Formation Hypnose

Rétrospective: Un an de concours de métaphores

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Nous avons passé une année enrichissante avec cette animation du concours de métaphore et je vous propose une rétrospective de cette année avec les messages gagnants.

Novembre 2015:
"Des métaphores qui mettent la joie au cœur".

Un jour une femme bien triste ,ne voyant que du malheur dans sa vie rencontra un sage et lui demanda la recette du bonheur:
Quelle ne fut pas sa surprise de lui répondre que est elle qui cultivait son malheur,comme on cultive son jardin
_"Tout est en vous,madame,allez chercher au plus profond de vous les plus beaux souvenirs de votre vie,un ressenti agréable,un fou rire entre amis,...
Pensez à une couleur qui vous mette en joie et ne voyez plus que cette couleur qui va illuminer votre vie...
Enlevez le voile noir du malheur,il n'a plus sa place en vous..
Fabriquez vous une carapace pour vous protéger des frimas
Cultivez votre jardin et positivez chaque jour ,cet exercice quotidien va changer votre vie
Et revenez me voir dans un mois ,nous en reparlerons"
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Décembre 2015:
"Accompagner les personnes endeuillées de ces derniers jours et soulager le malaise pour les autres"


Un jeune homme était accablé.
Il avait même peur de regarder sa main qui ne portait plus de bague.
Pas n’importe quelle bague.
Une bague que son père lui avait offerte pour sa majorité et qui était transmise de pères en fils depuis des générations.
Et cette bague, il l’avait égarée.
Il l’avait cherchée partout, pendant des jours et des jours.
Il avait mis des annonces dans les magasins, sur les arbres, les poteaux électriques, mais personne ne l’appela pour lui dire qu’il l’avait retrouvée et son dos se courba sous le poids de la culpabilité.
D’années en années, il avança dans une existence vide sans rien voir et sans rien entendre jusqu’à ce qu’il soit très vieux et très seul.
Il se réveilla brusquement.
Son premier geste fut de regarder sa main.
La bague n’était pas là.
Le rêve n’était qu’un rêve mais la bague était bien égarée dans la réalité.
Deux semaines déjà.
Il l’avait cherchée sans relâche.
Inutile.
Il devait arrêter de la chercher et accepter de ne jamais la retrouver.
Mais comment accepter ?
Comment réparer ?
Comment surmonter la culpabilité devant son père et devant ses ancêtres ?
Pas un seul n’avait égaré la bague.
En lui donnant la bague, son père lui avait raconté les dangers qu’ils avaient tous affrontés et comment ils avaient protégé la bague pour pouvoir la transmettre et en pensant à toutes ses péripéties, le jeune homme culpabilisait encore davantage.
Par sa faute, le premier de ses fils ne recevrait pas la bague.
Son dos se courba.
Il ne voyait plus rien, n’entendait plus rien.
Brusquement, il repensa au rêve.
Non, il n’allait pas prendre cette route-là.
Bien sûr, il ne pourrait pas transmettre la bague au premier de ses fils, mais il pouvait transmettre l’histoire de cette bague et de ses ancêtres.
Et la dessiner aussi.
C’est ce qu’il fit.
Et lorsque chacun de ses enfants, filles ou garçons, atteignirent leur majorité, il leur donna un exemplaire du livre superbement relié qui contenait toute l’histoire de la bague, de ses ancêtres, de sa faute, mais aussi un grand nombre de pages blanches pour que chacun puisse le continuer et le transmettre à ses enfants de générations en générations.
 

Prudence

Moderateur
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Janvier 2016:
"Faire d'une grosse colère quelque chose de bien."


