Hypnose et TDA/H

Discussion dans 'Hypnothérapie' créé par Azakaloo, 18 Octobre 2014.

  1. Azakaloo

    Azakaloo

    Inscrit:
    8 Juin 2014
    Bonjour, j'ai un petit conseil à vous demander.

    Mon garçon à été diagnostiqué avec un TDA/H (Trouble du déficit d'attention avec hyperactivité) à l'âge de 4 ans et demi, il a maintenant 6 ans et demi. Depuis ce jour il à pris 3 médicaments différents pour calmer les symptômes rattachés à cet état. Les voici; hyperactivité, trouble d'opposition avec provocation, impulsivité en majeure partie et inattention de façon plus légère. Depuis quelque temps, je contemple la possibilité de pouvoir l'aider grâce à l'hypnose, étant hypnothérapeute moi même j'ai déjà quelques pistes sur la démarche que je pourrais emprunter mais sans plus.
    Alors, si il y en a parmi vous qui auraient quelques conseils, que ce soit une métaphore, une technique d'approche, une technique d'induction, d'approfondissement, etc, vous seriez très sympa de m'en faire part, je vous remercie à l'avance.
     
  2. hibou13

    hibou13

    Inscrit:
    7 Octobre 2012
    Bonjour et bienvenue.
    Y a t'il déjà un suivie psy pour ce petit?
    Je réfléchi à ton cas, mais pas trop de temps ce matin...
    Il faut quelques pistes de réflexions supplémentaire à mon avis.
    Est il dans une fratrie?, y à t'il quelque chose qui le calme, le passionne? As t'il des peurs particulière? comment ce comporte il avec les autres enfants?
    Votre environnement familiale : un événement particulier, une tension, maladie etc...
    Son contexte de vie, sa chambre est il attiré par quelque chose, qu'est ce qui le rassure?
    Et puis je ne suis pas persuadé que tu soit le mieux placé pour un travail avec lui, mais c'est qu'un avis.
    A+
     
  3. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Bonjour,
    Perso j'essaye de partir de la plainte de la personne concernée pour construire la suite donc de quoi il se plaint lui? Comme Hibou, je déconseille de faire la famille, les proches, et là s'il y a en plus de l'opposition... ça risque d'être encore plus difficile.
    Sinon: qu'est-ce qui lui plait? Qu'est-ce qui l'attire? Traquer les exceptions: est-ce qu'il y a des moments où il se sent bien, calme? Comment les reproduire?
    Comme idée sans en savoir plus: focalisation: se centrer sur les sensations corporelles, sur un point en essayant de le décrire, de le représenter dans sa tête, tout ce qui peut aider à la concentration (apprentissage progressif), reconnexion à des moments de calme, métaphore de rassemblage de billes dans un sac, de pièces dans un porte-monnaie, de cure-dent dans la boîte... (pour l'éparpillement des pensées et des gestes, et le moi-peau contenant)...
     
  4. Azakaloo

    Azakaloo

    Inscrit:
    8 Juin 2014
    Il a un suivi avec un pédiatre. Oui, je suis d'accord qu'il n'est pas conseillé de faire de la thérapie avec des proches, cependant jusqu'à maintenant ça bien fonctionné avec d'autres membres de ma famille et amis. Ce qui le passionne, les jeux vidéos, les courses de petites autos et les jeux vidéos de course. Aime bien dessiné aussi. Il est plutôt calme lorsqu'il regarde un film. Se laisse de plus en plus facilement distraire par des stimulus externes lors de ses devoirs ou autres activités qui demande plus de concentration.L'environnement familial se porte très bien. À de bonnes notes à l'école. Un enfant TDAH doit faire beaucoup d'effort pour contenir tout ce surplus d'énergie et par conséquent, ça l'épuise, ce qui amène de l'impulsivité et de l'impatience. Je crois qu'en amenuisant les symptômes d'hyperactivité, ça pourrais grandement aidé le côté impulsivité et impatience. Dans le fond, c'est surtout pour l'hyperactivité que je recherche une métaphore et une technique d'induction et d'approfondissement pour amener ce petit être a se concentrer, ce qui n'est pas facile avec un enfant ayant un déficit d'attention. Merci pour vos conseils et si vous avez des suggestions ou idées supplémentaires ne vous gênez pas.
     
