Question aux hypnothérapeutes

#1
Bonjour,
J'aimerai savoir pourquoi les hypnothérapeutes, lors de leurs séances, disent par exemple : l'inconscient, les jambes, les bras, etc... au lieu de dire : TON inconscient, TES jambes, TES bras ! J'ai remarqué qu'ils font pratiquement tous ça ! Puisqu'ils s'adressent à notre inconscient en séances, ils pourraient nous dire carrément : TES ceci, TES celà ! Non ? Merci de m'éclairer.
 
#2
Bonjour Rose,
Cela facilite la "dissociation", terme générique qui recouvre plusieurs choses, de façon simpliste disons ici la dissociation corps/esprit.
C'est une des technique qui permet d'approfondir la transe, et de se voir en tant que "spectateur, de l'extérieur ou sur un écran ensuite.
En fin de séance on "réassocie", on utilise donc de nouveau "ton" bras, "tes" yeux...
 
#4
Intéressant comme question et comme réponse. Je fait pas cela et je ne l'ai pas remarqué. Y en a t'il d'autres ici qui auraient quelque chose à dire sur ce sujet?
 
#5
Bonsoir,

Oui effectivement cela permet d'approfondir l'état de transe, de se dissocier plus facilement, de revivre aussi moins intensemment des souvenirs douloureux en étant dissocié de ses émotions.

Ceci dit, je pense que c'est une pratique très éricksonienne ou nouvelle hypnose. En hypnose classique, on ne dissocie pas.
 
#6
Comme Léo, je ne le fais pas, je dis "vos jambes, vos mains, votre inconscient" C'est le sujet en état d'hypnose qui a les pouvoirs, donc je pense qu'il est préférable de lui dire que c'est lui qui fait. Et a mon avis, de trop dissocier le conscient de l'inconscient n'est pas profitable. L'inconscient agit, mais c'est toujours avec l'accord du conscient.
 
#7
Bonsoir,

Voici un point qui est particulièrement bien détaillé dans l'ouvrage de Claude Virot et Franck Bernard, un des meilleurs ouvrages techniques que j'ai eus en main.

Il s'agit d'une position relationnelle (du patient par rapport à lui-même) favorisant la dissociation corporelle, c'est donc une bonne voie de guidance pour l'étape de la dissociation.
Cela favorise (et non pas : provoque) un vécu différent d'une partie du corps par rapport au reste, parallèlement il est souvent recherché de favoriser la dissociation d'une partie de l'esprit par rapport à la globalité, c'est à dire l'individu en conscience critique (souvent appelée : ordinaire).

Ainsi ces propositions favorisant la dissociation corporelle ne sont pas tendues au hasard, mais peuvent être en lien avec l'expérience sur laquelle la séance se centre (p. ex. les jambes et... l'évasion en une promenade).

Les auteurs mentionnés insistent sur la nécessité de réassocier tout ce qui a été dissocié. C'est important, si pour certains cela n'a pas de conséquence, pour d'autres ce peut être fâcheux... :?
 
#10
Je pense que la tournure "les ceci", le cela" , a plusieurs avantages : désimpliquer le vécu du client pendant la séance : ce qui arrive n'est pas obligatoire, un observateur entraîné peut déceler quelque chose là où le sujet ne ressent rien … et deuxième avantage non négligeable : cela évite de choisir entre tes et vos, le tiens et le votre, etc.
 
#11
Si la suggestion est permissive ("je ne sais pas si cette sensation apparaîtra d'abord dans cette main, ou bien dans celle-là...") alors cette manière de désigner une main laisse totalement la possibilité au sujet de ressentir dans l'une ou l'autre, ou bien de ne rien ressentir d'ailleurs !

...et dans ce cas le sujet est accompagné, non mené. C'est bien là le style ericksonien.

La personne peut choisir de s'associer aux paroles comme si cela était sa propre pensée ; pas de hiatus entre les 2.
Cette liberté de se laisser guider sur ce chemin là est plus aisée avec "cette main" qu'avec "votre main", qui oblige le sujet à se défocaliser de sa pensée pour reprendre conscience de la présence de la personne qui parle, en tant qu'Autre ; ceci pouvant bloquer le sujet dans son cheminement.

Ici "la main droite" n'aurait pas plus d'intérêt, ressemblant plus à une description anatomique impersonnelle, mais toujours hors du centrage du sujet.


Mais ceci dit si la tournure est directive ce sera moins bien vécu, ressenti plus facilement comme une contrainte ; comme dans le genre de formule "... et l'une de vos mains commence à ressentir... bientôt suivie par l'autre..." qui ne laisse pas son propre rythme s'installer.
 