Le placard
C'est l'histoire d'une maison, assez ancienne, un peu abîmée, pas très propre mais plutôt sympa dans l'ensemble, comme ces vieilles maisons de famille. Elle était plutôt agréable à vivre la journée, avec ses petits travers, mais la nuit c'était une autre paire de manches: Quand les habitants allaient se coucher ils entendaient des grincements, des gémissements, des hurlements étouffés et cela les gênaient pendant leur sommeil, quand ils arrivaient à dormir! La journée en mettant de la musique, en allumant la télévision, en faisant plein d’activités ils arrivaient à ne pas entendre ces drôles de bruits qui devenaient effrayants la nuit.
Au fur et à mesure des mois, des années, les bruits étaient de plus en plus forts, de plus en plus effrayants, de plus en plus gênants et les habitants de la maison durent bien se rendre à l'évidence: s'ils voulaient pouvoir dormir, se reposer, il allait falloir quelque chose. Alors ils appelèrent un dératiseur qui leur avait été conseillé par quelqu'un qu'ils connaissaient et qui avaient eu un problème qui ressemblait au leur et qui maintenant passaient des nuits et des jours paisibles.
Une fois le dératiseur arrivé, il demanda aux habitants de se couper les télévisions, les chaînes hifi et tous les nombreux appareils qui faisaient du bruit, cela prit déjà un bon moment. Les habitants avaient peur de ce silence qui en fait n'était pas du silence puisqu'il avait toujours ces gémissements, ses bruits, ses hurlements étouffés. Le dératiseur tendit l'oreille et désigna un placard:
- Qu'y-a-t-il dans ce placard?
- Quel placard? Ho non ce n'est rien, on ne s'en sert pas,ce n'est rien -répondirent les habitants.
- C'est de là que vient le bruit il me semble.
- Ah bon? ho mais on ne s'en sert pas, il ne faut pas y faire attention. D'ailleurs j'avais même oublié son existence.
- Pourriez-vous l'ouvrir?
- Non! s'écrièrent vivement les habitants
- Pourquoi?
- He bien... nous... nous ne... nous avons perdu la clef! Oui, voilà, on n'a pas la clef! Donc on ne peut pas l'ouvrir. -répondirent-ils tremblant de peur.
- Qu'est-ce que vous ressentez?
- Ho mais rien, rien du tout.
- ...
- C'est juste dommage qu'on ait perdu la clef, c'est tout. C'est tout.
La discussion se poursuivit un long moment, tellement long que le soir fini par tomber. Le dératiseur leur demanda de regarder s'ils ne trouvaient pas la clef.
Il revient le lendemain mais toujours pas de clef. Alors le dératiseur continua à discuter avec les habitants et il leur demanda de s’asseoir en silence de temps en temps, juste quelques minutes, quelques instants près de la porte du placard sans rien faire, juste écouter les bruits, les raclements, les gémissements, les hurlements étouffés. Les habitants avaient beaucoup de mal à faire ce que le dératiseur leur demandait, parfois se demandaient à quoi ça pouvait bien rimer, se disaient qu'ils étaient ridicules et que finalement mettre de la musique très fort ça fonctionnait bien, après tout. Mais ils continuèrent, petit à petit, jour après jour. Un jour un des habitant dit au dératiseur qu'il s'était subitement souvenu qu'il avait entendu parler de clefs rangées dans un coffre à la cave ou au grenier. Ils cherchèrent longuement dans le grenier mais sans rien trouver, puis à la cave et trouvèrent un joli coffret en bois ouvragé. Ils le remontèrent sans encore l'ouvrir, pas tout de suite, pas encore, ils le dépoussiérèrent soigneusement, il faut dire qu'il était très beau ce coffret, encore plus beau une fois nettoyé et soigneusement entretenu et nourri.
Lorsque le dératiseur revint ils ouvrirent le coffret qui contenait effectivement la clef du placard. Ils n'osaient pas ouvrir la porte, après tout il y avait peut être toute sortes d'animaux dangereux de l'autre côté et ils avaient peut être des maladies, c'était peut être dangereux, c'était sûrement dangereux, et si on calfeutrait la porte avec de l'isolant ? Mais même s'ils pensaient ses choses ils n'y croyaient pas vraiment et au fond de leur cœur, au delà de la peur ils sentaient qu'il fallait ouvrir cette porte. Le dératiseur leur dit qu'ils pouvaient très bien n'en n'ouvrir qu'un tout petit bout, laisser s'échapper quelques courants d'airs s'ils préféraient, qu'ils découvriraient bien ce qu'il allait se passer en ouvrant la porte.
Les habitants mirent la clef dans la porte, la déverrouillèrent, et ouvrirent en grand, alors des hurlements fantomatiques sortirent à toute vitesse en les renversant, ils hurlaient « tu n'as pas le droit de me faire ça », « c'est injuste », « non ! »... de nombreux mots, de nombreuses phrases enfermées depuis bien trop longtemps. Ils attendirent longtemps que les fantômes des phrases non dites et des émotions refoulées sortent les unes après les autres. Quand la tempête se calma le habitants étaient assez secoués, un peu déboussolés, ils reprirent progressivement leur souffle et le dératiseur leur expliqua que c'était un placard à colère et qu'ils venaient de se libérer d'années et d'années de colères non dites qui pourtant sont si utiles car après tout la colère sert à nous dire qu'un besoin n'est pas respecté et elle peut servir à nous protéger... si on ne l'enferme pas dans un placard ! Les habitants avaient du mal à croire à ce qu'ils venaient de vivre, ils se sentaient mieux, plus légers, plus tranquille, mais qu'est-ce qui avait changé ? Le dératiseur leur fit signe de tendre l'oreille et s'en alla. Alors les habitants écoutèrent et pour la première fois de leur vie, leur sembla-t-il ils écoutèrent le silence.
Depuis ils dorment mieux, savourent la solitude et le silence, ce qui ne les empêche pas d'écouter de la musique : quand le cœur leur en dit.
 

Prudence

Moderateur
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Février 2016:
" comment aider un/une surdoué à s'assumer avec son QI super handicapant"

Égalité.