  5. Nobody

    Nobody

    Inscrit:
    18 Octobre 2014
    Bonjour,
    Je vous rejoins, vous, Prudence et Hibou. On n'est pas le meilleur thérapeute de sa famille.
    Et en même temps, pour un enfant de 6 ans, un parent qui ne serait pas thérapeute serait la personne la mieux placée pour aider son enfant. En étant présent au quotidien, on a beaucoup plus de possibilité d'influence que le meilleur professionnel qui soit. En revanche, il faudrait que ce parent se fasse aider par un professionnel. En l'occurrence, je choisirai un professionnel qui connait l'orientation vers les solutions comme le suggère implicitement Prudence et qui aiderait à traquer les moments d'exception, les moments de calme et de coopération.
    Je choisirais également un professionnel qui travaille avec le modèle de Palo Alto en cherchant à repérer les tentatives de solution qui ne fonctionnent pas.
    Prudence à raison de dire que l'on part de la plainte de la personne concernée. Dans ce genre de situation, la personne qui se plaint c'est rarement l'enfant, mais plutôt les parents.
    Dans ce cas, on peut travailler à partir de la plainte des parents, rechercher ce qu'ils ont tenter pour régler le problème, inviter à continuer de faire ce qui marche (les exceptions), et cesser de faire ce qui ne marche pas (les tentatives de solutions).
    Si vous essayez l'hypnose avec votre garçon, dans le meilleur des cas, cela marche et vous créez une exception que vous pourrez reproduire.
    Si ça ne marche pas, vous pourrez regrouper cette tentative parmi les autres tentatives de solution qui n'ont pas marché et abandonner cette piste.
    La suite serait de rechercher le point commun entre toutes ces tentatives de solution qui devrait être quelque chose comme : "Calme toi, concentre toi".
    Là un thérapeute formé à l'approche de Palo Alto pourrait vous suggérer avec habileté de faire exactement l'inverse de ce que vous avez l'habitude de faire.
    En fait le symptôme d'opposition serait assez simple à régler, vous demandez à votre garçon de s'opposer, s'il s'oppose il vous obéit, s'il ne s'oppose pas, vous êtes tranquille. C'est ce qu'on peut appeler un double lien thérapeutique, on crée une situation où quelque soit la réaction de la personne, elle peut être considérée comme coopérative (Cf Bill O'Hanlon : l'hypnose orientée vers les solutions).
    Pour que cette intervention stratégique réussisse et tienne dans la durée, il faut faire cela avec une bonne raison, une réelle envie de retrouver la coopération, et sans provocation. C'est simple en théorie, mais la mise en œuvre est délicate. Le mieux est de se faire aider.

    Dernière piste, je ne connait pas le type de TDA/H de votre fils, mais il peut être intéressant de tenir compte du contexte scolaire.
    Est-ce qu'il a eu ces comportements avec tous les instits? Avec tous les adultes qui s'occupent de lui?
    Les exigences sociales sont telles pour les enfants à l'école, qu'un instit aura forcément du mal à capter l'attention de tous les élèves.
    Une personne non formée qui devrait gérer une classe de CP aurait à faire à 25 enfants hyperactifs, les 5 autres étant seulement fatigués ce jour là.
    Il y a sans doute d'autres contextes où l'hyper activité de votre fils pourrait être considéré comme un comportement adapté.
    Une partie des diagnostics d'hyperactivité est certainement lié à la difficulté de créer dans le cadre scolaire un contexte adapté à la vitalité de certains enfants.
    Par la suite ce sont peut-être les tentatives de solution mise en place pour adapter les enfants au contexte scolaire qui créent ou aggravent les comportements que certaines personnes aiment ranger sous l'étiquette d'hyperactivité et qui sont douloureux pour tout le monde.
    Un autre conseil de lecture : CARTES DES PRATIQUES NARRATIVES de Michael White chez SATAS, le premier cas présenté concerne un TDA (TADA en anglais). L'intervention utilisée est l'externalisation, un autre modèle qui apporte de riches développements.
     
  6. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Je ne connais pas "CARTES DES PRATIQUES NARRATIVES de Michael White chez SATAS" c'est quoi? Présenté comment? Intéressant? Si c'est un bon bouquin dans l'ensemble n'hésite pas à mettre un commentaire dans la bibliographie pour qu'on l'ajoute.

    Je partage l'avis de Nobody (enfin, si... de Nobody.... enfin, si... de Nobody....)
     
