier de sa cuirasse, l'aider à trouver son tendon d'Achille... "

    Le bouton hypnotique où il n'a juste qu'à appuyer pour que tout se pulvérise et qu'il renaisse de ses cendres.

    Ce n'est pas pour rien que Milton s'appelait le phénix...
     
    Dernière édition: 15 Juin 2016
  12. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Le faux self, c'est comme une bouée de sauvetage d'une personne ne pensant pas savoir nager (mais qui sont nager et qui l'ignore)
     
  13. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Un jour, j'ai pu rencontrer une spécialiste reconnue de la "nutrition" dans le sans cela et le sans "ceci", lors d'un repas. Il y avait des coachs, un couple de restaurateurs, qui nous avaient préparés gracieusement le repas. C'était délicieux et fait avec amour, enfin des plats que toute personne "en bonne santé" pouvait manger avec plaisir et joie. Quand on a vu la tête de cette spécialiste de la nourriture, qui du coup ne pouvait apprécier ce moment de convivialité, en raison d'aliments "interdits", on s'est tous interrogé.
    Physiquement cette personne était bien moins en forme qu'une personne de son âge, on va dire une santé et attitude qu'on n'envie pas.
    Ces personnes servent de modèle pour ceux qui aiment à contrôler leur nourriture.

    J'ai raconté cette histoire, qui pourrait servir de déclencheur; ben non...
     
  14. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    Je tente le scan hypnotique
     
  15. jumb

    jumb

    Inscrit:
    11 Mai 2016
    J'ai trouvé un truc qui cloche, dans tout l'édifice !
    L'autre jour, elle m'a dit : Tout le monde devrait avoir une attitude vis à vis de la nature comme elle ( sans lactose, bio, ni trop de gras, ni trop de sucre, sans pesticides, sans gluten, en respectant l'équilibre acido-basique etc) SAUF mon compagnon. Lui, c'est le seul qui n'a pas besoin de respecter cela !

    Elle estime qu'il est dans une santé exceptionnelle ( bon c'est le cas !) Peut-être qu'il y aurait moyen d'induire un changement par ce biais, car de plus, elle l'apprécie beaucoup.
     
  16. Singin

    Singin

    Inscrit:
    9 Août 2010
    J'ai connu une femme grosse qui était la joie personnifiée.
    Elle représentait au yeux de tous l'épanouissement, la générosité, et dès que quelqu'un avait besoin de réconfort, c'est vers elle qu'il se tournait.
    Et un jour, un médecin a diagnostiqué des problèmes de santé et l'a mise au régime.
    Elle est devenue mince et déprimée.
    Alors oui, je pense qu'il peut y avoir des femmes grosses et heureuses.
     
  17. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    J'ai beaucoup tiqué sur cette phrase également, étant une grosse heureuse.
    Mais bon j'ai l'habitude de la grossophobie et même si je n'en pense pas du bien (pas plus que du racisme ou de l'homophobie) j'y suis habituée (parce que heureusement ou malheureusement on s'habitue aux préjugés quand on y est confronté toute sa vie).
     
    Dernière édition par un modérateur: 15 Juin 2016
  18. Nossolar

    Nossolar

    Inscrit:
    22 Juillet 2015
    1. Se sentir bien dans son corps, s'être accepté pleinement (corps et esprit)
    2. S'assurer que notre corps est dans des conditions saine (présent et futur).
    3. Pourquoi est-ce que le regard des autres nous posent un problème si les 2 premières conditions sont remplie :)
     
  19. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008

    ben tu ne te persuades pas d'être heureuse si tu l'es !

    la "grossophile" elle, "justifie" son surpoids car sans lui elle serait encore + malheureuse.
    en creusant à peine on perçoit le "pot au rose" : elle se remplit sans faim.
    là est la différence !

    PS je vois des demandes de by pass de personnes de plus de 140 kg...
    Si ils/elles consultent, c'est que çà ne va pas...