Mathilde ne décolérait pas.
Ce n'était sans doute pas la première fois que ses parents avaient une idée saugrenue, mais là, ils avaient fait très fort.
Ils avaient loué une grande maison au bord de la plage avec un couple d'amis pour tout l'été.
Et pas n'importe quel couple.
Les parents du surdoué.
Déjà qu'elle avait dû se le coltiner en classe pendant toute l'année scolaire, elle devait en plus partager le même espace pendant les deux mois de vacances avant de le retrouver à la rentrée scolaire avec tous les risques que cela comportait d'être encore dans la même classe.
Et comme si ce n'était pas assez, ses parents voulaient qu'elle apprenne, tous les matins, les bases de toutes les disciplines possibles et imaginables, avec, devinez qui ? le surdoué!
Elle avait tout essayé pour les faire changer d'option, mais ils n'avaient rien voulu entendre.
Alors, elle attendait le surdoué.
Elle l'entendit monter l'escalier et frapper à sa porte.
Un petit frappage lamentable sans aucune consistance.
Elle ne répondit pas, en espérant qu'il se lasserait.
Mais la porte s'ouvrit brusquement sur le visage de sa mère qui poussa le surdoué, précédé de ses lunettes qu'il ne devait sans doute retirer ni pour dormir ni pour prendre sa douche, au beau milieu de sa chambre.
Quoi qu'il en soit, il pouvait faire tous les cours qu'il voulait, elle penserait à autre chose.
Elle ne voulait absolument rien apprendre de ce garçon-là.
Après une demi-heure, le surdoué arrêta d'expliquer et referma le livre.
- Bon, si tu ne veux rien apprendre, alors je ne peux pas t'aider, dit-il très vieil adulte du haut de ses quinze ans. Tu ne m'aimes pas parce que je suis surdoué, mais ça ne devrait pas t'empêcher de travailler. Cependant, si tu préfères être un cancre pendant toute ta scolarité et ensuite faire des petits boulots subalternes, c'est ton problème, ce n'est pas le mien.
- Tu veux rire! s'exclama Mathilde. C'est pas parce que t'es surdoué que je ne t'aime pas, mais parce que tu es soudoué!
- Avec mon QI!
- Je m'en fiche, moi, de ton QI! T'es quand même un soudoué! Soudoué en copains, soudoué en humour, soudoué en blagues de potaches! Un vrai soudoué!
- Excuse-moi, mais un être humain se doit toujours de chercher à s'élever et non pas à descendre.
- Si tu habites au trentième étage et si tu veux aller faire tes courses au supermarché du coin, tu dois bien descendre, sinon, tu ne manges pas et tu ne peux même pas aller t'acheter du PQ.
- Qu'est-ce que tu peux être vulgaire!
- Tu vois, là encore, t'es soudoué! Un soudoué en banal, en ordinaire, en quotidien! Tu es en haut de ta tour et tu vois le monde en tout petit minuscule!
- Peut-être, mais c'est lorsqu'on est en haut de la tour qu'on a une vue d'ensemble et qu'on peut voir des paysages somptueux qu'on ne peut pas voir au ras du bitume. C'est également en haut de la tour qu'on peut choisir les routes que l'on va prendre!
Ce qui sembla vrai à Mathilde.
Et à force d'échanger les avantages et les inconvénients d'être en haut et d'être en bas, le surdoué et Mathilde, se rendirent compte que la meilleure des solutions était de pouvoir aller en haut et aller en bas, autant qu'on le voulait, quand on le voulait, et tous les deux sont alors convenus d'apprendre à s'élever le matin dans les livres scolaires, et à redescendre l'après midi, sur la plage.
L'année scolaire suivante, Mathilde avait de meilleures notes et de meilleures relations avec les professeurs et le surdoué était capable de regarder les mouches voler et de s'amuser avec les autres élèves.
Et tous les deux espéraient que leurs parents loueraient encore une maison ensemble aux prochaines vacances.
C'est l'histoire de William cet ado qui depuis quelques mois pense avoir un don très prononcé.
Il décide un jour d'aller voir un vieux sage pour lui exposer son problème.
William arrive devant le vieux sage et lui dit : 'Je ne sais pas ce que j'ai mais je pense avoir un don ?'
Le vieux sage lui répondit : 'Ha je vois tu penses être différent des autres n'est-ce pas ?'
Tout à fait répondit le jeune homme !
Quel est ta différence demande le vieux sage ?
Et bien je sais beaucoup de chose, je sais toutes les réponses quand les professeurs posent des questions !
Je sais aussi que les jeunes de mon âge ne sont pas très malins, ils n'ont aucun sujet de discussion intéressante.
As-tu un doute sur ton don demanda le sage ?
Non répondit William, pouvez-vous me dire ce que j'ai ?
Bien sûr dit le sage, en fait tu es plus intelligent que les autres, ce n'est pas un don mais bien une qualité !
Une qualité ? Vous voulez rire ? Je n'ai aucun amis et je sais résoudre énormément de problème ou d'autres n'arrive pas, je suis donc seul et incompris !!!
Le vieux sage s'approcha de lui et lui dit : 'tu sais tu es plus intelligent que les autres, tout simplement parce que tu mesures cette intelligence intellectuellement, mais il y a une autre intelligence qui elle est infinie, et cella là tu pourras la faire évoluer grâce à ton intelligence actuelle, car pour l'instant elle est comparable à celle des autres !"
Je ne comprends pas dit William vous venez de me dire que j'étais très intelligent et l'instant d'après vous me dites que j'ai une autre intelligence qui elle comparable à celle des autres personnes, expliquez-moi ?
2 choses William, la première c'est que tu viens de voir que malgré ton intelligence, tu n'avais pas la réponse, alors que moi qui suis moins intelligent que toi j'ai cette réponse.
Et la deuxième qui est la plus importante est que tu dois développer ton intelligence du cœur, celle qui te fera comprendre qu'avec ton intelligence intellectuelle, tu sais aider les autres pour en faire des petits génies, un peu comme toi.
Mais pour y arriver il te faut cette intelligence de cœur, qui t'aidera à comprendre la patience et la persévérance dont tu devras faire preuve afin d'augmenter l'intelligence intellectuelle des autres.
Quand tu y seras arrivé non seulement tu auras grandi par le cœur mais en plus les autres seront presque aussi intelligent que toi, c'est bien ce que tu veux n'est-ce pas ?
William répondit, oui, je comprends, maintenant je dois utiliser mon intelligence autrement.
Très bien dit le vieux sage, je vois que tu commences à comprendre cette intelligence illimité du cœur, continue comme cela !
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Avril 2016:
"Comment accepter les aspects de soi qu'on considère comme honteux, ou dégradants, ou qu'on n'aime tout simplement pas."


La jungle:
Trois amis discutaient au tour du point d'eau comme cela arrive souvent dans les forêts asiatiques. Ces trois amis étaient un orang-outang, un serpent et un éléphant.
Accidentellement l’orang-outang pousse avec un de ses longs bras le serpent, il s'excuse et soupire:
- Comme mes bras sont longs, c'est ridicule, et ce n'est vraiment pas pratique quand je suis à terre, je pourrais même marcher dessus. -Et il soupire à nouveau.
- Sssssi tu sssssavais, répond le serpent, ccccc'est très difficcccccile d'être sssssi petit que moi, ssssi léger. J'aimerai bien avoir des bras et être fort comme toi, tu trouves tes bras trop longs, moi je n'en ai pas, ajoute-il avant de soupirer à son tour.
- Et si vous saviez ce que ça fait d'être si lourd, si encombrant, la forêt est assez dégagée dans cette partie et j'ai pu vous rejoindre mais il y a tellement d'endroits où je ne peux pas aller. Et je ne vous parle pas de ma discrétion, ajoute-il dans un soupir.
Et les trois compères soupirent ensemble. Quand tout à coup un craquement de brindille les rappelle aux dangers de la forêt: un terrible tigre se tient devant eux prêt à bondir: L'orang-outang grimpe à toute allure dans les arbres en s'agrippant aux branches, le serpent file dans un trou et l'éléphant ne bouge pas. Le tigre ayant perdu toute chance de faire son repas fit demi-tour et s'en alla.
Le serpent dit à l'orang-outang:
- ouha! j'ai été impressionné tu as été ssssi vite pour grimper dans les arbres! J'ai bien cru que tu allais rater la troisième branche mais tu l'as eu de justessssssse!
- Oui, tout juste, heureusement que j'ai de l'allonge, dit-il en montrant ses bras. Et toi dis donc, tu es drôlement rapide aussi et ce trou dans lequel tu es rentré, je n'aurai jamais pensé que tu passerai!
- Oui, je suis ssssouple et ma nature fine me permet de me faufiler partout. Et toi quel courage l'éléphant, tu n'as pas bronché!
- Bah que veux-tu qu'il me fasse? Je suis bien trop gros pour lui, et puis tu sais ce qu'on dit: les petites bêtes ne mangent pas les grosses.
- En fait, repris l'orang-outang, tout ce qui nous dérangeait tout à l'heure nous a sauvé la vie à l'instant.
- çççççççça, on n'est pas ssssssi mal lotis en fait.
- Oui, c'est vrai, dit-en souriant l'éléphant.
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Mai 2016:
"Sortir du mode automatique afin de pouvoir choisir et changer des comportements."