  7. Nobody

    Nobody

    Inscrit:
    18 Octobre 2014
    Bonjour,

    "CARTES DES PRATIQUES NARRATIVES de Michael White " est un excellent bouquin, peut-être le meilleur dans le monde des thérapies brèves depuis 10 ans.
    Michael White est un travailleur social australien qui s'est formé à Palo Alto et qui a développé l'approche narrative avec David Epston un travailleur social Néo Zelandais formé à l'hypnose (19 jours passés avec erickson).
    L'approche narrative est une thérapie systémique basée sur des questions hypnotiques qui permettent d'orienter les personnes vers la construction d'histoires préférées et d'éviter l'épaississement de l'histoire dominante (l'histoire du problème).
    Un des "outils" principaux est l'externalisation. Il s'agit de considérer le problème comme quelque chose d'extérieur à la personne, qui a une vie propre et poursuit des objectifs notamment celui de recruter des personnes. On peut se représenter le problème sous la forme d'un personnage ou d'un animal.
    le problème influence la vie des gens, mais les gens peuvent également influencer la vie du problème et prendre des initiatives qui contrecarrent ses projets (les projets du problème).
    Par ailleurs il est intéressant d'explorer comment le problème est alimenté par le contexte culturel et social.
    Dans la situation qui nous occupe dans cette discussion, on pourrait considéré que quelque chose qui pourrait s'appeler Hyper Activité s'est emparé de la vie non pas d'un petit garçon, mais d'une famille (puisque Htper Activité agit sur plusieurs personnes dans la famille) et que certains discours dans l'environnement social de la famille (les règles de l'école, le système de santé...) nourrissent le problème.

    On pourrait explorer les territoires que Hyper Activité n'a pas envahis et les initiatives que prennent les membres de la famille pour mettre leur vie à l'abri.
    l'avantage de ce modèle c'est de déculpabiliser tout le monde et de faciliter la coopération des membres de la famille contre le problème.

    Est-ce que la première partie de ma réponse pourrait servir de commentaire pour la bibliographie?
     
  8. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    Je m'occupe de ça :)
     
  9. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    C'est fait bibliographie. J'ai ajouté ton commentaire dans la discussion. N'hésitez pas à mettre les infos que vous avez sur le bouquin que vous souhaitez proposer dans la discussion (là j'ai eu du mal à trouver le nombre de pages).
     
  10. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Meilleure Réponse
    Merci d'avoir lancé le sujet Azakaloo

    La réponse de Nobody m'interpelle car je me pose depuis déjà un moment la question de cette génération du "vite" qui fait qu'on se doit d'avoir fini presque avant même d'avoir commencé

    Le premier, le meilleur, c'est celui qui s'est précipité avant tous les autres dans la course à l'échalotte en premier...

    Piégé dans un forcing qui nous force à courir pour ne pas se retrouver le dernier...

    Surconsommation, suractivité, boulimie en tout, épuisement...


    "La solution d'explorer les territoires que l'Hyper Activité n'a pas envahis et les initiatives que prennent les membres de la famille pour mettre leur vie à l'abri.
    l'avantage de ce modèle c'est de déculpabiliser tout le monde et de faciliter la coopération des membres de la famille contre le problème."


    Et si je prends l'exemple d'une entreprise très compétitive du marché, dans quel secteur de cette entreprise se situent ceux qui ont mis leur vie à l'abri pour du long terme en évitant l' épuisement ?

    Par leur attitude, ne remettent-ils pas alors en question la compétitivité même de leur entreprise en et ne se risquent ils pas à être considérés par les autorités comme refusant de se plier au système et culpabilisés par les autres travailleurs hyper actifs de l'entreprise ? Donc pas à l'abri et virés rapidement ?

    Trouver le juste équilibre dans un société ni trop compétitive, ni trop peu rentable paraît de plus en plus difficile vu notre système "éducatif" en accélération

    La faute aux parents qui se sont laissés conditionner ?

    Je voyais ce matin un voisin qui gardait pour les vacances sa petite fille de trois ans qu'il trouvait très vive, très active, très très hyper-active...
    Le modèle même de la jeunesse actuelle...
    Que dire ?
    Que c'est normal et que le contraire ne le serait pas ?

    :confused:
     
  11. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    J'ai l'impression qu'on demande beaucoup aux enfants de ne pas bouger, de ne pas parler trop fort mais sans leur laisser de moment de défouloir. J'entends des gens se demander si un gamin n'est pas hyper actif à tout bout de champ et je me pose la question de la représentation de l'enfant et de l'enfant en bonne santé. Pour moi un gamin en bonne santé bouge beaucoup, saute, court, fais du bruit (mais sait aussi se poser par moment), et est crevant pour un adulte si on essaye de le suivre ou de l'entraver. Je m'inquièterai plus pour un enfant amorphe hyper sage qui ne bouge pas que pour un gamin qui bouge "un peu trop".
    La dernière fois j'ai vu un père crier sur son fils préventivement "j'ai pas intérêt à t'entendre" quand on s’installait à table dans un restaurant, un peu plus tard le gamin renverse son verre (vide, pas de casse), je vois le gamin tétanisé avec un grosse frousse dans le regard, je lui dis que ce n'est rien, pas grave, ça arrive à tout le monde, quand j'entends une voix hurler derrière moi qu'il "n'a pas intérêt à bouger". Clairement je me suis demandé comment il concevait les enfants avant d'en faire et pourquoi il en a fait au lieu de découper une photo de gamin dans un magazine.