#13
La technique d'Erickson m'a beaucoup choqué au départ et j'ai eu du mal à la pratiquer, je pense maintenant savoir pourquoi :


Lorsqu’on indique au patient une thérapie classique :

S’il ne la fait pas, il a le choix de ne pas la faire !


S’il la fait il n’a pas le choix…



En technique éricksonienne le choix ne se pose pas : on met / on est mis dans une situation de contrainte de faire faire

ce qu’il est utile de faire, sans pouvoir se poser la question du choix de choisir de faire ou non


C’est cette supression de liberté de choix qui peut paraître choquante

Mais pour moi c'est pourtant là que réside toute la stratégie de la technique

:)
 
#14
Et moi je veux laisser au sujet la liberté d'échouer, car des désirs conscients peuvent entrer en conflit avec des intérets inconscients, et nous ne savons pas tout de nos patients, loin de là.
 
#15
hypnosympa a dit:
La technique d'Erickson m'a beaucoup choqué au départ et j'ai eu du mal à la pratiquer, je pense maintenant savoir pourquoi :


Lorsqu’on indique au patient une thérapie classique :

S’il ne la fait pas, il a le choix de ne pas la faire !


S’il la fait il n’a pas le choix…



En technique éricksonienne le choix ne se pose pas : on met / on est mis dans une situation de contrainte de faire faire

ce qu’il est utile de faire, sans pouvoir se poser la question du choix de choisir de faire ou non


C’est cette supression de liberté de choix qui peut paraître choquante

Mais pour moi c'est pourtant là que réside toute la stratégie de la technique

:)
d-kortik a dit:
Et moi je veux laisser au sujet la liberté d'échouer, car des désirs conscients peuvent entrer en conflit avec des intérets inconscients, et nous ne savons pas tout de nos patients, loin de là.
Lorsque je fais de la thérapie éricksonienne, je la fais et je n'ai plus le choix ...

de laisser le patient échouer...

ce dans une double contrainte qui va dans le même sens thérapeutique !

:)
 
#17
d-kortik a dit:
Et moi je veux laisser au sujet la liberté d'échouer, car des désirs conscients peuvent entrer en conflit avec des intérets inconscients, et nous ne savons pas tout de nos patients, loin de là.
d-kortik a dit:
Etes-vous en train de dire que vous avez 100 % de réussite ?? Vite je veux que vous soyez mon prof !!!
Pourriez vous contraindre vos patients à avoir 100 % d'efficacité, si vous voulez vraiment leur laisser la liberté d'échouer ?

Je sais comment contraindre à 100 % mes patients ...

Est-ce éthique ?

Dois je leur laisser la liberté de choix ?

Donc la liberté de ne rien changer à leur problème ?

:roll:
 
#18
[Pourriez vous contraindre vos patients à avoir 100 % d'efficacité, si vous voulez vraiment leur laisser la liberté d'échouer ?

Je sais comment contraindre à 100 % mes patients ...

Ca fait peur.......


Est-ce éthique ?

Dois je leur laisser la liberté de choix ?

Donc la liberté de ne rien changer à leur problème ?

Perso je pense que cette liberté de ne rien changer est absolument nécéssaire, car destructurer certaines choses, qui par ailleurs peuvent être gênantes, mais qui d'un autre coté peuvent se révéler très utiles.
Il y a des choses qu'il vaut mieux laisser (en toute conscience)... car avec certains changements on pourrait ne pas s'en sortir (surtout s'ils sont imposés)


quote]
 
#20
Je connais plus d'un patient qui après s'être donné la liberté d'échouer, sont sortis de mon cabinet triomphants (du genre "il a pas pu m'hypnotiser", ou "votre truc ça marche pas") et ont puisé ensuite dans leurs ressources ainsi boostées l'énergie de parvenir par eux mêmes au résultat souhaité. N'est-ce pas là tout ce qu'on demande ? Un échec est-il vraiment un échec ? Un succès est-il toujours souhaitable ? La position basse n'est-elle pas le repos de l'hypnothérapeute ?
 