Bras gauche derrière le dos, bras droit sur le plexus solaire, courbette, se redresser, bras droit sur le côté droit, bras droit sur le côté gauche, et on recommençait, bras gauche derrière le dos, bras droit sur le plexus solaire, courbette.
Pendant des heures.
Tous les jours.
Des semaines, des mois, des années.
Pas un seul dimanche ou jour férié.
La nuit, on avait même braqué des spots sur lui pour qu'il ne puisse pas se donner le moindre instant de répit.
Non, ce n'était pas facile d'être automate.
Il avait commencé sa carrière un beau matin.
On l'avait déguisé en chef cuistot et on l'avait placé à l'entrée de la salle, derrière une vitrine pour qu'on puisse le voir de la rue.
Au début, il était content de lui parce qu'à n'en pas douter, sa présence amenait des clients dans le restaurant.
Mais là, après des années et des années, il n'en pouvait plus.
Il aurait voulu tout casser.
Mais il était coincé dans son socle.
Il pouvait juste regarder les gens qui marchaient sur le trottoir et qui étaient libres d'aller partout dans le monde.
Et à force de regarder tous ces humains qui bougeaient dans tous les sens, il repéra un passant différent des autres.
Une sorte d'humain-automate, en ce sens que chaque fois qu'il marchait devant le restaurant, il regardait toujours la vitrine et faisait toujours le même drôle de geste avec son majeur.
Lorsque le patron le voyait, il sortait du restaurant en courant et en criant, ce qui faisait beaucoup rire l'automate.
Autant qu'il pouvait rire avec son sourire figé par la peinture.
En cachette, il s'entraîna à bouger ses doigts et un jour il parvint à lever son majeur.
Terminé les courbettes, le bras gauche derrière le dos, et le bras droit sur le plexus.
Il préférait lever son majeur et s'amuser des mines outrées des passants et des clients.
Très vite, le restaurant fut déserté.
Le patron en chercha la raison et surprit le geste de l'automate.
En une seconde, le pauvre automate se retrouva dans une poubelle.
Il avait peur.
Il avait entendu parler de la grosse broyeuse qui faisait du vacarme tous les matins.
Sa frayeur fut à son comble lorsque le couvercle de la poubelle se souleva.
Des mains le tâtèrent, le tâtèrent encore, l'extirpèrent, et l'enfermèrent dans un grand sac.
Il se retrouva dans un atelier.
Un homme le regardait.
Il rassembla toutes ses forces pour mettre son bras gauche derrière son dos, mais son majeur droit se leva brusquement.
Il n'était pas automate pour rien.
Le geste était devenu automatique.
Curieusement, l'homme se mit à rire aux éclats.
Il le brossa, le nettoya, lui donna d'autres vêtements, et le plaça dans son salon.
Pendant les longues heures où l'homme sortait de la maison pour aller travailler, l'automate n'avait rien d'autre à faire que de lever encore et encore son majeur.
Mais un jour, il se dit que puisqu'il était parvenu à faire un geste pour lequel il n'avait pas été programmé, peut-être qu'il pouvait en faire d'autres.
Il chercha, s'entraina, et parfois le soir, il faisait la surprise d'un nouveau geste à son nouveau propriétaire qui l'appréciait chaleureusement.
Essais après essais, découvertes après découvertes, ses gestes furent de moins en moins automatiques et de plus en plus spontanés.
Bien sûr, il ne se transforma pas en être humain.
Il ne pouvait rien changer au fait qu'il était automate.
Mais il s'amusait, il ne s'ennuyait pas pendant les heures où il était seul, il avait un ami, autant qu'un humain et un automate pouvaient être amis, et parfois même il amusait des dizaines de personnes lorsque son hôte recevait des invités.
Oui, à n'en pas douter, il était sans doute un automate, mais un automate absolument génial. upload_2016-11-25_9-34-28.png
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Juin 2016:
Comment accepter ce qui ne peut être changé ?

Bonjour,
Comment accepter ce qui ne peut être changé ?

"Après tout, la meilleure chose à faire lorsqu'il pleut, est de laisser la pluie tomber
De même, lorsque le vent souffle fort, la meilleure chose à faire, est de le laisser souffler
Lorsque le soleil brille, ou lorsque la nuit tombe, le désir de les maîtriser, ne mène à rien.....
Toutes ces choses qu'on ne peut maîtriser, on sait naturellement les accepter comme telles
C'est ainsi qu' il ne sert à rien de vouloir tirer sur la fleur, pour la faire pousser plus vite

Accepter ce qui ne peut être changé, peut être la meilleure chose à faire, et le meilleur chemin à suivre, pour aller mieux, de mieux en mieux,jour après jour

Car, si l'on ne peut décider du soleil qui brille, alors on peut ajuster son ombrelle
Si l'on ne peut maîtriser l'eau qui tombe du ciel, alors on peut ouvrir son parapluie
Si l'on ne peut maîtriser la force du vent, il est certain qu' on peut ajuster sa voile

Accepter ce qui ne peut être changé, est une chose naturelle, qu'on a tendance à oublier
Il suffit de se souvenir......"