    Pour moi, un enfant c'est fatigant, de manière normale. Après ça il y a des enfants qui sont malades ou ont un handicap qui ne facilite pas les choses. C'est comme ça, si on peut soigner, équiper, aider l'enfant alors autant le faire pour son confort, mais si on ne peut pas ou que partiellement alors je pense qu'il faut accepter. Je pense a un jeune client que je vois, intelligent, sympa, et qui cumule (plusieurs "dys" et des petites choses dans le corps), il m'a dit qu'il était un "enfant soucis" ça m'a interpellée comme terme et je lui ai parlé d'Erickson qui "cumulait" carrément aussi mais qui est probablement le nom le plus connu en hypnose et considéré comme un psy hors pair, il a été étonné de tous les pépins qu'avait pu avoir Erickson. Et il a été soufflé quand je lui ai dit que moi aussi j'avais des semelles orthopédiques (comme lui, mon client), et même pas honte! On peut "avoir des soucis" et être bien, se sentir bien etc. Attention "avoir" "être".
     
  12. Hypno-Morgane24

    Hypno-Morgane24

    Inscrit:
    11 Août 2014
    Bonsoir à tous,
    Je m'adresse à vous car j'ai un petit souci avec mon petit frère de 9 ans qui va se faire opérer des dents demain matin à la clinique. Certes, ce n'est pas très long mais je le sens stressé et hyperactif ce soir. J'ai essayé quelques bases que j'avais proposé sur moi dans le salon mais cela n'a pas marché(il y avait la tv allumé et d'autres personnes présentes). il a rit à la fin. Il court partout dans la maison ce soir et sa voix est très rapide.
    Je me demandais justement si vous n'auriez pas un petit script ou des techniques de relaxation pas très longues afin de le détendre un peu. Il aime l'athlétisme(saut en longueur), jeux vidéos et dessins animés. Il aime aussi un peu nager.
    Que me proposez vous?
    Merci beaucoup.
    Morgane.
     
  13. surderien

    surderien

    Inscrit:
    16 Juillet 2008
    Le laisser se laisser aller dans son émotion et qu'il sente que tu sois là, simplement...
     
  14. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    S'il n'est pas trop tard, c'est ce matin? Avant de partir il peut imaginer être dans un jeu vidéo où le héros est un chirurgien dentiste qui doit réparer ses dents, sauter d'incisive en canine en molaire, attention une rivière de salive, ho une bactérie! (gentilles elles peuvent se collectionner comme des "pets", dangereuses elles se détruisent à grand coup de pistolet laser)...
     
  15. Hypno-Morgane24

    Hypno-Morgane24

    Inscrit:
    11 Août 2014
    Bonjour Prudence,
    Pour répondre à ta question, c'est hélas ce matin. il est parti pour 7h à la clinique et reviendra en fin de journée. j'ai réussi à le détendre un peu hier soir, je lui ai pris la main et faire des petits mouvements doucement. Je lui ai parlé d'un ton calme , j'ai réussi une toute petite partie. Je finirai ce soir afin qu'il soit plus relaxé et qu'il se remette de l'anesthésie générale. Même si je sais qu'il faudra un certain temps avant qu'il ne soit totalement remis. J'ai posé mes mains sur lui pendant qu'il commençait à s'endormir dans son lit hier soir.
    Ce matin, ça allait un peu mieux même si il était encore un peu.. actif.
    On verra bien ce soir.
    Si j'avais été formé à l'hypnose, j'aurai pu intervenir à la clinique ou avant l'opération. Il faut des diplômes et tout est le problème.
    Voilà les nouvelles!
    J'ai RDV cette après midi à 16h30 où un taxi que j'ai commandé hier soir me déposera et me ramènera.
    Gros bisous à tous et merci pour les suggestions, je m'en servirai ce soir. Et vous, avez vous eu à intervenir sur un membre de votre famille?
    Morgane.
     
  16. Prudence

    Prudence

    Inscrit:
    29 Août 2011
    C'est un sujet qui revient régulièrement et ma réponse ne varie pas trop: dès que ça touche à des choses importantes, lourdes etc. je n'approche pas de mes proches. Je dépanne juste pour des bobos de temps en temps: un peu de gestion du stress et des angoisses, une aide arrêt tabac, distraction de la douleur, un peu d'apprentissage d'hypnoanalgésie, mais à chaque fois ça reste assez... distant, je ne creuse pas les causes et je leur dis que s'il en sente le besoin il faut aller voir un autre psy.