#21
Vous connaissez tous bien sûr l'histoire du paysan chinois vivant seul avec son fils dans une pauvre cabane avec pour seul trésor un cheval magnifique.
Un jour l'étalon cassa la barrière de l'enclos et s'enfuit.
Et tous les paysans alentour de venir le plaindre "Mon pauvre, te voilà ruiné, comme c'est triste, …"
Notre brave paysan haussa les épaule en disant "c'est la vie"
Lorsque quelques temps après le cheval rentra à son enclos accompagné d'une pouliche magnifique, tout le monde défila autour de l'enclos en le félicitant "quelle magnifique jument, comme tu as de la chance, etc …"
Et notre pauvre paysan de hausser les épaules en disant "C'est la vie"
Lorsque la jument mit au monde un magnifique poulain mâle, il fallut le dresser et ce fut le fils du paysan qui s'en chargea.
Hélas d'une ruade le jeune cheval lui brisa la jambe de telle façon que le fils en fut tout contrefait et boitant bas.
Et tous les amis de se lamenter auprès du paysan "Comme c'est malheureux, ton seul fils, qui s'occupait de tes vieux jours, quelle malchance …"
Et notre paysan de hausser les épaules en disant "c'est la vie"
Lorsque la guerre éclata avec les tribus mongoles, les sbires de l'empereur vinrent au village pour emmener à la guerre tous les fils agés de plus de seize ans, ils moururent tous, sauf le fils du paysan qui boitant bas avait été laissé pour compte.
Et chacun de se plaindre "Comme tu as de la chance, toi tu as encore ton fils, nous, nous sommes dans l'affliction"
En haussant les épaules notre paysan dit seulement "C'est la vie"
Comment savoir si un changement est bon ou mauvais, même souhaité ????
Allez, bonne journée à tous
 
#22
Un échec peut vraiment être un échec dans le cas ou la personne a essaye infructueusement depuis des lustres d' améliorer une situation par elle même et qu elle n y est pas parvenue., qu elle ne sait pas comment faire ou comment vivre avec. Ou bien encore un autre objectif peut être atteint, et non celui que le sujet désirait consciemment.
Un échec momentané peut se révéler un
succes surtout si c est des personnes qui ont une approche de type défi, et parviennent alors a se debrouiller tout seul.,

la position basse serait peut être aussi de pouvoir se dire qu on a échoue. ( enfin perso j ai déjà échoue..) afin de s améliorer ou se remette en question... Enfin c est le cas dans tous les domaines pas qu en hypnose.

Y a des sujets qui ont plaisir a dire que ça marche pas, qu ils ne sont pas hypnotisable, même si ce fut le cas...
 
#23
d-kortik a dit:
hypnosympa a dit:
Je sais comment contraindre à 100 % mes patients ...
Le mot contraindre ne fait pas partie de mon vocabulaire hypnotique.
Bon nombre de consultants viennent précisément me voir, en désespoir de cause, pour que je les contraigne à faire ce qu'ils me demandent de faire : les guérir !

Dois je refuser cette contrainte "hypnotique" ?

:roll:
 
#24
d-kortik a dit:
hypnosympa a dit:
Je sais comment contraindre à 100 % mes patients ...
Le mot contraindre ne fait pas partie de mon vocabulaire hypnotique.
Bon nombre de consultants viennent précisément me voir, en désespoir de cause, pour que je les contraigne à faire ce qu'ils me demandent de faire : les guérir !

Dois je refuser cette contrainte "hypnotique" ?
Etes vous un tyran, hypnosympa ?

Ce rapport relationnel à autrui vous semble t'il sain ?

Il me semblait qu'en thérapie ou en hypnose on était dans une relation d'aide plutôt qu'une relation de contrainte

Vous êtes libre de choisir de guérir... ou de ne pas guérir....

L'hypnose est ce avoir le plus de choix possibles ou aucun choix ? :roll:
 
#25
Et si le patient exprime le choix de ne plus avoir le choix d'aller bien, ne sommes-nous pas dans une liberté consciente qui irait dans le sens de son bien être?
 
#26
Si je reprends cette phrase: je choisis de ne plus avoir le choix d'aller bien

= je choisis d'aller mal.....
:

:?: :idea:

mais bon parfois on peut aller mal pour aller bien....


Pour aller bien.... ça donnerait je choisis d'avoir comme seul choix celui d'aller bien.... dans ton exemple....
 
#28
Je choisis d'avoir comme seul choix celui d'aller bien,

je choisirais de ne ne pas l'expérimenter sur ma personne, ni le conseiller ou le suggestionner à autrui...

Ca donnerait plutôt, version kzoulouk:

Je choisis d'aller bien même si parfois ça peut aller mal
Quand on va bien, on peut parfois aller mal, parce qu'on sait que ce n'est que passager, et que les épreuves font partie de la vie.

Après la pluie, le beau temps

Et quand je sais cela, ça m'aide déjà à aller mieux


8)
 
#29
laurenzo a dit:
Je dis juste que si un patient émet le désir d'aller bien, c'est dommage de le laisser aller mal si on a les moyens de le faire aller bien.
Désir conscient et désir inconscient peuvent être différents... ce qui est aller bien pour le conscient peut être aller mal pour l'inconscient et inversement...

Ca nécessite d'y voir de plus près.... :wink:
 
#30
Cette façon de voir les choses est pleine de bon sens si on a un coup de blues pendant 1 semaine mais je me demande si elle peut s'appliquer tout le temps à tout le monde.

Par exemple penses-tu que cette tournure de phrase paraitrait pertinente à une personne agoraphobe et enfermée chez elle depuis 15 ans?
 

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