Belle journée à vous tous ;-)
Venance
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Juillet 2016:
Comment diminuer la charge émotionnelle d'un souvenir traumatisant, de manière à en épuiser l'efficacité, ou plutôt, la toxicité ?


...et j'aimerais que vous imaginiez, accoster seul sur la plage. Vous posez un pied sur le sable sec. Puis le second. Un instant assis sur le rebord du bateau, vous allez devoir prendre la malle qui s'y trouve, et la porter jusqu'au bungalow. Le bungalow, tout au bout de la plage. Cette longue et immense plage, presque à perte de vue. Avec le bungalow tout au bout. Mais déjà, la marée monte, et vous chargez la malle comme vous le pouvez, sur votre dos. D'un seul coup, elle vous pèse. La malle est lourde. Très lourde. Affreusement lourde. Car vous y avez mis, tout ce qui vous fait souffrir, les souvenirs, la peur, le stress et l'angoisse. Ces choses là ont un poids certain, et il n'est pas agréable d'avoir à les porter. Vous voulez vous en débarrasser, et pour celà, traverser la plage avec, pour les déposer au bungalow. Car même si ces choses désagréables vous pèsent et vous font souffrir, c'est une partie de vous qui mérite qu'on en prenne soin.

Vous commencez à marcher sur le sable, qui s'humidifie à mesure que les vagues remontent. La plage est sous vos pieds comme de la poix , ce n'est plus du sable, c'est de la glu. La malle sur le dos vous fait vous enfoncer à chaque pas. Au loin, mais de moins en moins loin, le bungalow est au sec. Au fur et à mesure de votre progression, à tous les pas que vous faites, dès que vous avez levé le pied, l'empreinte qu'il laisse se remplit d'eau. L'œil, du reste, ne s'est aperçu d'aucun changement; l'immense plage est unie et tranquille, tout le sable a le même aspect, rien ne distingue le sol qui est solide du sol qui ne l'est plus. La petite nuée joyeuse des pucerons de mer continue de sauter tumultueusement sur vos pieds. Vous continuez d'avancer, la charge sur vos épaules. Vous n'êtes pas inquiet. Inquiet de quoi ? Simplement vous sentez la lourdeur de votre chargement croitre à chaque pas.
Vous vous arrêtez quelques instants pour reprendre votre souffle, et vous orienter. Le bungalow est droit devant vous.
Alors que vos pieds s'enfoncent toujours plus dans le sable et que la mer monte, que la malle pèse toujours plus lourd sur vos épaules, vous vous remettez en marche et continuez d'avancer. Le bungalow se rapproche, ou bien est-ce vous qui êtes plus proche du but ? Puis, sans que vous ne vous soyez aperçu de quoi que ce soit, comme ça arrive souvent dans la vie, au fur et à mesure, votre progression devient moins pénible, le sable est plus ferme, vos pieds foulent le sable mais ne s'y enfoncent plus. C'est presque agréable. La marée n'est pas montée indéfiniment, elle s'est arrêtée et vous, vous continuez d'avancer. Et enfin, vous touchez du doigt la porte du bungalow. Celle ci s'ouvre. Vous pouvez vous baisser et laisser glisser la malle par terre. Vous refermez la porte. Soigneusement.
Libéré de votre fardeau, vous pouvez en oublier le poids, si douloureux sur vos épaules.
Lorsque vous serez reposé, lorsque la mer se sera retirée, vous pourrez traverser la plage dans l'autre sens, retrouver votre bateau, et embarquer pour de nouveaux horizons.

Belle journée à vous tous ;-)
Venance
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Août 2016:
comment aider la personne, à se réapproprier le résultat de ses actes ? (syndrome de l'imposteur)

Vous marchez sur un petit chemin de terre, bordé de chaque côté d’une nature riche et verdoyante. Vous sentez sous vos pas l’énergie qui monte du plus profond de cette terre, qui envahie votre corps tout entier et vous fait avancer d’un pas léger vers la clairière que vous distinguez tout au bout de ce chemin et que vous vous êtes promis d’atteindre. Et tandis que vous avancez en direction de cette lumière vous sentez monter en vous les parfums de la végétation qui vous entoure. Vous humez l’air et parvenez à distinguer chacune des odeurs qui parvient jusqu’à vos narines comme vous distinguez aussi nettement chacune des couleurs que cette nature généreuse vous offre. Et alors que vous marchez, attentif (ve) à la brise légère que vous sentez sur vos épaules, vous apercevez un peu plus loin sur le chemin des grosses branches que le dernier orage a fait tombé et qui jonchent le sol. Ces branches vous barrent la route et vous empêchent d’atteindre votre but. Vous savez qu’il va vous falloir utiliser toutes vos capacités physiques et intellectuelles pour franchir cet obstacle. Et tandis que vous réfléchissez au moyen de vous frayer un passage, vous distinguez sur le chemin des formes qui bougent dans uns sens, dans l’autre, comme un ballet dont vous ne devineriez pas la chorégraphie. Et en vous approchant toujours un peu plus, vous comprenez que ces formes mouvantes sont en fait des personnes qui essaient de déplacer les lourdes branches ; Ces hommes et ces femmes sont peut être connues de vous, ou non, ils peuvent être jeunes ou vieux, de sexe masculin ou féminin, qu’importe. Ils tentent de dégager le chemin mais tournent en rond, sans savoir où poser ces lourdes charges. Et alors que vous parvenez enfin à leur niveau, vous demandez leur attention et leur expliquez comment soulever les branches ainsi que la manière de les déplacer et de les poser les unes après les autres de chaque côté du chemin, afin de pouvoir ouvrir le passage. Votre langage est clair, votre intelligence vive et plus vous vous exprimez, plus vous vous sentez écouté, reconnu dans votre expertise, dans vos compétences ; et vous avez enfin le sentiment profond d’être bien à votre place là, sur ce chemin, qui s’ouvre enfin grâce à vous, à votre savoir faire et à vos connaissances accumulées. Oui, vous savez, maintenant que vous atteignez la clairière, que le mérite vous en revient. Et même si vous avez croisé tout au long de votre parcours des personnes ressources qui vous ont aidé dans votre progression, vous comprenez au plus profond de vous que c’est votre volonté, vos décisions personnelles et vos propres actions, qui vous ont permit d’atteindre votre but. Vous pénétrez alors dans la clairière, d’un pas affirmé, avec un profond sentiment de satisfaction et la pleine conscience de votre valeur.
Aliciia
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Septembre 2016:
"L'entrée dans l'âge adulte constitue toujours un moment difficile : entretiens professionnels, recherche de logement, nouvelles responsabilités et obligation de s'assumer. Les relations du jeune adulte ne se limitent plus aux copains de lycée qui parlent le même langage et utilisent les mêmes codes sociaux ; il doit faire face à de nouveaux interlocuteurs dans toutes les démarches du quotidien et intégrer par conséquent de nouveaux modes de communication. Confronté à des situations nouvelles et pour lesquelles il n'a pas été préparé la plupart du temps, l'angoisse peut être si forte que le jeune peut se retrouver tétanisé et dans l'incapacité d'aller au bout de ses démarches qui sont pourtant des étapes nécessaires à la réalisation d'une vie d'adulte autonome.
Par quelles métaphores, adaptées à des jeunes patients, l'hypnose peut elle aider un jeune adulte à gérer ces difficultés et lui éviter ainsi de développer une véritable phobie sociale".

Égalité.

Partout dans le monde, les cailloux ronds et les cailloux plats était tout à coup devenus lumineux.
Pas les autres.
Juste les cailloux ronds et plats.
Une petite fille qui les voyait plusieurs fois par jour sur le chemin de l'école, se dit qu'ils seraient du plus bel effet dans sa chambre.
Elle en ramassa un plein panier et les disposa un peu partout sur les meubles et s'endormit toute contente.
Au matin, tous les cailloux étaient gris et ternes.
Déçue la petite fille les jeta et en ramassa d'autres qu'elle disposa de nouveau dans sa chambre et qu'elle jeta rapidement aussi parce qu'ils étaient tous devenus gris et ternes.
Elle comprit que les cailloux voulaient être à l'extérieur et pas à l'intérieur des maisons et courut en chercher d'autres qu'elle disposa sur la pelouse devant la fenêtre de sa chambre.
Mais de nouveau, au matin, les cailloux étaient devenus ternes et gris.
Après y avoir beaucoup pensé, elle se dit que peut-être les cailloux ne voulaient pas être déplacés.
Elle déplaça plusieurs cailloux de quelques mètres et chaque fois qu'un caillou était déplacé il devenait gris et terne.
Chaque fois qu'elle le remettait à la place qu'il avait avant, il s'illuminait.
Alors, la petite fille ne les déplaça plus et profita de leur beauté là où ils étaient.
Elle grandit et se transforma en une jeune fille qui devait aller à l'université dans la ville voisine.
Mais elle ne pouvait s'empêcher de penser aux cailloux.
Elle avait peur de devenir grise et terne en sortant de sa ville.
Alors, elle prétendit qu'elle ne voulait pas étudier et qu'elle voulait travailler.
Elle trouva du travail rapidement, qui ne correspondait pas à ce qu'elle voulait faire, mais, au moins, elle n'était pas triste et terne comme un caillou rond ou plat qu'on avait déplacé.
Elle rencontra un jeune homme et elle en fut amoureuse autant qu'il l'aimait.
En fait, elle avait eu raison de ne pas aller à l'université parce qu'elle ne l'aurait pas rencontré.
Et ça la consolait de ne pas avoir fait le métier qu'elle voulait faire.
Mais un jour, le jeune homme fut muté dans un autre pays.
Elle refusa de le suivre pour ne pas devenir terne et grise comme un caillou.
Et elle épousa un garçon du coin.
Elle ne l'aimait pas, mais elle l'aimait bien.
Ils se marièrent et ils eurent plusieurs enfants.
Lorsqu'ils furent grands, un des garçons voulut aller faire des études dans la ville voisine, mais, en tant que mère qui devait protéger ses enfants, elle s'y opposa.
Son fils se fâcha et alla à l'université en claquant la porte derrière lui.
Une de ses filles voulut aller travailler à l'étranger.
En tant que mère, elle l'enferma dans sa chambre pour la protéger.
Mais sa fille alla à l'étranger, en sortant par la fenêtre.
Elle essaya alors de retenir ses autres enfants, mais tous, la laissèrent pour aller dans le monde.
Son mari, las des querelles et de ne plus voir ses enfants, alla voir ailleurs si l'herbe était plus verte.
Et elle se retrouva seule.
Elle vieillit seule.
Dans sa ville.
Jusqu'au jour où elle s'endormit.
Et se réveilla.
Petite fille.
Ouf, ce n'était qu'un rêve.
En allant à l'école, elle vit que les cailloux ronds et plats étaient identiques aux autres cailloux.
Mais lumineux ou non, ça ne changeait rien au fait qu'elle n'était pas un caillou mais une petite fille qui allait devenir une jeune fille, et une femme, et qui avait compris que peu importe qu'un être humain se déplace ou non, l'important pour ne pas devenir seul et triste - autrement dit l'équivalent du gris et terne pour les cailloux - était de faire ce que l'on voulait faire, d'être ce qu'on voulait être, sans se laisser entraver par les peurs, librement.
J'ai fait un rêve cette nuit.
Le rêve d'une jeune personne, qui s'isolait, se recroquevillait, s'étiolait. Alors elle entendait des mots qui lui disait que pour l'instant elle se sentait lourde, pesante, emprisonnée, et qu'elle pouvait descendre comme à l'intérieur d'elle même. De plus en plus profond, de plus en plus en elle, rechercher le calme, encore un peu plus d'immobilité, pour le moment encore plus seule, encore plus à l'intérieur d'elle même, encore plus loin en elle, encore plus vers le calme, l'accalmie, vers une sorte de somnolence intérieure. Oui, comme ça, encore plus en elle, encore plus profondément, comme descendre en soi, avancer plus profondément vers l'intérieur de soi.
Comme une chenille qui s'arrête, qui sait que c'est la dernière fois. Elle pourrait bien penser qu'elle a peur, mais non, elle a des choses plus importantes à faire, alors elle laisse tout ça s'éloigner de plus en plus pour se concentrer plus sur elle même en elle même. Une pulsion la pousse, vibrante, quelque chose venant de l'intérieur la pousse à se poser, à s'installer, quelque chose d'important va commencer. Dans un instant. Dans un moment. Tout se prépare, tout se met en place pour ce merveilleux moment vital, si important dans et pour toute sa vie. Son instinct la guide, il n'y a qu'à suivre. Écouter le message intérieur. Bien installé, là. Juste là, maintenant le processus commence. Le processus est à l’œuvre.
Lentement, millimètre par millimètre, le fil se dévide, bobine qui s'enroule tout autour, pour l'instant un tout petit peu, on devine à peine ce qui deviendra un cocon protecteur. Et à chaque inspiration, à chaque expiration, un peu plus de protection. A chaque battement de cœur, un peu plus de protection. A chaque seconde qui passe et qui s'écoule, un peu plus de protection. De plus en plus à l'intérieur de soi, de plus en plus en sécurité. Son corps est au calme, il se repose, comme une hibernation profonde où tout parait si calme, si serein, si tranquille. Un moment de repos intense. Et se calme apparent va permettre un grand moment de transformation. Bien profondément calme au sein de se cocon protecteur que vous avez su créer, fabriquer fil à fil, brin par brin, millimètre par millimètre, seconde par seconde, elle va commencer à se transformer. Progressivement, dans tout son corps, partout à chaque endroit les structurent changent pour plus de liberté, d'aisance, de facilité, tout va pouvoir être plus léger dans quelques instants. Progressivement, dans sa gangue de soie, la chenille abandonne sa lourdeur pour quelque chose de nouveau et d'agréable. As-t-elle hâte de libérer définitivement?
Et dans tout son être se reproduit les transformations séculaires, millénaires, de ses parents, de ses grands-parents, des parents de ses parents, des parents de ses grands-parents, de tous ces aïeux, de tous ces ancêtres avant lui qui ont vécu cette merveilleuse transformation. A chaque génération l'abandon de la lourdeur et l'envol léger vers la liberté. Et à son tour, chacun à notre tour, nous vivons ce moment.
Bien à l'abri au sein du cocon la transformation continue. De plus en plus. La transformation se termine. Presque prêt. ... Voilà, c'est le moment. Tout est prêt. Le papillon est encore enfermé dans son cocon qui lui est devenu inutile et qui l'emprisonne. Maintenant il est prêt à partir, prêt à prendre son envol, prêt enfin à se libérer; mais pour cela il lui faut déjà se libérer de son cocon. Son cocon si utile à un moment, l'emprisonne maintenant, et il pousse, le fend, commence à l'ouvrir à se dégager. De plus en plus pousser, de plus en plus ouvrir, de plus en plus se libérer. Sentir le soleil, le vent, la chaleur, déjà un goût de liberté, de légèreté.
Jusqu'à pousser les derniers morceaux des pattes, et là étendre ses ailes, sentir le soleil les sécher, sentir le vent les soulever. Dans tout son corps sentir la légèreté, la grandeur, l'envergure des ailes, les possibles, savoir instinctivement qu'on peut maintenant se déplacer en 3D, tellement plus de choix, de possibles, de possibilités. La satisfaction, la fierté de s'être libéré au travers de cette transformation. D'avoir conquis sa liberté.
Enfin le premier vol, l'air qui soutient invisiblement mais sûrement.
Le vol. L'envol.
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Octobre 2016:
La société fait un parallèle entre les saisons et les âges de l'existence et l'automne correspond à la vieillesse. Pourtant, si l'on trouve des points positifs à l'automne - flamboiement des couleurs, châtaignes, commencement par la rentrée scolaire - on n'en trouve pratiquement pas, et même aucun, à la vieillesse. Alors qu'on n'applique pas de traitements chimiques sur la nature pour empêcher les feuilles de jaunir, on oblige presque les femmes, et aussi les hommes, à employer des crèmes anti-rides - que l'on appelle aussi anti-âge - à cacher les cheveux blancs, à se cantonner dans le baby-sitting des petits enfants. Comment accepter la vieillesse ? Sans doute celle de l'automne, mais surtout celle de l'hiver ? Comment accepter de vieillir dans une société qui n'accepte pas le vieillissement, alors que vieillir est aussi naturel qu'entrer en automne ou en hiver pour la nature?

Égalité.

Allez c'est parti pour une petite citation : "Notre nombre d'années sont autant de printemps fêtés"
Je suis un chêne.
Un vieux chêne qui d'années en années dispose de plus en plus de branches pour porter des nids, et des glands pour nourrir les petits sangliers.
Les belles plantes me dénigrent et me prennent pour un glandu, mais elles ne savent pas qu'elles ne résisteront pas au prochain hiver ...
L'automne et la vieillesse :


« La » métaphore de l'arbre est une métaphore que j'utilise souvent en insistant sur telle ou telle sensation, telle ou telle saison. Elle varie, change, s'adapte comme seule la nature sait le faire, a tel point que j'hésite à écrire « la » métaphore de l'arbre, tant il pourrait s'agir de « les » métaphores de l'arbre.


Je vous propose de vous installer confortablement dans un paysage qui vous plaît, un beau paysage dans lequel il y a au moins un arbre, un endroit agréable. Et vous rapprocher de cet arbre, de plus en plus près jusqu'à le toucher, voir son écorce rugueuse, la sentir sous vos doigts, dure, solide, sentir éventuellement son odeur, regarder son feuillage, ses branches, son tronc, ses racines. Cet arbre va vous offrir un cadeau extraordinaire, une expérience à vivre, l'espace d'un instant, il va vous inviter à vivre sa vie d'arbre, à ressentir ce que ressent un arbre. Et vous pouvez vous glisser à l'intérieur de cet arbre et devenir cet arbre, devenir arbre, être arbre avec ses racines, ses branches, ses feuilles. Sentir vos racines profondément enfoncées dans le sol et vos branches étirées droit vers le ciel, le soleil ; votre tronc si solide, si puissant entre les deux.
Au printemps c'est la vie qui s'éveille, la sève qui afflue dans tout votre corps, qui parcoure votre tronc, vos branches comme dans vos veines, la vie qui afflue. Les bourgeons, le potentiel, croissent, grandissent. Sensation de grandir, de s'étendre, les branches de plus en plus vers le ciel et les racines de plus en plus enfoncées dans le sol à la recherche d'eau et de minéraux. Étendu, en croissance, bien, grandir... de plus en plus.
Et après le printemps vient l'été, en pleine maturité, fleurs, fruits, les feuilles gorgées de soleil. Pleinement serein, tranquille, au soleil, une douceur chaleur, les rayons de soleil qui nourrissent par les feuilles et les racines qui puisent dans le sol minéraux et l'eau nécessaires à la vie. La maturité. L'épanouissement de l'été.
Puis lentement vient l'automne. Pendant cette saison l'arbre se débarrasse de tout ce qui l'encombre. C'est la période des choix. Le moment de se libérer. Et vous perdez toutes les feuilles devenues inutiles à ce moment, ne garder que l'essentiel, se sentir de plus en plus léger. Se préparer au sommeil, comme lorsqu'on enlève ses vêtements de la journée avant d'aller au lit. L'automne va permettre de se mettre au calme, de se libérer en profondeur, de se dégager complètement de tout ce qui encombrait. Libre, léger, tranquille. L'automne prépare à l'hiver.
L'hiver et son profond sommeil, se repos nécessaire et qui fait tellement de bien. Comme après une bonne nuit de sommeil on se réveille frais et dispo, l'hiver va être ce long sommeil, reposant, régénérant, ressourçant. Et là, de plus en plus calme, de plus en plus tranquille, profitez de ce moment de repos, de détente, de sommeil.
Pour se préparer à un nouveau cycle. Car nous passons tous par des saisons, les arbres comme les humains : des moments de croissance, de maturité, de libération et de repos. A chaque saison, à chaque instant la possibilité d'avancer au fil des saisons, saison après saison : croître, grandir et pour cela chaque passage est importante, chaque moment apporte quelque chose.
Un vent nouveau souffle sur un nouveau printemps avec son éveil, sa croissance, sa vie débordante, de plus en plus... Vers un été en pleine maturité, ses fleurs, les fruits portés, gorgés de soleil. Plénitude... Automne, se libérer, se dégager, se débarrasser de tout ce qui encombrait. Liberté, légèreté. Se calmer, se détendre, se préparer au sommeil de l'hiver. Repos de l'hiver.
Et vous pouvez continuer à passer par des saisons, expérimenter agréablement ce temps qui passe, ces saisons qui défilent paisiblement, les changements apportés, avec cette croissance progressive...
 

Prudence

Moderateur
Membre de l'équipe
Novembre 2016:
Comment agir sur sa vie et s'adapter au lieu de subir et d'être insatisfait? Comment sortir de l'insatisfaction chronique et entrer dans la joie d'être heureux?


Mes deux grand-mères...

J'ai eu la chance de bien connaître mes deux grand-mères, et qu'elles aient vécu bien longtemps. Mais l'une était comme l'inverse de l'autre...

- La première, en se penchant sur mon berceau, fit la moue en m'annonçant que la vie était dure, et que l'existence était souffrance, mais qu'elle se résignerait à me protéger car elle était ma grand-mère. Le « tu sais, la vie est dure » c'était son leitmotiv.
Je me suis vite rendu compte que c'était une spécialiste pour la rendre encore plus dure.
Elle se remontait le moral avec ses souvenirs nostalgiques dont elle se souvenait par coeur à force de les ressasser. Elle avait un grand coeur mais l'avait entouré de dureté pour le protéger. La vie est dure pour ceux qui savent la durcir. Pour moi elle est restée ma grand mère « Nostalgia » et elle m'a laissé ce brin de nostalgie au fond du coeur...

Mais aurait-elle pu imaginer que je puisse avoir une deuxième grand-mère ?

- Une deuxième grand-mère qui se serait elle aussi penchée sur mon berceau mais avec un si grand sourire qu'il m'aurait fait sourire aussitôt
Une mémée qui se montrerait si géniale, si intuitive, si adaptative, qu'elle me ferait découvrir si fabuleusement la vie ?
Qu'elle saurait nous transporter dans cette légèreté de nous enchanter et nous faire chanter la vie. Elle aimait jouer et nous faire découvrir ce qu'elle savait trouver de plus positif en tout : la famille, les rencontres, la lecture, le cinéma et que la vie c'était ce film merveilleux dont on pouvait améliorer chaque épisode, et enrichir son histoire encore et encore : toujours imaginer un meilleur monde et se réaliser en lui.
Et si je n'ai jamais sû appeler ma mémée autrement que mémée, dés que je l'appellais elle répondait toujours présente.

Et même s'il y a longtemps qu'elles ne sont plus là, mes deux grand-mères, elles sont toujours là, pour continuer à m'inspirer.

:rolleyes:
 

Silcat

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Bonjour. Je découvre le forum et tombe sur ce post.
Que de belles métaphores ! Bravo à vous pour tout ce travail... et merci pour ce beau partage.
 

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